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Statistiques

Finalement, la Mercedes "zéro ponton" a été la meilleure de l'ère 2022-2025

C'est un drôle de paradoxe mais sur le plan statistique, Mercedes n'aura jamais fait mieux, en termes de points inscrits et de podiums, qu'en 2022, année de sa fameuse W13 "zéro ponton".

Lewis Hamilton, Mercedes W13

Photo de : Steve Etherington / Motorsport Images

C'est sans doute l'une des statistiques les plus ironiques de l'ère 2022-2025 mais c'est un fait : Mercedes n'aura jamais fait mieux, en termes de podiums et de points récoltés sur une saison, qu'avec la fameuse W13.

Cette monoplace avait fait énormément parler au moment de la révélation - lors des essais de Bahreïn - de son concept "zéro ponton". Il s'agissait d'une interprétation très radicale de la réglementation qui visait à réduire ces parties de la voiture à leur plus simple expression en tentant d'offrir le plus d'espace possible au flux d'air, notamment dans la zone du plancher. 

D'aucuns pensaient, avant ses premiers tours de roues, que Mercedes avait là une trouvaille qui lui permettrait de maintenir la position qui était la sienne lors des huit saisons précédentes... et puis patatra. La Flèche d'Argent version 2022 a en fait été l'une des F1 les plus touchées par le phénomène de marsouinage, pas seulement en raison de son choix technique autour des pontons mais aussi d'un manque de maîtrise de la dynamique des suspensions, qui l'a handicapé toute la saison.

Contrainte de surélever la hauteur de caisse quasi systématiquement pour ne pas rendre la W13 incontrôlable ou dangereuse, l'écurie n'a que rarement pu profiter de ses performances aérodynamiques, sauf lors d'un GP de São Paulo qu'elle aura dominé sans crier gare, offrant à George Russell son premier succès en discipline reine. Un prélude, finalement, à ce que seront les saisons suivantes de Mercedes.

Les stats de Mercedes dans l'ère 2022-2025

Mercedes

Clt. constructeurs

Clt. du meilleur pilote

Points Poles Victoires Podiums
W13
(2022)
3e
(22 GP)

4e
(Russell)

515 1 1 17
W14
(2023)
2e
(22 GP)
3e
(Hamilton)
409 1 0 8

W15
(2024)

4e
(24 GP)
6e
(Russell)
468 4 4 9

W16
(2025)

2e
(24GP)
4e
(Russell)
469 2 2 12

Le concept zéro ponton, maintenu début 2023 malgré de gros doutes sur sa pérennité, sera finalement bel et bien abandonné face à l'impasse dans laquelle se trouvait l'écurie en termes de performances et développement. À compter du GP de Monaco de cette saison-là, les Mercedes - redevenues noires pour des questions de poids - retrouvaient des pontons plus classiques avec la version modifiée de la W14.

Lire aussi :

Mercedes et les paradoxes des F1 modernes à effet de sol

Bien entendu, au-delà de la simple question des points récoltés en 2022 (515 dans un calendrier qui comptait 22 GP et trois sprints), la W13 n'aura tout de même pas permis de se classer aussi haut chez les constructeurs que les W14 de 2023 (22 GP et six sprints) et W16 de 2025 (24 GP et six sprints). C'est un paradoxe qui peut s'expliquer par beaucoup de paramètres, à commencer par les fluctuations dans la compétitivité relative des écuries rivales.

Tout comme cet autre paradoxe statistique : la Mercedes la plus victorieuse et la plus en pole de cette ère, à savoir la W15 de 2024 (24 GP et six sprints) avec quatre victoires et quatre poles, aura dans le même temps débouché sur la pire position de l'écurie chez les constructeurs depuis 2012. 

Ces bizarreries résument finalement bien ce qu'aura été Mercedes au fil de cette ère moderne des F1 à effet de sol. Jamais en position de jouer le titre, peu souvent en position de jouer la victoire, ces quatre saisons auront été parsemées de Grands Prix lors desquels - parfois à la surprise de l'équipe elle-même - elle se trouvera en lutte pour la première place, voire en dominera certains de la tête et des épaules.

Mercedes a écrasé le Grand Prix de Las Vegas 2024.

Mercedes a écrasé le Grand Prix de Las Vegas 2024.

Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images

Un bilan insuffisant, évidemment, pour un mastodonte de la discipline comme Mercedes, qui aura non seulement été battu dans la quête des titres mondiaux par l'ennemie jurée Red Bull - qui faisait déjà jeu égal en 2021 - mais aussi, c'est plus douloureux encore, par McLaren qui est une simple cliente et bénéficiait du même moteur.

Avant d'aborder 2026, qui marque un changement non seulement côté châssis - avec un effet de sol qui sera moins prédominant - mais aussi côté moteur, beaucoup voient la marque allemande retrouver les sommets, en partie grâce à ce qu'elle a réussi à montrer dès 2014 sur la première génération des unités de puissance.

Toutefois, le contexte est différent : le saut technologique, s'il est réel (avec la disparition du MGU-H, l'importance accrue de la partie électrique dans la puissance et l'arrivée des carburants 100% renouvelables), n'est pas aussi impressionnant que celui consistant à passer de V8 atmosphériques aux V6 turbo hybrides. Si Mercedes a joui d'un avantage net entre 2014 et 2016, plusieurs constructeurs ont depuis su se hisser au niveau, à l'image de Honda ou de Ferrari.

Lire aussi :
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