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MotoGP Présentation Pramac Racing

Morbidelli espère vite rattraper son retard, sans établir de plans

Franco Morbidelli affirme son intention de rattraper son retard aussi vite que possible, mais force est de constater qu'il va relever un défi de taille en se lançant dans le championnat sans avoir pu faire d'essais avec la nouvelle Ducati GP24.

Franco Morbidelli, Pramac Racing

Il faut croire que le sort a décidé de jour avec les nerfs de Franco Morbidelli. Lui qui vient de connaître trois années des plus compliquées, entre une blessure au genou et de grandes difficultés à s'adapter au changement de caractère de la Yamaha, le voici recruté par la formation qui a remporté le championnat des équipes l'an dernier, mais une nouvelle blessure l'a empêché de découvrir sa moto jusqu'à présent.

Ce n'est en l'occurrence pas n'importe quelle machine, puisque Morbidelli passe sur la Ducati qui, comme tant d'autres, a certainement dû le faire rêver lorsqu'il s'échinait à tirer plus de performance de sa Yamaha. Il a pu se faire une idée de l'ADN de la moto italienne lors de la première journée des essais d'intersaison, en novembre dernier, où il avait piloté un modèle de 2023, se montrant l'un des plus actifs en piste. Cependant il a ensuite dû ronger son frein lorsqu'est arrivée la spec 2024 et que les choix déterminants ont été faits pour en constituer le package en vue du championnat.

Absent des essais de ce début d'année à la suite de sa lourde chute à l'entraînement, fin janvier, Franco Morbidelli n'a pu prendre le guidon de sa nouvelle moto que mercredi, pour quelques mètres parcourus à basse vitesse dans le cadre de la présentation organisée par Pramac Racing en marge du premier Grand Prix de Formule 1 de la saison, à Bahreïn. C'était suffisant pour ramener un large sourire sur son visage, néanmoins le vice-Champion du monde 2020 sait qu'il n'a fait que goûter du bout des lèvres au festin qui l'attend.

Pour le savourer pleinement, c'est une longue route qui s'ouvre à présent devant lui. Dès la semaine prochaine, il espère − si les médecins lui donnent leur feu vert − être en piste pour le coup d'envoi de la saison, au Qatar. Il aura alors trois séances d'essais pour chercher à se faire la main, avant de se lancer dans les qualifications puis les courses. Bien peu pour quiconque, et plus encore pour un pilote qui doit oublier cinq années passées sur une moto radicalement différente.

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Afin de mettre toutes les chances de son côté, Morbidelli était donc présent à Losail lorsque ses adversaires y menaient les derniers essais de pré-saison. "J'ai appris que c'est beaucoup mieux de piloter la moto que de rester là à regarder les autres rouler !" dit-il de cette expérience. "Mais en tant que blessé, cela a été l'une des meilleures chances dont j'ai pu disposer. J'étais blessé, mais j'ai eu la possibilité d'être au circuit, avec mon équipe. De rattraper d'ores et déjà ce temps qui m'a manqué en piste, en étant là avec mon team et en partageant une énergie avec eux. Alors, certes, j'étais blessé, et je ne veux pas dire que c'est l'une des meilleures manières de l'être, mais la situation a plutôt bien tourné pour moi en tant que blessé."

"Rien n'est impossible"

En assistant aux essais, Morbidelli a pu travailler étroitement avec son nouveau chef mécanicien, l'expérimenté Massimo Branchini. Il a aussi pu profiter de l'une des plus grandes richesses du clan Ducati  : le partage de données de sept autres pilotes. "À Valence, déjà, je regardais les données des autres, mais je les ai aussi regardées au Qatar, ainsi que celles de Sepang. C'est un point clé pour comprendre [la nouvelle moto] et essayer d'être aussi rapide que possible."

Face au retard que sa blessure lui a causé, le pilote italien n'a qu'un plan : s'adapter aussi vite que possible. "Je fais face à l'adversité en ce moment − disons que je me la suis créée moi-même − mais je fais tout ce qu'il faut pour revenir dès que possible, alors je regarde les données des autres pilotes Ducati, en particulier de ceux qui sont très rapides. Je dois dire que tous les pilotes Ducati sont très rapides."

Franco Morbidelli n'a pu faire que quelques mètres au guidon de sa Ducati cette année.

Franco Morbidelli n'a pu faire que quelques mètres au guidon de sa Ducati cette année.

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

Morbidelli refuse de se laisser envahir par la crainte de traîner trop longtemps avec lui ce retard, même si l'intensité des week-ends de course ne laisse désormais plus beaucoup de temps pour travailler pour soi. "En partant du principe que rien n'est impossible, je n'établis aucun plan", prévient-il, "et je n'ai pas non plus d'attentes claires quant au moment où je vais avoir complètement rattrapé ça, ou en tout cas suffisamment afin de me battre pour les positions pour lesquelles je veux me battre. Je n'ai aucun plan à ce sujet, je ne planifie que la prochaine étape."

Ne pas faire attention aux résultats au GP du Qatar

En l'occurrence, la prochaine étape va donc être se disputer ce premier Grand Prix, la semaine prochaine. S'il parvient bel et bien à faire le déplacement, il l'abordera sans objectif, conscient de toute façon qu'il ne s'adaptera pas en quelques heures. "Il va être important d'avoir la bonne approche, c'est-à-dire de ne pas trop regarder ce que font les premiers, ni l'écart", souligne-t-il, "parce que je sais que j'ai du terrain à rattraper, or c'est difficile de le faire pendant une course. Mais c'est ce qu'on doit faire, alors on va essayer d'y arriver de la meilleure manière possible."

"Avant toute chose, il faudra voir comment va se passer la première course. On ne va pas beaucoup prêter attention aux résultats", ajoute-t-il au micro du site officiel du MotoGP. "J'ai complètement manqué les tests alors que la totalité de la grille a fait des essais sur cette piste, alors la concurrence va être difficile. Il faut aussi que je m'habitue à la nouvelle moto, que je prenne des sensations et que j'apprenne à la piloter de la meilleure manière possible."

"Mais je vise de bonnes choses avec cette moto, car c'est possible. D'après ce dont je me souviens de Valence et ce qu'on a tous vu, les sensations qu'elle apporte au pilote sont incroyables", souligne Franco Morbidelli, préférant penser au potentiel de la Ducati qu'à la quantité d'enseignements qu'il va devoir prendre.

"Ça va être un beau saut dans l'inconnu… Enfin, peut-être que je ne le qualifierais pas comme ça. Ça va être un beau saut, mais je sais malgré tout où j'atterris : j'atterris sur la meilleure moto et ça n'est pas un secret. C'est quelque chose de fantastique et c'est la meilleure situation dans laquelle plonger en partant de cette distance. Je vais certainement rencontrer des difficultés, je vais sûrement avoir du mal, mais je ne sais pas à quel point. On verra, on sera prêts à travailler."

Vidéo : Présentation de l'équipe Pramac pour la saison 2024

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