Barcelone met en lumière la stagnation de la Yamaha de Quartararo
Le faible niveau de grip offert par la piste de Barcelone a mis en grande difficulté Fabio Quartararo. Dernier vainqueur en date du GP de Catalogne, il affiche un manque de progrès sur sa Yamaha en un an, alors que la concurrence a fait un bond en avant.
Fabio Quartararo a bouclé la première journée d'essais du GP de Catalogne à la 17e place. "Une journée difficile", résume-t-il, dépité, alors qu'il pointe à 1"4 du meilleur temps du jour, établi par une Aprilia qui semble se jouer du manque d'adhérence historique de la piste de Barcelone.
"L'année dernière aussi, le vendredi aussi été difficile, mais pas autant", se souvient le Français, qui a réédité quasiment à l'identique le chrono qui avait été le sien lors de la première journée de ce Grand Prix en 2022. À l'époque, cela lui avait valu le huitième rang du classement, mais un gouffre semble s'être désormais creusé : Aleix Espargaró, leader de ces essais la saison dernière et à nouveau aujourd'hui, a gagné sept dixièmes en un an.
"Apparemment, l'année dernière j'ai fait le même temps en EL2… Pour moi, le temps que font les autres avec les conditions de grip qu'il y a aujourd'hui, c'est clairement [le signe] qu'on ne trouve pas une solution dans les conditions aussi compliquées", constate Quartararo.
Face à ce faible niveau de grip, le pilote Yamaha n'a pu que constater l'avantage de motricité de certaines machines alors que, lui, devait composer avec une roue arrière qui patinait en permanence. "Je sens que je n'ai pas d'adhérence. Quand je regarde les autres et que je vois la traction qu'ils ont, je sais très bien que mon chrono ne va pas être bien", déplore-t-il.
"Le problème c'est qu'on n'a tout simplement pas de traction. On sait que le vendredi ici est difficile, mais on voit que pour les autres, ça ne l'est pas. On veut donc comprendre pourquoi on est autant en difficulté quand les conditions sont plus difficiles. Ce matin, j'ai eu plus ou moins un bon rythme dans les cinq premiers tours − ensuite l'avant était détruit −, mais dès que la température monte un peu ou que le grip baisse un peu, on a beaucoup de mal."
"Je pense qu'il faut qu'il y ait une solution sur le court terme, ou au maximum pour l'année prochaine parce qu'on n'a pas toujours les meilleures conditions de piste, ou bien il fait frais et le grip de la piste [est faible]. C'est sûr que quand il fait frais et que le grip de la piste est super haut, [c'est autre chose], comme à Assen : je m'y suis qualifié quatrième à deux dixièmes. Là, ça passe. Mais quand le grip est très moyen et qu'il fait très chaud, on est à la ramasse."
Une limite vite trouvée et aucune marge de manœuvre
Premier pilote dans le groupe de motos japonaises qui trustent le bas du classement ce vendredi, Quartararo sait bien qu'il est désormais très loin du niveau qui lui avait permis, lors de l'édition 2022 de ce Grand Prix, disputé en juin, de remporter l'une de ses dernières victoires. Sur une piste qui lui a toujours souri, il était encore en mesure à l'époque de compenser les faiblesses de sa moto, qui commençaient pourtant à ouvrir la voie vers la bascule en passe de s'opérer en faveur de Ducati.
Aujourd'hui, cela n'est plus possible et deux championnats différents semblent se jouer, l'un opposant les motos européennes, l'autre les motos japonaises. Cela l'inquiète-t-il ? "Bien sûr que je suis inquiet, je ne suis pas hyper confiant", admet-il. "On a stagné, on n'a pas amélioré, on n'a pas fait de différence. Et les autres ont mieux travaillé que nous, tout simplement, ils ont été plus agressifs, ils ont eu une progression énorme et nous, on a amélioré quelques détails mais on en a perdu énormément."
Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing
"La limite de la moto est très facile à trouver. Par le passé, on avait la limite et on pouvait aller un peu au-delà, mais aujourd'hui, si on patine partout…" déplore-t-il. "Avec Franco [Morbidelli], on fait pratiquement le même chrono mais c'est parce qu'on ne peut pas faire de différence, on ne peut rien faire de mieux."
"On essaye évidemment de travailler super dur, on essaye de changer un peu la mentalité des ingénieurs japonais, mais je ne suis évidemment pas pleinement confiant. J'essaye de croire au maximum dans la moto de l'année prochaine et il va être super important d'être patient et de travailler dur jusqu'au début de la saison prochaine."
Déjà conscient que sa saison est pour ainsi dire perdue, Fabio Quartararo ne peut en effet s'empêcher de penser à l'année prochaine, et ce alors que se profile un test important qui aura lieu dans dix jours à Misano. Pas évident, dans ces conditions, et alors qu'il reste une moitié de championnat à disputer, de s'en tenir à sa promesse de relativiser au maximum pour écarter la frustration.
"Bien sûr que c'est difficile. Ça n'est pas facile. On sait clairement qu'on n'est pas là pour se battre pour le podium, mais il est difficile d'accepter que les cinq ou six dernières années que je suis venu ici, j'ai tout le temps été en lutte pour la victoire. L'année dernière, j'ai gagné avec six secondes d'avance et là, on est 17e. Évidemment, c'est difficile mais il faut commencer à l'accepter et trouver tout ce qui peut être positif pour préparer l'année prochaine, et c'est tout. Mais il va être super important d'être précis et les petites choses qu'on pourra trouver pour l'année prochaine vont être importantes."
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