Mir craint de "manquer de respect" à Suzuki en évoquant Honda

Joan Mir n'est "pas à l'aise" avec les questions portant sur sa probable arrivée chez Honda, aucune annonce n'ayant été faite et la situation le plaçant en porte-à-faux face à une équipe Suzuki sur le départ.

Joan Mir, Team Suzuki MotoGP

Cela fait maintenant trois mois que le départ de Suzuki du MotoGP est connu mais le sort de Joan Mir n'est pas encore parfaitement clair. Son actuel coéquipier, Álex Rins, a trouvé refuge chez LCR et le Champion du monde 2020 est également attendu sur une Honda, au sein de l'équipe officielle. Les pièces du puzzle commencent à s'assembler puisque Pol Espargaró a annoncé avoir signé un contrat de deux ans, sans préciser pour quelle équipe même si tout porte à croire qu'il renouera avec Tech3 et KTM.

Mir n'a donc jamais semblé si proche de Honda, qui attend peut-être que le cadet de la fratrie Espargaró ait officiellement trouvé un point de chute avant d'annoncer l'identité de son remplaçant. Toujours est-il que Mir est gêné aux entournures par la situation actuelle, qui l'empêche de s'exprimer clairement sur sa future destination. Le Majorquin ressent même un certain inconfort à évoquer le sujet alors qu'il porte encore les couleurs d'une équipe Suzuki sur le point de disparaître.

"Nous sommes dans une période où tout ce que je dirai me nuira", a confié Mir à Motorsport.com dans le paddock de Silverstone. "Je préfère ne pas en parler parce que si on s'exprime, les gens pourront dire 'pourquoi as-tu dis ça ?' Je ne veux pas me retrouver dans cette situation. Ce que je peux vous dire, c'est que pour moi il sera très important, vraiment important, d'avoir une annonce, parce que ça mettra fin à ces questions que tout le monde pose à chaque course. Et c'est normal, c'est votre travail de m'interroger sur mon avenir parce que les gens veulent savoir."

Joan Mir, Team Suzuki MotoGP, Pol Espargaro, Repsol Honda Team

Joan Mir et Pol Espargaró

"Et par exemple, il y a des questions du genre 'que penses-tu de faire partie d'une équipe qui a autant gagné que Repsol [Honda] ?' D'abord, rien n'est annoncé, et ensuite, en tant que membre de la famille Suzuki, dans la situation que nous vivons cette année, c'est un peu un manque de respect de dire à quel point un autre constructeur est bon. Donc je ne suis pas à l'aise avec cette situation."

Malgré la réticence de Mir à évoquer le sujet, il confirme néanmoins sa présence en MotoGP la saison prochaine : "Oui. Sinon [je serai au minimum] dans le paddock ! [rires]. Mais je pense qu'on a beaucoup à offrir : j'ai 24 ans, 25 le 1er septembre, donc on a beaucoup à offrir et beaucoup à gagner."

Chez Honda, Joan Mir devrait devenir le premier coéquipier de Marc Márquez plus jeune que lui mais pas le premier Champion du monde à partager son garage puis Nicky Hayden a disputé le GP d'Australie 2016 à ses côtés et que Jorge Lorenzo a porté les couleurs de la marque au cours de la saison 2019.

Les discussions avec Suzuki avaient donné des indices à Mir

Il y a quelques mois encore, Joan Mir ne se dirigeait absolument pas vers une arrivée chez Honda puisque les discussions avaient été entamées pour prolonger l'aventure avec Suzuki. La première proposition de salaire faite au pilote n'était en revanche pas à la hauteur de ses attentes et avec le recul, il y voit maintenant le premier indice du doute qui régnait au sein du constructeur.

"La première offre qu'ils nous ont faite n'était pas vraiment bonne, mais aussi parce qu'ils savaient que quelque chose se tramait pour la suite et qu'ils voulaient un peu résoudre la situation. C'est donc la raison. Dans une année normale, après cette première proposition j'ai compris que quelque chose se passait − un peu −, mais je ne pouvais pas imaginer cela [un départ de Suzuki]."

Joan Mir, Team Suzuki MotoGP

Joan Mir

"Ensuite, comme mon manager l'a dit, nous étions en discussion. Je pense qu'au moment où l'on a été vraiment proches d'un accord, on discutait de tout et on a un peu commencé à comprendre. Puis cette nouvelle est tombée."

"La seconde proposition était beaucoup plus proche de ce que l'on méritait, et il s'est passé ça. Ce n'est pas comme si nous étions prêts signer, mais on discutait et on se comprenait un peu."

Propos recueillis par Lewis Duncan

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