Márquez a choisi de limiter les risques face à des résultats insuffisants
Après être tombé trois fois pendant les qualifications, Marc Márquez révèle avoir décidé de ne plus autant attaquer, estimant le risque trop élevé pour un résultat moyen.
Marc Márquez aura connu une nouvelle journée très mouvementée en Allemagne. Leader des essais du matin, sur une piste mouillée, il a ensuite subi trois chutes pendant les qualifications, parvenant malgré tout à sortir de la Q1 lorsqu'il a, comme Brad Binder, utilisé les pneus slicks sur la piste séchante. En Q2, il a cependant été sèchement battu, héritant de la septième place sur la grille.
Depuis 2010, c'est la deuxième fois seulement qu'il n'a pas pris le départ depuis la pole position au Sachsenring, après les qualifications 2021 remportées par Johann Zarco et qu'il avait conclues à la cinquième place. Dans la foulée, il a disputé une course plutôt anonyme, lui qui n'avait jamais été battu sur cette piste en 11 éditions.
Cinquième en début de course, Marc Márquez a passé l'arrivée 11e au bout de 15 tours, affichant 10"8 de retard sur le vainqueur. Mais le pilote espagnol a expliqué cette contre-performance par son choix de limiter sa prise de risques, après les nombreuses chutes subies et alertes reçues de la part de sa machine.
"On est au Sachsenring, mon énergie est positive. Alors je me suis levé et je me suis dit 'Allez, je vais y arriver ! Hier on a eu du mal mais aujourd'hui je vais y arriver !' Sur le mouillé, où normalement on est rapides, j'étais là. Mais dès que la piste a été sèche… On a beaucoup de mal."
"Dans cette situation, pendant les qualifs [celle d'une piste séchante, ndlr], je poussais, je tombais, je rentrais au stand et j'attaquais à nouveau. Mais quand j'étais assis dans mon bureau entre les qualifications et la course sprint, [j'ai estimé que] la 'balance' ne suffisait pas [pour justifier cette prise de risque]. Tous ces risques pour une septième place, ça n'était pas suffisant pour moi."
"J'ai abordé la course en étant optimiste. Vous avez pu voir qu'au premier tour, j'ai attaqué. Mais dès le premier tour, alors que j'attaquais, j'ai eu une alerte au virage 11 puis une autre au virage 1. Alors dans ces cas-là, on coupe un peu les gaz et on termine la course."
Marc Márquez est tombé trois fois pendant les qualifications
Voici plusieurs semaines que le champion espagnol alerte Honda sur le nombre excessif de chutes que la RC213V fait subir à ses pilotes, dont deux sont actuellement convalescents. Alors, lui habituellement si combattif, semble avoir passé un cap mentalement pour refuser aujourd'hui de maintenir ce niveau d'engagement au risque de se blesser à nouveau.
"C'est trop, c'est beaucoup", concède-t-il lorsqu'il est interrogé sur son nombre de chutes en Allemagne. "Au moins, je suis là, je suis proche des meilleurs. Mais la façon d'être proche des meilleurs, c'est de prendre trop de risques et la conséquence c'est d'avoir trop de chutes. J'ai analysé la situation et je me suis dit 'OK, ici on ne peut pas'."
"Mais ce n'est pas une conséquence du fait d'essayer d'être [dans le coup]. Je me souviens que j'ai regardé Jerez depuis mon canapé, et Mir est tombé quatre fois pendant le week-end alors qu'il se battait pour la 15e place. Ce n'est donc pas une question de vouloir être là, c'est qu'on essaye de pousser mais on ne peut pas. Il est important de voir la situation réelle."
"Le problème, c'est que quand on se bat pour la sixième, septième ou huitième place, c'est facile de relâcher, mais quand on se bat pour le podium, comme au Mans ou au Mugello, alors c'est plus difficile pour un pilote de relâcher parce qu'on voit que c'est là [tout près]. Mais on n'est pas prêts pour ça."
Outre son choix d'avoir relâché son niveau pendant la course, Márquez a précisé que sa moto était "un désastre partout" après un changement de réglages ayant fait empirer le manque de grip arrière que son team cherchait pourtant à combattre. Il reviendra demain à son set-up standard.
"Je ne peux pas bien évaluer cette course, surtout parce qu'on a fait un changement pour la course, en prenant un risque", explique-t-il. "Hier je me battais beaucoup avec le grip arrière. En faisant ce changement, on a perdu encore plus de grip arrière et de turning, donc en gros, pendant la course, la moto était un désastre partout. Demain, ce sera mieux. On va revenir à la moto que je connais et essayer de trouver ce qu'il y a de mieux."
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