Marco Bezzecchi au-delà de la douleur pour arracher de précieux points
Sa blessure aurait pu signifier la fin des espoirs de Marco Bezzecchi au championnat, mais il n'en est rien. Au Grand Prix d'Indonésie, le pilote VR46 a su entretenir ses chances en se battant parmi les premières places.
Jusqu'au bout, Marco Bezzecchi a parfaitement donné le change. Après sa troisième place lors de la course sprint, il a empoché les points de la cinquième position dimanche au GP d'Indonésie, un bilan impensable quelques jours plus tôt.
Cinq jours avant d'atterrir sur l'île de Lombok et de prendre la piste, le pilote italien était en effet dans un lit d'hôpital, fraîchement opéré pour une clavicule cassée. Les heures qui ont suivi l'intervention ont été compliquées, mais dès mardi matin il a senti ses forces revenir. Cela allait suffire à le convaincre de tenter ce pari et à embarquer pour l'Indonésie avec, au bout du chemin, un Grand Prix pourtant éprouvant à disputer.
Une fois en piste, il n'a rien laissé paraître. Dans le top 5 vendredi, il est seulement rentré un peu dans le rang lors des essais suivants, sans enjeu, avant de jeter ses forces dans les courses. Incroyable troisième homme du sprint − derrière son coéquipier, lui-même de retour de blessure −, Bezzecchi est ensuite allé au bout des 27 tours de la course principale.
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Et il n'a pas fait les choses à moitié. Treizième à la fin du premier tour, l'Italien a progressivement grimpé dans la hiérarchie. Certes, il a pu compter sur les nombreux abandons, mais pas seulement : en se retrouvant au cœur d'un groupe animé de mille bagarres, il a tenu bon, ne laissant filer que Fabio Di Giannantonio. Bezzecchi a rallié l'arrivée 11 secondes après le vainqueur et validé un top 5 de grande valeur pour lui, avec 11 points à la clé.
"Franchement, j'ai très mal. Pas vraiment sur la clavicule mais tout autour, dans le cou, sur les muscles, et puis la plaque [me donne] une sensation étrange", expliquait-il aux journalistes dimanche après-midi, après avoir pris un peu de temps pour se rafraîchir et reprendre ses esprits après la course. Et de souligner avec son flegme habituel, entre deux blagues : "Au moins, j'ai fait une bonne course, alors je ne peux pas me plaindre."
Marco Bezzecchi s'est battu en course, faisant fi de la douleur.
"Mon plan était d'être conservateur au début. Le problème c'est qu'en MotoGP aujourd'hui, quand on est conservateur dans les premiers tours on devient comme un punching-ball", a-t-il raconté, "donc je me suis retrouvé un peu trop derrière par rapport à ce que j'avais prévu. Ensuite, quand j'ai vu que j'arrivais à remonter, je n'ai pas trop paniqué. J'ai essayé de gérer les pneus parce que je savais qu'il faudrait avoir du grip à la fin. Heureusement, j'étais rapide à la fin."
Il s'est montré rapide, en effet, à tel point qu'il a signé son meilleur temps personnel dans l'avant-dernier tour, faisant fi de l'effort fourni. Et après avoir déjà passé Jack Miller quelques instants plus tôt, il a dépassé Brad Binder dans le dernier tour de la course pour aller chercher cette étonnante cinquième place.
"Je suis très content. Bien sûr, ça n'a pas été facile mais je pense qu'on a très bien travaillé et mon équipe a aussi fait un boulot incroyable. Ils étaient ici dès mercredi et je leur avais dit d'être prêts parce que je ne savais pas si j'allais venir ou pas, mais si je venais j'allais tout donner. Ils ont été formidables, comme toujours."
Rester "dans le game" et continuer à se battre
Marco Bezzecchi avait quitté le Japon à 51 points de Jorge Martín au championnat ; le voici revenu à 45 unités de l'Espagnol après la chute de celui-ci dimanche. "Tout peut arriver. Je ne suis pas venu ici pour me battre pour le championnat, mais pour rester dans le game, pas trop loin d'eux [Martín et Bagnaia], et aussi par rapport à Brad [Binder] qui est très rapide, très fort, et qui est généralement très régulier en fin de championnat. L'objectif que j'avais en tête quand j'ai décidé de venir ici était d'essayer de survivre", expliquait-il après sa performance de samedi.
"Il est sûr que la lutte pour le titre se joue entre Pecco et Jorge à l'heure actuelle. Ils ont été plus forts que moi dans les dernières courses, mis à part en Inde. Mais je fais toujours de mon mieux pour rester proche et continuer à me battre", ajoutait alors le pilote VR46.
Et dimanche, son point de vue n'avait pas changé, se plaçant plutôt en observateur du duel qui se joue devant lui, mais prêt à saisir toute opportunité qui pourrait se présenter à lui : "Je pense que Jorge et Pecco sont tous les deux très forts. Pecco est déjà Champion du monde mais Jorge est dans une forme fantastique. C'est normal de parfois faire des erreurs ; Pecco en a fait il y a quelques courses et Jorge en a fait une aujourd'hui."
"Mais il est certain que Jorge va rebondir et j'espère moi aussi être là à Phillip Island", a-t-il prévenu, déjà tourné vers le Grand Prix qui se profile en Australie cette semaine. "Je vais essayer de faire en sorte que mon corps soit en bonne forme. Il est certain que je ne serai pas à 100%, c'est impossible en seulement quatre jours. Mais Phillip Island est un petit peu moins physique, avec moins de gros freinages, qui sont les endroits où j'ai le plus de mal, donc je pense que je pourrai être rapide."
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