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Pourquoi Leclerc n'a pas copié le style de Hamilton malgré ses difficultés

Charles Leclerc a parfois eu du mal à s'adapter aux F1 2026, mais malgré les difficultés rencontrées avec la Ferrari, il n'a jamais envisagé de s'inspirer du style de pilotage de son équipier Lewis Hamilton, alors plus à l'aise avec la monoplace.

Lewis Hamilton, Charles Leclerc, Ferrari

Photo de : Ferrari

Charles Leclerc a expliqué pourquoi il avait renoncé à essayer de reproduire le style de pilotage de Lewis Hamilton lorsqu'il lui était difficile d'exploiter au maximum le potentiel de la SF-26.

Alors que la F1 est passée à une nouvelle réglementation cette saison, Leclerc a parfois rencontré des difficultés avec la nouvelle monoplace de Ferrari. Après avoir nettement dominé Hamilton l'an dernier, le Monégasque voit son duel face à son équipier beaucoup plus équilibré en 2026.

Les qualifications étant le meilleur indicateur de la performance pure, Hamilton mène actuellement 10-9, tandis que Leclerc affiche un avantage moyen de 0"023. Ce chiffre est toutefois biaisé par le fait qu'il n'a pas signé de temps lorsqu'il a accidenté sa voiture en Q3 à Barcelone.

C'est justement à cette période que le Monégasque a connu ses plus grandes difficultés. Il a été devancé par Hamilton en qualifications à quatre reprises lors des Grands Prix du Canada (sprint et standard), de Monaco et de Barcelone, tout en ne marquant que 16 points contre 64 pour son équipier.

Charles Leclerc avait alors évoqué, dans le podcast Beyond The Grid, "quelque chose qui était extrêmement difficile à gérer sur la voiture". Sa situation avait été aggravée par un accident énigmatique dans son Grand Prix à domicile, qu'il avait imputé à son fournisseur de freins, Brembo.

"Quand les choses ne vont pas bien, comme à Montréal et à Monaco, ce n'est pas seulement une question de résultats", avait-il déclaré. "À Barcelone, c'était mieux. Et à Barcelone, bien sûr, en qualifications, je n'ai aucune excuse. C'est simplement moi qui ai trop repoussé les limites."

Charles Leclerc (Ferrari)

Charles Leclerc (Ferrari)

Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images

"Bien sûr, j'étais déçu, mais le feeling était là", a ajouté Leclerc. "Et quand le feeling est là, on est beaucoup plus en confiance en tant que pilote. Mais à Montréal et à Monaco, le feeling n'était vraiment pas là. Quel que soit le résultat que j'aurais obtenu le dimanche, ça ne m'importait pas vraiment."

"Ce qui est important pour moi, c'est que lorsque je monte dans la voiture, j'aie le bon feeling et que je sache que je peux faire correctement mon travail en pilotant naturellement, sans trop réfléchir."

"Et lorsque vous avez deux courses consécutives où les choses deviennent difficiles et où vous n'avez pas le feeling, vous avez vraiment deux options. La première consiste à essayer de trouver une solution avec les réglages et la voiture, en essayant de faire davantage correspondre la voiture à votre style de pilotage naturel. L'autre consiste simplement à changer de style de pilotage."

Lewis est un pilote incroyablement talentueux, avec un style de pilotage naturel qui lui est propre, et il est le meilleur au monde dans ce registre. Le reproduire est donc très difficile.

"Et dans mon cas, j'ai Lewis comme équipier, qui était dans une forme incroyable - et qui est toujours dans une forme incroyable -, donc je savais que son style de pilotage fonctionnait. Il fonctionnait forcément. J'avais donc toujours cette possibilité d'essayer. Et j'insiste sur le mot 'essayer', car il est toujours difficile de reproduire un style de pilotage."

"Ce n'est pas aussi simple que : 'Oh, Lewis fait ça, je vais simplement faire la même chose'. Lewis est un pilote incroyablement talentueux, avec un style de pilotage naturel qui lui est propre, et il est le meilleur au monde dans ce registre. Le reproduire est donc très difficile."

Leclerc a donc choisi de se focaliser sur la seconde option, à savoir jouer avec les réglages de sa voiture : "J'ai essayé de me concentrer davantage sur la recherche de solutions permettant d'adapter un peu plus cette voiture à mon style de pilotage. Et j'ai trouvé quelques éléments dans les données qui ne fonctionnaient tout simplement pas."

Le déclic à Silverstone

"Encore une fois, en Formule 1, les choses ne sont pas toujours aussi tranchées. Ce n'est pas comme si on s'asseyait devant son ordinateur, qu'on regardait les données et qu'on se disait : 'Oh, ça représente un dixième et demi, changeons ça et nous allons gagner un dixième'. Ce n'est pas aussi simple. Il y a de l'intuition, du feeling, des choses qui peuvent vous faire penser : 'D'accord, c'est ce qui me met un peu moins à l'aise dans la voiture, et si j'améliore ce feeling, les performances suivront'."

"Et j'ai identifié deux ou trois choses le vendredi soir à Silverstone. Je les ai modifiées pour les qualifications du samedi, et le feeling était bien meilleur, même meilleur qu'à Barcelone. À partir de ce moment-là, j'ai senti que nous allions dans la bonne direction."

Charles Leclerc a remporté le Grand Prix de Grande-Bretagne, mettant fin à une disette qui durait depuis 2024.

Charles Leclerc a remporté le Grand Prix de Grande-Bretagne, mettant fin à une disette qui durait depuis 2024.

Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images

Le déclic de Silverstone a permis à Charles Leclerc de décrocher la première ligne des qualifications du Grand Prix de Grande-Bretagne, à 0"175 de Kimi Antonelli, mais avec 0"172 d'avance sur Lewis Hamilton. Le pilote Ferrari a pris la tête au départ et dominé la course pour décrocher sa première victoire depuis 2024.

Le passage aux disques de frein Carbone Industrie aurait contribué à cette remontée en puissance de Leclerc, qui ne correspondait toutefois pas à un simple retour au feeling ressenti lors de l'ouverture de la saison à Melbourne, où il avait décroché un podium prometteur.

"À chaque instant, la voiture évolue, donc ce n'est pas comme si je pouvais vraiment retrouver le feeling que j'avais à Melbourne", a précisé Leclerc. "Mais mon objectif est de monter dans la voiture sans trop réfléchir."

"Quand on réfléchit trop, on sait qu'on perd du temps, car notre sport ne consiste pas tant à réagir à ce qui se passe avec la voiture qu'à anticiper et à sentir que la voiture est la nôtre. Je veux dire, lorsque j'entre dans un virage, j'ai besoin de savoir exactement comment la voiture va se comporter pour ne pas avoir à trop réfléchir à certaines choses."

Charle Leclerc est le troisième pilote ayant inscrit le plus de points sur les six dernières courses, depuis sa victoire à Silverstone, avec 88 unités contre 121 pour Kimi Antonelli et 107 pour Lando Norris. Son bilan n'est entaché que par son abandon précoce à Monza, puisqu'il a terminé toutes les autres courses dans le top 5.

De son côté, Hamilton n'a inscrit que 66 points sur cette période, même s'il a été contraint à l'abandon lors de la course de Madring en raison de problèmes de freins.

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