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Hamilton et Vasseur se rappellent leur titre GP2, 20 ans après

Le 9 septembre 2006, Lewis Hamilton remportait le titre de GP2 à Monza, à l'issue d'une première campagne qui lui valait d'être promu en F1 chez McLaren la saison suivante. Le Britannique et son directeur d'équipe, Frédéric Vasseur, reviennent sur une année riche en rebondissements.

Lewis Hamilton, Art Grand Prix, Frederic Vasseur, ART Grand Prix

Photo de : Formula 1

Autosport

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Alors que la McLaren de Kimi Räikkönen est garée à l'emplacement de la pole position à Monza, Lewis Hamilton, 21 ans, scrute l'horizon aux côtés du patron de l'écurie, Ron Dennis, sur la grille de départ du Grand Prix d'Italie 2006.

Le regard tourné vers le premier virage de Monza, Hamilton imagine ce que cela ferait, en 2007, d'être en pole position d'un GP de Formule 1 pour l'écurie à laquelle il est affilié depuis ses débuts en karting.

La veille, Hamilton avait décroché le titre GP2 à l'issue d'une saison mouvementée, marquée par des moments difficiles, la rupture de son contrat avec McLaren et deux week-ends époustouflants à Silverstone et Istanbul qui avaient révélé le jeune Britannique au monde entier.

Le directeur de Hamilton à l'époque est également celui d'aujourd'hui. Désormais à la tête de Ferrari, Frédéric Vasseur s'était associé à Nicolas Todt pour transformer son écurie française ASM en ART Grand Prix, évoluant dans différentes disciplines monoplaces de la FIA lorsque Hamilton, soutenu par McLaren, a croisé son chemin quand il courait pour Manor en Formule Renault et en Formule 3.

Hamilton n'a pas tardé à marquer les esprits en terminant quatrième de F3 Euro Series dès sa première saison. Mais lorsque le nouveau championnat GP2 a été annoncé pour remplacer la F3000 en tant que dernière marche avant la F1, Hamilton et son manager de père Anthony voulaient passer directement au niveau supérieur.

Lewis Hamilton (ART Grand Prix)

Lewis Hamilton (ART Grand Prix)

Photo de: Ebrey / Motorsport Images

Interrogé récemment par Autosport sur ses souvenirs de cette période, celui qui est aujourd'hui septuple champion du monde s'est rappelé : "C'était une période intéressante de ma vie. Comme tous les jeunes, j'étais pressé d'atteindre la Formule 1, en espérant pouvoir y parvenir un jour sans jamais savoir quand cette chance se présenterait."

"J'appelais Martin [Whitmarsh] chaque semaine pour lui demander quand je pourrais prendre le volant. En 2005, lorsque le GP2 a vu le jour, j'ai tout mis en œuvre pour y participer, car je pensais qu'il y avait une chance de remporter le titre dès la première saison, étant donné qu'il s'agissait d'une nouvelle catégorie."

McLaren souhaitait toutefois qu'il reste en F3 une année de plus, ce qui a conduit le directeur Whitmarsh à résilier le contrat de Hamilton. Ce dernier considère cet épisode comme "l'une des périodes les plus difficiles de [sa] vie". Mais aux côtés de l'équipe de Vasseur, il a fait ce que McLaren lui demandait : progresser en tant que pilote en dominant la concurrence en F3. "J'ai réussi à gagner les courses suivantes en Formule 3, ce qui m'a permis de récupérer mon contrat", a déclaré Hamilton.

Des débuts difficiles en GP2

Son impressionnant titre en F3 Euro Series en 2005, avec 15 victoires et 13 pole positions en 20 courses, a fait prendre conscience à Vasseur qu'il avait entre les mains un talent exceptionnel. ART venait de remporter le tout premier titre de GP2 avec l'ancien ami de karting - et rival - de Hamilton, Nico Rosberg ; la décision de rester au sein de la structure en 2006 s'est donc imposée comme une évidence.

"Je me souviens du premier test avec Fred à Jerez", a déclaré Hamilton. "En rentrant [au stand] et en voyant sa réaction, c'était manifestement très positif. Je savais que tout ce qu'il avait observé serait rapporté à Ron."

Compte tenu des performances époustouflantes de Hamilton en F3, Vasseur s'attendait à une issue similaire en 2006. "J'étais convaincu que nous ferions bonne figure en GP2, car nous avions remporté le championnat avec un autre débutant, Nico", a déclaré Vasseur à Autosport. "Mais ce fut un peu plus difficile, car nous passions des pneus slicks aux pneus rainurés. Le passage de la F3 au GP2 n'a pas été simple. En GP2, les essais et le temps de piste sont limités par rapport à la F3."

