Márquez "plus libre" depuis qu'il a décidé de quitter Honda
Malgré une certaine libération après sa décision de rejoindre le team Gresini et une envie de limiter sa prise de risques, Marc Márquez ne veut rien changer à l'intensité qu'il met dans son approche du pilotage. Une façon de déjà préparer son adaptation à la Ducati.
Dans trois semaines, Marc Márquez se lancera dans son dernier week-end de Grand Prix avec l'équipe Repsol Honda, celle dont il a été le leader depuis onze ans. Arrivé à 18 ans dans cette structure iconique, il en repart en sextuple Champion du monde MotoGP, désormais lassé par quatre dernières années marquées par les blessures et les performances en berne de sa machine. Son prochain objectif : retrouver le plaisir du pilotage au guidon d'une Ducati satellite.
Lorsqu'il a pris la décision de rompre son contrat avec Honda, le mois dernier, Márquez a été pris d'une grosse émotion, qu'il avait exprimée dans un long message adressé à son team manager Alberto Puig et livrée sur les réseaux sociaux. Mais, très vite, le pilote a voulu reprendre le dessus pour tenter de vivre au mieux ces dernières semaines dans la structure.
Cela passe par une approche des week-ends qu'il s'efforce de garder prudente, dosant sa prise de risques afin de ne pas jouer avec le feu en quête de résultats devenus difficiles à atteindre. Il veut néanmoins rester incisif, condition essentielle à ses yeux pour bien réussir la transition qui s'annonce.
"La décision est prise […] et maintenant, comme vous le voyez, je suis plus libre", expliquait-il aux journalistes à l'issue du GP de Thaïlande, dimanche, satisfait d'avoir connu "un week-end stable" et pu se battre quand l'opportunité s'est présentée.
"Je me contente de piloter la moto et je ne me soucie de rien. Ce que je cherche, c'est juste à garder l'intensité lors de ces dernières courses. OK, les résultats seront peut-être meilleurs ou pires, mais ce que je veux, c'est garder cette intensité dans le pilotage et, comme ça, quand je rejoindrai le nouveau projet je serai dans le rythme. Est-ce que ce sera suffisant ? Je ne sais pas, mais au moins, je serai prêt."
Une atmosphère inchangée dans le stand Repsol Honda
Son choix de quitter Honda, son constructeur de cœur et la marque à laquelle il se sent redevable après le soutien qu'elle lui a apporté durant sa longue convalescence, s'accompagne d'un autre crève-cœur pour Márquez : devoir se séparer de la quasi-totalité de son staff technique. Seul l'un de ses techniciens, Javi Ortiz qui s'occupe de ses pneus, pourra le suivre chez Gresini, le reste de l'équipe qui l'entoure depuis des années n'ayant pas été acceptée autour de sa Ducati.
Le pilote espagnol, qui aura Frankie Carchedi pour ingénieur la saison prochaine, assure néanmoins que l'ambiance reste bonne dans le stand : "On travaille toujours de la même manière, dans la même atmosphère. On travaille mais on est amis, donc l'atmosphère reste la même."
"J'essaie de faire des commentaires précis, de pousser toujours de la même façon en piste. J'essaie d'apporter des commentaires au staff japonais. L'atmosphère est toujours la même : on est professionnels, mais le fait que l'on soit amis aide aussi beaucoup. L'année prochaine, je ne travaillerai plus avec certains d'entre eux, mais on pourra tout de même aller dîner parce que je peux aller dîner avec mes amis."
Le dernier point à valider après sa décision de changer de marque était qu'il puisse participer au premier test de l'intersaison, qui se déroule dès le surlendemain du Grand Prix qui conclura ce championnat, le 28 novembre à Valence. Là, Marc Márquez a obtenu gain de cause, contrairement à la situation connue par le passé par Valentino Rossi ou celle de Toprak Razgatlioglu actuellement, en partance de Yamaha en WorldSBK et qui va devoir attendre avant de tester sa nouvelle BMW.
"Pour moi, ça dépend de la relation et de la manière dont vous faites les choses", a estimé Márquez à ce sujet. "Avec Honda, on a une très bonne relation. Je sais que par le passé, quand Rossi a quitté Honda pour Yamaha, ils ont interdit [qu'il participe au test de fin d'année]. Mais ça dépend de la manière dont vous faites les choses et je n'ai jamais été opposé à Honda. On a toujours parlé très calmement et pour essayer de trouver ce qu'il y avait de mieux pour le projet et de comprendre la situation."
"Honda a un staff très humain et ça fait onze ans qu'on court ensemble dans ce championnat. Je ne peux pas donner mon opinion sans savoir comment ça se passe en interne [pour Toprak Razgatlioglu], mais je suis content de ma situation et je veux remercier à nouveau Honda de me permettre de tester ma nouvelle moto."
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