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Commissaire à Singapour, Herbert justifie la sanction contre Verstappen

Revenant avec recul et pragmatisme sur un sujet qui s'est transformé en polémique au GP de Singapour, Johnny Herbert a expliqué la nécessité de sanctionner Max Verstappen pour sa grossièreté en conférence de presse.

Mohammed Ben Sulayem, President, FIA, avec Max Verstappen, Red Bull Racing

Mohammed Ben Sulayem et Max Verstappen.

Photo de : Zak Mauger / Motorsport Images

Siégeant au sein du panel des commissaires lors du Grand Prix de Singapour, Johnny Herbert a justifié et défendu la décision alors prise de punir Max Verstappen pour avoir utilisé un langage grossier en conférence de presse. Le triple champion du monde devra effectuer des travaux d'intérêt général, dans un contexte où le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a déploré quelques jours auparavant la manière de parler de certains pilotes, notamment à la radio.

Pour Johnny Herbert, il y a eu un effet cocotte-minute durant la semaine du Grand Prix de Singapour, ce qui a contribué à faire monter le ressentiment des pilotes envers le législateur et à en "éveiller l'hostilité". Néanmoins, l'ancien pilote assure qu'il était nécessaire de reprendre Max Verstappen et que cela n'avait aucun lien direct avec l'interview donnée à Motorsport.com par Mohammed Ben Sulayem.

"En conférence de presse à Singapour, Max a employé le mot qui commence par un F pour parler de sa voiture", rappelle Johnny Herbert à CasinoHawks. "Les conférences de presse sont retransmises dans le monde entier. Il y a plus de gros mots qu'il n'y en a jamais eu. Une conférence de presse n'est pas le lieu pour ça. Certains journalistes ont dit que la F1 essayait de transformer les pilotes en robots, mais ce n'est pas le cas. On leur demande simplement de ne pas jurer, ce qui me semble être une bonne chose. La plupart des pilotes ne jurent pas."

"L'incident a été porté à la connaissance des commissaires. Nous avons eu une discussion ouverte avec Max pendant une vingtaine de minutes ou une demi-heure, dans une situation difficile. On pouvait voir sur son visage qu'il était très énervé mais quand il est parti, il semblait apaisé vis-à-vis de la procédure et de sa raison d'être. Il n'a pas blâmé les commissaires."

"Nous avons un éventail de sanctions pour punir les pilotes. Nous sommes là pour appliquer les règles et prendre une décision collégiale. Nous aurions pu lui mettre une amende, mais nous avons estimé qu'il serait plus bénéfique pour lui de l'amener vers quelque chose de socialement responsable. C'est à Max et à la FIA de voir ce que ce sera."

"Tout a explosé ensuite parce qu'il est allé en conférence de presse et qu'il n'a répondu qu'en un mot, avant de tenir un point presse impromptu à l'extérieur, dans le paddock. Cela montre le côté rebelle de Max. J'adore cette part de lui, c'est ce qui fait que c'est Max, son caractère honnête et franc. Mais il y a un temps et un lieu pour tout. Personnellement, je pense qu'il y a trop de gros mots. Je ne veux pas que mon petit-fils de 5 ans entende ce genre de langage."

Johnny Herbert siège régulièrement parmi les commissaires.

Johnny Herbert siège régulièrement parmi les commissaires.

Photo de: Simon Galloway / Motorsport Images

Plusieurs pilotes ont soutenu Max Verstappen dans sa démarche, dont Lewis Hamilton, qui a par ailleurs critiqué la sortie de Mohammed Ben Sulayem pour avoir fait référence à un langage "de rappeur". Le GPDA a par ailleurs l'intention de discuter de cette problématique en coulisses, et Johnny Herbert précise que beaucoup d'échanges ont en fait déjà eu lieu lors du week-end de Singapour.

"Les pilotes n'étaient pas contents", admet-il. "Ils se sont tous unis derrière Max. Je remarque que les pilotes sont beaucoup plus soudés que ce que j'ai pu voir pendant de nombreuses années. Ils ont des avis beaucoup plus tranchés sur certains sujets. Ben Sulayem veut éradiquer les grossièretés. J'espère que le bon sens prévaudra, les pilotes et la FIA doivent travailler ensemble."

"Parmi les pilotes, il y a une compréhension globale quant au fait que jurer en conférence de presse n'est pas correct. C'est juste monté de plus en plus après les commentaires du président sur les rappeurs, que certains ont trouvé offensants, puis avec le fait que Max soit convoqué devant les commissaires à Singapour."

"Par la suite, nous avons eu une réunion avec les pilotes, lors de laquelle au moins un d'entre eux, que je ne nommerai pas, a clairement exprimé le fait que les gros mots étaient inacceptables. Il y a de nombreux jeunes dans le monde qui aiment la F1 et admirent les pilotes. Ces derniers doivent comprendre qu'ils sont des modèles."

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