"Nous avons connu des difficultés en début de saison, nous étions loin du niveau. Je me souviens qu'Imola a été une épreuve compliquée, Lewis ayant été disqualifié pour avoir dépassé la voiture de sécurité. Nous avons perdu beaucoup de points face à [Nelson] Piquet [Jr]. Mais après trois ou quatre courses, nous avons commencé à gagner et il a enchaîné une série impressionnante."

Nelson Piquet Jr. (Piquet Sports)

Nelson Piquet Jr. (Piquet Sports)

Photo de: FIA Formula 2

Le rebond et le chef d'œuvre d'Istanbul

Hamilton a commencé à prendre le dessus en s'imposant en Allemagne et à Monaco, mais c'est son week-end à domicile, à Silverstone, qui a vraiment marqué les esprits : il dépassait Piquet et remportait les trois courses au programme, y compris celle avec grille inversée. Cependant, trois week-ends plus tard, Piquet prenait sa revanche en Hongrie alors qu'Hamilton était victime de deux accidents, ouvrant ainsi la voie à une confrontation décisive pour le titre.

"Après Silverstone, son arrivée en F1 n'était pas encore officielle. Je le savais, mais je ne sais pas s'il était au courant", se souvient Vasseur. "Nous sommes arrivés à Budapest et ce fut un véritable désastre. Il a eu un accident dès le premier tour des essais libres, puis dès le premier tour des qualifications. Nous avons dû nous présenter devant les commissaires. Ce fut un week-end très difficile."

Toutefois, Hamilton a rebondi en Turquie, lors de l'avant-dernier week-end de la saison, et s'est véritablement imposé sur la scène du sport automobile. Après être parti en tête-à-queue au deuxième tour de la course sprint avec des réglages optimisés pour réduire l'appui, Hamilton s'est lancé dans une remontée extraordinaire, se frayant un chemin à travers le peloton avec précision, notamment en dépassant Piquet. Il a terminé deuxième derrière Andreas Zuber, mettant ainsi un frein à la dynamique de son rival au championnat.

C'était la course la plus impressionnante que j'aie jamais vue.

"Ce fut une course exceptionnelle, de remonter comme ça après ce tête-à-queue", a déclaré Hamilton. "Cette année-là, c'était génial !"

À ce jour, Vasseur considère toujours la remontée de Hamilton à Istanbul comme la plus grande performance qu'il ait jamais vue sur un circuit. "La Turquie a été, je dirais, la course la plus impressionnante que j'aie vue de ma vie", a insisté le Français. "Avec Lewis, nous avions ce sentiment, depuis le mur des stands, que rien ne pouvait lui arriver. En 15 tours, il a dépassé tout le monde, mais nous sommes toujours restés sereins. C'était la course la plus impressionnante que j'aie jamais vue."

Hamilton a décroché le titre rapidement dans le cadre de la dernière manche à Monza, et le reste, comme on dit, appartient à l'histoire. Mais lorsqu'on lui demande, 20 ans plus tard, quel est son souvenir le plus marquant de 2006, Hamilton répond que c'est cette visite sur la grille de départ à Monza avec Dennis, lorsqu'il a réalisé que la voiture de Räikkönen serait la sienne l'année suivante.

"Je me souviendrai toujours d'être avec Ron à Monza, sur la grille de départ, devant la voiture de Kimi", a déclaré Hamilton. "C'est à ce moment-là que ma vie a vraiment changé."

Kimi Räikkönen (McLaren), lors d GP d'Italie 2006.

Kimi Räikkönen (McLaren), lors d GP d'Italie 2006.

Photo de: Glenn Dunbar/LAT Images

Vasseur a lui aussi fini par rejoindre la F1, d'abord chez Renault, puis chez Sauber, avant d'intégrer Ferrari en 2023, où il a joué un rôle déterminant dans le recrutement de Hamilton, renouant ainsi leur collaboration.

Mais en tant que véritable compétiteur, Vasseur se souvient manifestement avec tendresse de ses années chez ART, qu'il s'agisse de sa domination en F3 Euro Series ou de la conquête du tout nouveau GP2 avec Rosberg et Hamilton. Tout cela avec une équipe bien plus modeste, loin des feux de la rampe et de la politique de la F1.

Cette série de succès a fait d'ART l'équipe de référence sur la scène européenne en monoplace pendant plusieurs années, formant de futurs pilotes de F1, comme Paul di Resta, Romain Grosjean, Jules Bianchi et Nico Hülkenberg.

"Nous sommes restés à ce niveau pendant cinq saisons, peut-être", se souvient Vasseur. "Ces deux premières saisons de GP2 avec Nico et Lewis ont changé la donne pour nous, grâce à notre collaboration avec Williams, McLaren, etc. C'était une belle aventure. Une très belle aventure !"

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