Martín surpris que Miller ait échappé à une sanction
Jorge Martín ne comprend pas pourquoi Pecco Bagnaia a dû rendre une position à Jack Miller pour un dépassement agressif, tandis que l'Australien n'a reçu aucune pénalité pour sa manœuvre face à lui au dernier virage.
La direction de course est à nouveau au cœur des débats après un Grand Prix d'Espagne animé, en course sprint comme dans la course principale. Yamaha s'agace des pénalités qui ont frappé ses deux pilotes, Franco Morbidelli et Fabio Quartararo, et ce dernier ne comprend pas pourquoi la responsabilité de l'accident qui a provoqué le drapeau rouge de dimanche lui a été attribuée. D'autres incidents ont également fait débat.
Dimanche, Pecco Bagnaia a dû rendre une position à Jack Miller pour un dépassement jugé trop agressif, une manœuvre qui avait notamment permis à Jorge Martín de passer devant l'Australien. Miller et Martín se sont ensuite battus pendant plusieurs tours et le pilote KTM a définitivement pris l'avantage à la faveur d'un blockpass, en glissant, au dernier virage.
Martín a dû ouvrir sa trajectoire, perdant une position de plus, et manifesté son agacement par un geste de la tête mais contrairement à la manœuvre de Bagnaia quelques tours plus tôt, celle de Miller est restée impunie. Le pilote Pramac ne va pas jusqu'à estimer que le dépassement de son rival devait être pénalisé, mais il ne comprend pas la différence de traitement par rapport à l'incident entre Miller et Bagnaia.
"Je pense que si la direction de course a pénalisé Pecco, il fallait pénaliser Jack. Et dans l'autre sens, s'ils ne pénalisent pas Jack, il ne faut pas pénaliser Pecco selon moi. Ils doivent faire mieux", a expliqué Martín, dont la course a été compliquée par cette séquence.
"J'ai perdu trois positions [deux en fait, ndlr], j'ai failli me retrouver [dans la zone du] long-lap", a-t-il précisé. "Je ne veux pas pleurer, c'est la course, ça va. Je comprends sa manœuvre, il devait essayer ça pour être sur le podium, mais [les commissaires] doivent être constants dans leurs actions, ça ne doit pas dépendre du pilote."
Depuis un an, de nombreux incidents ont suscité l'incompréhension parmi les pilotes, qui se plaignent d'un manque de dialogue avec les commissaires de course. Des explications devraient enfin être données à l'occasion du GP de France. "Ils ne sont pas constants", a déploré Martín. "Selon le pilote, ils prennent une décision ou pas. Ils doivent faire mieux mais on va pousser pour ça."
"Heureusement, on a enfin une réunion avec eux au Mans, avec tous les pilotes, après deux ou trois ans à se battre avec la Dorna", s'est réjoui l'Espagnol. "Il faudra essayer de comprendre leur position et de faire mieux, parce que leur façon de faire n'a aucun sens."
Une incapacité à doubler en course
Jorge Martín
Malgré ce dépassement polémique, Jerez a été le meilleur week-end depuis le début de la saison pour Jorge Martín, quatrième des deux courses du week-end. Samedi, il était deuxième en début d'épreuve mais une erreur de sa part au virage 4, pris sur le cinquième rapport, lui a fait perdre plusieurs places. Dimanche, il a passé la majorité de l'épreuve au quatrième rang, si ce n'est six tours derrière Aleix Espargaró, passé devant en profitant du temps perdu dans l'incident avec Miller.
Martín estime qu'il avait le rythme pour jouer "le podium mais aussi la victoire", ce dont il a été privé en raison d'une incapacité à doubler ses rivaux : "Le problème est que quand je suis derrière une [moto], ça va, quand je suis derrière trois ou quatre, c'est un gros problème."
"Je suis déçu parce que j'attendais vraiment plus de la course", a-t-il reconnu. "On doit progresser au freinage parce que j'ai eu beaucoup de mal, pas seulement dans les dépassements mais aussi pour me défendre dans le groupe. J'avais beaucoup de mal avec la température à l'avant. La pression était bonne mais la température était élevée."
"Quand je suis seul, je suis super rapide mais dès que je suis coincé derrière quelqu'un, je ne peux pas doubler. On doit faire mieux. [En course], je sens que mon rythme n'était peut-être pas le meilleur, mais l'un des meilleurs en course, mais je ne pouvais pas doubler, donc c'est comme ça."
Ces derniers mois, les pilotes ont souvent évoqué des difficultés à gérer la pression du pneu avant mais ce n'est pas ce qui a posé problème à Martín, qui a profité du report des pénalités en cas de pression trop basse pour ne pas être gêné par ce souci. C'est uniquement la température de sa gomme avant qui l'a limité.
"C'est très bizarre. [En course sprint], j'avais une pression parfaite mais je ne pouvais rien faire à cause de la température et j'ai eu le même problème [dans la course principale]. On avait une pression plus basse, [...] je suppose qu'elle était illégale mais c'est comme ça. Soit on en prend une illégale, soit on tombe, donc c'est comme ça ! Quand j'étais seul, je pouvais rouler dans la fenêtre basse des 1'38, mais dès que j'ai été avec Jack, je roulais en 1'38"5 ou 1'38"6. J'ai besoin d'avoir le champ libre pour être rapide et on doit faire mieux."
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