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MotoGP GP de Thaïlande

"Un week-end stable" en Thaïlande suffit à satisfaire Marc Márquez

Marc Márquez s'en tient à des objectifs prudents pour la fin de son aventure avec Honda et le Grand Prix de Thaïlande a répondu à ses attentes modestes, avec une quatrième place au sprint et une sixième lors de la course principale.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Face à l'enthousiasme que pouvaient susciter les retrouvailles avec la Thaïlande, terre de son dernier sacre, Marc Márquez s'était montré ouvertement très dubitatif quant à ses chances de bien figurer lors de ce 17e Grand Prix de la saison. La piste de Buriram fait pourtant partie de celles qui, sur le papier, correspondent le plus à son potentiel, de même que Valence où il courra dans moins d'un mois. Seulement, il voyait aussi Phillip Island favorable à sa moto et la débâcle qu'il y a connu il y a quelques jours l'a poussé à définitivement enterrer toute ambition maintenant que touche à sa fin son aventure avec Honda, devenue un calvaire ces derniers mois.

Côté performances, on a retrouvé en Thaïlande un Márquez sachant relativiser, préférant se satisfaire de peu. Aussi, quand il a manqué la qualification directe en Q2 après n'avoir pu trouver la bonne roue pour le servir, il salué avec fair-play le jeu de ses adversaires. "La Q1, c'est un cauchemar ! C'est la pire séance au monde !" lâchait-il dans un rire, avant néanmoins de s'en extraire le lendemain − pour vingt petits millièmes − et d'aller chercher une belle huitième place sur la grille.

Son rythme réel, il le situait bien au-delà. Aussi, lorsque la course sprint disputée samedi lui a rapporté une quatrième place, Márquez s'en étonnait lui-même. Ce résultat était le fruit, d'abord, d'un bon départ. "[Vendredi] j'étais 11e, mais en rythme j'étais très loin. Aujourd'hui, j'étais huitième mais toujours très loin en rythme", analysait-il après l'arrivée. "Cependant pendant la course sprint, j'ai pu prendre un très bon départ, un des meilleurs de l'année, puis j'ai fait de bons premiers tours, j'ai dépassé des pilotes. Je me suis senti très bien pendant la course. C'est vrai que je n'étais pas parmi les plus rapides mais je me suis senti bien."

Or, un Marc Márquez qui se sent bien ne se fait pas prier pour en profiter. Aussi, il a chipé la cinquième place à un Marco Bezzecchi au contraire en difficulté dans le dixième tour, puis a saisi sa chance pour dépasser Aleix Espargaró à quelques virages de l'arrivée.

"Dans ce dernier tour, ça n'est pas que j'ai gagné une position, c'est Aleix qui l'a perdue", a-t-il néanmoins précisé. "Il était plus ou moins une seconde devant moi, puis il a fait une grosse erreur dans le virage 1, une autre au virage 3 et j'ai eu l'opportunité de me battre avec lui. Il m'a aussi dépassé avec une très belle manœuvre entre les virages 6 et 7, mais le dernier virage a l'air de bien me plaire ! Alors j'ai pu le dépasser, bien faire tourner la moto et voilà. Ça n'est qu'une quatrième place, ça n'est qu'une course sprint mais il faut maintenant qu'on savoure ces bons moments avec l'équipe."

Marc Márquez a retrouvé Fabio Quartararo sur sa route, mais loin de leur superbe duel de 2019.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Marc Márquez a retrouvé Fabio Quartararo sur sa route, mais loin de leur superbe duel de 2019.

Ses soucis n'étaient aucunement résolus, notamment ce manque de traction qu'il déplorait encore vendredi pendant les essais. "Non. Si quelqu'un m'avait passé entre le dernier virage et la ligne d'arrivée, j'aurais eu un gros problème parce que c'est une accélération très courte", confirmait-il après le sprint. "On a juste fait une moto pour les points de freinage. On perdra de toute façon à l'accélération. On peut régler la moto différemment mais on perd tout le temps car il semble difficile d'obtenir de la traction. On a juste fait en sorte d'être plus stables sur les points de freinage et en freinant plus tard aujourd'hui j'ai poussé plus sur l'avant."

Jugeant cette approche "plus risquée, plus à la limite", le pilote Honda rappelait qu'elle reste possible dans le cadre d'une course sprint, avant de redevenir plus prudent en vue de l'épreuve principale. Il s'attendait d'ailleurs à devoir plus se contenir dimanche compte tenu du pneu arrière dur qu'il convenait d'utiliser et qui lui posait de grandes difficultés.

"J'ai beaucoup réfléchi à la possibilité de prendre une décision agressive et de choisir le pneu arrière tendre. Peut-être que ça aurait été, je ne sais pas, mais j'ai ensuite décidé de choisir le même que tout le monde et j'ai essayé de me contrôler pendant toute la course", expliquait l'Espagnol après l'arrivée dimanche, son esprit de compétiteur décidément jamais bien loin.

"Quand je suis parti, j'étais chaud !" a-t-il raconté, lui qui s'est en effet bien battu dans le second groupe pendant les premiers tours, se montrant jusqu'à la sixième place. "J'ai essayé d'attaquer au début parce que j'ai immédiatement réalisé que si je n'attaquais pas, j'aurais chaque fois été dépassé par une moto à la sortie du virage 1 ou du virage 3. Je me suis donc dit que la meilleure façon de défendre était d'attaquer et j'ai commencé à le faire."

"Avec notre moto, c'est dans les points de freinage qu'il faut attaquer. Je freinais tard dans les virages 5 et 12, mais pas assez. J'ai perdu du temps avec Aleix, dans une bagarre serrée", a-t-il poursuivi. "On a perdu une seconde et demie en un tour ! Ensuite, il avait plus de rythme, surtout avec le pneu arrière dur. Hier je l'ai battu, aujourd'hui il m'a battu, mais il était surtout plus rapide."

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Dépassé également pas Bezzecchi, bien plus à l'aise que la veille, Márquez a stabilisé son rythme. Puis il s'est longuement trouvé aux prises avec Fabio Quartararo, qui a fini par avoir l'avantage également. "À la fin, quand Fabio m'a passé, j'ai réussi à reprendre à nouveau [Aleix Espargaró] et je me suis dit que j'allais peut-être préparer le dernier tour. Mais j'ai ensuite vu que je surpilotais et il était important de terminer la course, alors je me suis calmé."

Lorsqu'il lui était fait remarquer, en début de week-end, que c'est ici-même qu'il a remporté son dernier titre en date en 2019, l'Espagnol expliquait avec une certaine nostalgie avoir revu cette course, symbole d'une époque révolue où il menait une saison record et où Fabio Quartararo s'amusait au guidon de la Yamaha... "Le problème, c'est que maintenant tout le monde est plus rapide et Fabio et moi on se bat encore, mais pour d'autres positions", soulignait-il alors. Il ne croyait pas si bien dire, deux jours avant de croiser à nouveau la route du Français durant cette course, à une distance notable de la superbe bagarre que d'autres se sont chargés de mener devant.

"J'ai terminé la course, ce qui était l'objectif", a conclu Marc Márquez, heureux d'avoir connu "un week-end stable" après celui encore trop mouvementé à son goût qu'il avait vécu en Australie. Sa sixième place finale dimanche (après la pénalité d'Aleix Espargaró), à plus de cinq secondes du vainqueur, est venue clore sur une note qu'il juge positive ce Grand Prix de Thaïlande. Il ne lui en reste plus que trois au guidon de la Honda avant d'ouvrir un nouveau chapitre, en quête de cette performance perdue...

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