Quartararo démuni sur la Yamaha : "Il n'y a pas d'explication"
Fabio Quartararo juge sa Yamaha plus agressive que jamais après les premiers essais au Grand Prix de France. Une nouvelle fois contraint de passer par la Q1, le Français est toujours en quête d'une bonne base de réglages cette année.
Fabio Quartararo devra disputer la Q1 au Grand Prix de France. Ce sera la troisième fois de la saison qu'il ne sera pas directement qualifié en Q2, alors que cela ne lui était arrivé que quatre fois au cours de ses quatre premières saisons en MotoGP.
Ce vendredi, le Français a terminé les deux séances hors du top 10 et a conclu la journée à la 12e place du classement combiné, à trois dixièmes de la dixième place. Ces performances deviennent la norme pour Yamaha et Quartararo, désemparé face au manque de solutions pour améliorer sa moto.
Comme il le décrivait jeudi, le gain de puissance trouvé cet hiver semble avoir privé la M1 de ses forces en courbe, et course après course, Quartararo et son équipe cherchent en vain de meilleurs réglages pour tenter de corriger le tir.
Pourquoi es-tu hors du top 10 ?
Il n'y a pas d'explication. [...] Je n'ai pas de sensations sur la moto. La moto est super agressive, elle ne tourne pas comme d'habitude. On a perdu tous les points forts que l'on avait. Même si on avait moins de puissance, on avait d'autres points forts. Maintenant, quand on trouve quelque chose dans un domaine, on en perd dans un autre. On n'améliore jamais les deux. Il semble qu'on a plus de puissance mais on a perdu en maniabilité.
Quelles sont tes difficultés ?
Sincèrement, les problèmes, c'est toujours la même chose. On ne sait pas pourquoi on a autant de mal, on ne trouve pas de solution. On est en difficulté. C'est une chose que l'on arrive pas à trouver. Après cinq courses, on n'a toujours pas de base sur la moto. C'est une chose qui est assez frustrante mais bon, j'ai décidé de ne plus m'énerver, de rester calme. Je pense que rester calme est la meilleure façon de trouver une solution mais c'est vraiment frustrant de voir que sur chaque circuit, on est de plus en plus lents, d'année en année. C'est compliqué.
Sur tous les tracés ?
Peu importe le tracé. À Jerez, en 2019 j'arrive à faire 1'36"8, quatre ans après je fais 1'37"0. On n'a aucune amélioration. On n'arrive pas à donner 100% des capacités de notre moto. Le moteur s'est amélioré mais on perd énormément nos points forts. On a amélioré un point de 2019 à 2023. Même si on est vraiment encore en dessous, la vitesse de pointe est quand même bien meilleure. Mais la partie cycle est beaucoup moins bonne. C'est là qu'on est en difficulté, il va falloir trouver quelque chose parce qu'on a fait pas mal de courses, il y a eu des courses sprint, les courses, et on n'a toujours pas une base pour la saison. On est toujours en train de se demander ce qu'il faut faire pour avoir un meilleur équilibre sur la moto. Ce n'est pas normal après autant de course.
Fabio Quartararo
Et la Q1 va encore plus compliquer ta journée demain...
Bien sûr, ça complique mais en ce moment, c'est notre position. Je pense qu'en quatre ans, je n'ai été que deux fois en Q2 [quatre en réalité, ndlr], et cette année deux ou trois fois. C'est quand même très frustrant, surtout de voir qu'on pousse vraiment à la limite. Je travaille vraiment plus que jamais. C'est ça qui est vraiment frustrant, voir qu'en donnant vraiment tout ce qu'on a, on est aussi loin. On est vraiment dans une situation très compliquée.
Comment t'es-tu senti avec le châssis que tu avais déjà évalué à Jerez ?
Très mal. Depuis cette année, sur toutes les nouvelles choses que l'on a essayées depuis février, on n'en a utilisé aucune [en course], à part le moteur. Ça aussi, c'est une chose assez compliquée : avec chaque chose que l'on essaye, rien ne va mieux. C'est ce qui est compliqué. Il faut trouver une direction pour travailler. En ce moment, depuis quelques mois, dans tout ce qu'on essaie, rien ne va mieux.
Sincèrement, j'ai rarement eu une moto qui bouge autant. Ça ne me dérangerait pas qu'elle bouge autant si on était performants. Là, on n'est pas performants et ça bouge. C'est ça qui est quand même frustrant et inquiétant.
Fabio Quartararo
Quelles sont tes difficultés sur ce circuit précisément ?
Je n'arrive pas à décrire les difficultés. C'est tout simplement qu'il nous en manque un peu partout. Le secteur 3, c'est celui où il y a de l'accélération [et] du virage 8 jusqu'au 9, j'ai énormément de wheelie. La puissance, ça va un peu mieux mais la moto tourne moins, la moto est beaucoup plus agressive. On perd du grip par rapport à l'année dernière. Toutes ces petites choses qui s'accumulent à chaque virage font qu'on perd autant de temps. Tous les problèmes que l'on a, ce n'est pas que dans certains virages, c'est partout. Il manque un peu de grip, la moto bouge un petit peu, on ne peut pas avoir la meilleure accélération donc dans tous les virages, on est en difficulté. Sincèrement, j'ai rarement eu une moto qui bouge autant. Ça ne me dérangerait pas qu'elle bouge autant si on était performants. Là, on n'est pas performants et ça bouge. C'est ça qui est quand même frustrant et inquiétant.
Penses-tu pouvoir créer la surprise ce week-end ?
C'est plus compliqué d'envisager un très bon résultat quand on est vraiment en difficulté depuis le début de la saison et qu'on ne trouve pas vraiment de solution, qu'on ne trouve pas d'amélioration. Ce qui est sûr, c'est que de mon côté, je donnerai 100% tous les week-ends, comme sur tous les week-ends, mais il faut qu'on trouve quelque chose parce que dans toute ma carrière, je n'ai jamais fait autant de changements que cette année. C'est ça qui est énorme. On fait énormément de changements et on ne trouve aucune base pour la saison.
Est-ce difficile de n'avoir que deux Yamaha ?
C'est pénalisant mais je ne vais pas dire que c'est pire que l'année dernière. Sincèrement, l'année dernière on n'a jamais pu comparer quelque chose avec Dovi ou Darryn [Binder]. Darryn montait du Moto3, on ne pouvait pas espérer de lui qu'il fasse des top 10. Dovizioso avait été arrêté pendant un an et on sait très bien que quand on s'arrête si longtemps et qu'on revient, c'est difficile. C'est sûr qu'il nous manque un team satellite qui performe avec deux pilotes rapides.
À la Commission de sécurité, tu comptes parler avec les commissaires ou juste les écouter ?
Je compte parler parce que sincèrement, j'aimerais avoir des explications, surtout par rapport à Jerez. On en a demandées, il ne nous en a donné aucune. Ce serait un peu normal de savoir leur opinion sur cet accident. Qu'ils ne nous donnent aucune explication, je trouve ça un peu bizarre. Je veux parler, je veux des explications, je veux savoir s'il y aura des changements. Je l'espère, parce que pour moi, leur travail n'est pas bien fait, et surtout dans des situations comme celles-ci.
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