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Austin demande encore plus d'efforts d'adaptation à Márquez

Chaque nouvelle piste pousse Marc Márquez à piloter contre les automatismes acquis en 11 ans passés sur la Honda. Mais avec la Ducati, ce travail est encore plus prenant pour lui sur le COTA, où il a tant dominé avec son ancienne moto.

Marc Marquez, Gresini Racing

Marc Márquez retrouve cette semaine un des circuits sur lesquels il s'est montré le plus impressionnant tout au long de sa carrière, lui qui a longtemps cumulé pole positions et victoires à Austin. Auteur au Texas de sa première victoire en MotoGP, alors qu'il disputait son deuxième Grand Prix dans la catégorie, il s'y est imposé sans faillir jusqu'en 2019, année où en dépit d'une domination nette, la victoire lui a échappé après une chute.

En 2021, pourtant toujours convalescent après des mois de soins sur une épaule gravement blessée, il avait gagné à nouveau, et il n'y a finalement qu'en 2022, année de sa dernière venue sur place, qu'il n'avait pas pu jouer les tout premiers rôles, devant se contenter de la sixième place avec sa Honda, désormais dépassée.

Absent l'an dernier, l'Espagnol sait pertinemment que les retrouvailles s'accompagnent de très grandes attentes à son égard, et ce d'autant plus qu'il est entre-temps passé sur une Ducati avec laquelle il a décroché une première médaille en course sprint il y a trois semaines.

Seulement, après son troisième temps vendredi, Márquez a rappelé pour quelle raison il ne cesse de tempérer les pronostics, lui qui doit chaque week-end chercher à gommer ses automatismes de pilotage sur les différentes pistes visitées, avant de tenter d'y réaliser ce que sa nouvelle moto attend de lui. Selon lui, le COTA requiert même de sa part un effort encore plus important en ce sens.

"Plus", a-t-il répondu lorsqu'il a été interrogé pour savoir s'il doit procéder aux mêmes changements que sur les autres pistes pour s'adapter à ce que requiert la Ducati. Et d'expliquer : "Il n'y a pas une moto qui serait complètement désastreuse à tous les niveaux et une autre qui serait complètement fantastique... Il est impossible d'avoir la moto parfaite et il est impossible d'avoir une moto qui fonctionne à tous les niveaux."

"La Honda était super bonne dans les virages stop-and-go. Mais le fait est qu'avec la Ducati, il faut piloter d'une manière différente et faire le temps dans un autre endroit de ces virages. C'est donc là-dessus que je me suis le plus concentré cet après-midi, pour essayer de comprendre cet endroit. J'ai commencé à le comprendre et, à partir de ce moment-là, les chronos ont été de mieux en mieux."

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La nouvelle donne avec laquelle doit composer Márquez explique que sa performance ne se construise pas dans les mêmes portions de la piste qu'avant. Il le ressent dans le premier secteur, en particulier, alors qu'il y était apparu très au-dessus du lot dès sa première venue sur place, il y a 11 ans. "Errr... C'est le pire secteur !", notait-il vendredi soir, tout à fait conscient que sa difficulté vient des changements de direction. "La Honda avait une super tenue à cet endroit, c'est une raison. Et puis, j'ai plus de mal qu'en 2013 pour changer de direction et passer d'un côté à l'autre. À l'époque j'étais plus frais, dirons-nous ! Mon corps était plus frais ! [rires]".

L'instinct Ducati arrive peu à peu

Malgré cela, Márquez perçoit que son instinct commence à peu à peu s'éloigner au fur et à mesure qu'il se rend sur un nouveau circuit avec la Ducati. "Petit à petit, cet instinct disparaît", a-t-il assuré. "Bien sûr, chacun a son style de pilotage, mais petit à petit, j'arrive maintenant sur les pistes en tant que pilote Ducati."

"Mais il est vrai que les EL1 sont toujours la séance la plus difficile parce qu'on a les souvenirs de nombreuses années passées à piloter d'une certaine façon et avec une certaine trajectoire. Mais dès qu'on comprend qu'en prenant cette trajectoire, on est lent, alors on doit en changer et s'adapter. C'est ce que j'ai fait cet après-midi et, ajouté au fait que l'équipe m'a aidé avec la moto, ça a fonctionné."

Au terme de la journée, c'est donc sa progression qui le satisfaisait surtout, et non son troisième temps. "Je suis content de la réaction. Pourquoi ? Parce qu'on a commencé avec des sensations qui n'étaient pas très bonnes, elles étaient même meilleures à Portimão qu'ici", a-t-il pointé, lui qui apparaissait huitième des EL1, à sept dixièmes du leader. "Mais on a réagi cet après-midi, j'ai commencé à mieux sentir la moto, à être plus constant, surtout dans mon deuxième run. À partir de là, on a pu commencer à travailler sur de petits détails."

"Mais, comme je m'y attendais − même si les gens ne s'y attendaient peut-être pas − il y a deux ou trois pilotes super rapides et plus rapides que moi", a ajouté Marc Márquez. "Je suis calme, je sais que les attentes sont élevées mais je suis calme. Je sais ce que je veux faire, ce que j'ai besoin de faire, et pour le moment j'arrive à me battre pour le top 5. On va voir si demain on arrive à être dans le top 3."

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