Hamilton : "La Red Bull est si loin qu'elle le sera encore deux ans"
Qualifiant le Grand Prix de São Paulo de "revers" pour Mercedes, Lewis Hamilton alterne optimisme et prudence pour l'avenir. Red Bull demeure selon lui une cible intouchable à moyen terme.
Six points, c'est le maigre butin de Lewis Hamilton au terme du week-end à Interlagos. Septième du sprint puis huitième du Grand Prix de São Paulo, le Britannique n'a pas pu faire grand-chose au volant d'une Mercedes qui est rentrée dans le rang alors qu'elle pointait son museau aux avant-postes à Austin puis Mexico.
Le départ canon du septuple Champion du monde, qui a doublé les deux Aston Martin, restera l'arbre qui cache la forêt avant une inexorable dégringolade en course. Impuissant, Lewis Hamilton a même dû céder sans pouvoir résister à l'Alpine de Pierre Gasly, se plaignant de ne pas pouvoir user du DRS pour se faciliter la vie.
"Pneus qui surchauffent, lent en ligne droite, pas d'adhérence dans les virages", résume-t-il. Samedi déjà, après la course sprint, il avait mentionné le plancher de la W14 comme principale faiblesse, et le Grand Prix a confirmé définitivement son sentiment.
"Je pense que le plancher ne fonctionne pas", assure-t-il. "Le plancher n'est pas aspiré au sol. C'est ce qui nous a poussés à utiliser un aileron [générant plus d'appui], et on avait du coup une énorme traînée en ligne droite. On perd tellement de temps en ligne droite que je ne peux rien faire, et dans les virages on glisse. On doit chercher à comprendre pourquoi c'est le cas sur ce circuit bosselé."
"Je savais qu'on vivrait une journée difficile. Rien n'a changé dans la voiture d'un jour sur l'autre. Je savais que ce serait dur. Hier [samedi], j'ai dévoré les pneus avec un manque de rythme inattendu. Je pense avoir mieux piloté aujourd'hui au niveau de mes relais, mais on était tout simplement trop lent. Je ne sais pas, je suis sûr qu'il y a quelque chose que l'on aurait pu faire un peu mieux au niveau des réglages, mais je ne peux pas dire si ça nous aurait permis de terminer plus haut."
Dans ce Grand Prix compliqué, Lewis Hamilton a également décrit un comportement "super étrange" à un moment donné : "Je me demandais si le pneu n'avait pas été mal monté ou quelque chose comme ça, car la voiture a commencé à tourner à droite alors que j'allais à gauche. Puis tout est rentré dans l'ordre. Je pense que c'était juste une rafale de vent."
La question est désormais de savoir si cette contre-performance, jugée "inexcusable" par Toto Wolff, est uniquement liée aux caractéristiques du circuit d'Interlagos.
"C'est difficile à dire", estime Lewis Hamilton. "Sur le moment, c'est un revers, mais l'équipe va se ressaisir et on va essayer d'aller de l'avant. Il y aura beaucoup d'analyses cette semaine, et je suis sûr que l'on va se dire 'Ah, si l'on avait fait ceci, ça aurait été mieux'. Au bout du compte, la voiture n'a pas fonctionné ici, pour une raison ou pour une autre, et c'est comme ça."
S'il confiait en milieu de week-end sa satisfaction d'être bientôt "débarrassé" de la W14, le pilote Mercedes adopte beaucoup de mesure en vue de la saison prochaine : "Tout ce que je peux faire, c'est essayer de rester optimiste. La Red Bull est si loin devant que je pense qu'elle le sera encore pendant deux ans."
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