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Magazine

Grand format - Esteban Ocon, le "poids de la famille" depuis tout petit

Pendant l'intersaison, notre reporter Oleg Karpov a rendu visite à Esteban Ocon pour un entretien riche d'enseignements. Le Français était alors en pleine préparation pour 2024...

Esteban Ocon

Rapide ? Oui. Intransigeant ? Sans aucun doute. Lorsque votre famille a vendu sa maison pour que vous puissiez faire du sport automobile, vous n'êtes pas du genre à abandonner facilement, surtout lorsqu'il y a un volant Mercedes disponible. C'est pourquoi, lorsque l'on a rendu visite à Esteban Ocon pendant l'intersaison, il n'était pas en train de se prélasser sur la plage...

Assis devant un écran, Esteban Ocon a le regard fixe et concentré. Cet écran affiche une sorte de jeu vidéo, et Ocon est en train de zigouiller des vaisseaux ennemis tout en essayant de protéger le sien. Il n'utilise que ses yeux. L'écran suit ses pupilles et tout ce qui attire son regard explose en un instant. Mais il y a un hic : si Ocon doit détruire les objets ennemis blancs, il ne doit pas s'attaquer aux objets rouges, car ce sont des "amis" et il peut être pénalisé.

Il ne s'agit pas d'un nouveau jeu de tir de la franchise Star Wars, mais d'une méthode d'entraînement développée par Xavier Feuillée, coach en performance avec qui le Français travaille depuis 2014. C'est l'un des nombreux outils utilisés pour améliorer le temps de réaction et l'attention d'Ocon.

"Ça aide à détecter les choses plus rapidement", explique Ocon à GP Racing en se levant de son siège, après être passé tout près de son record personnel. "Par exemple, si quelqu'un fait un tête-à-queue dans le premier tour, ton temps de réaction est beaucoup plus rapide, et en fin de compte, ces moments-là peuvent définir ton week-end. Ce sont toutes ces petites choses qui font la différence, et auxquelles on ne pense pas forcément quand on regarde la Formule 1 de l'extérieur. Mais c'est la partie immergée de l'iceberg."

Lorsque l'on est invité à remplacer Ocon comme "gardien" du vaisseau, il prend le siège de gauche et, posant les bras sur la table, on pourrait croire qu'il s'est endormi. Mais non, il s'agit simplement de l'exercice suivant, au cours duquel, à l'aide de capteurs mesurant son rythme cardiaque et d'autres paramètres, il doit atteindre un niveau de relaxation maximal dans un laps de temps le plus court possible.

C'est une matinée ordinaire pour Esteban - cette fois un peu perturbée par la présence de GP Racing - au centre 321 Perform d'Annecy, où nous le rencontrons avant la saison. Sa routine quotidienne commence généralement par un entraînement à la réaction et à la coordination et par d'autres exercices mentaux. Puis, après le déjeuner, place à la partie physique.

Notre reporter Oleg Karpov teste la nouvelle méthode d'entraînement développée par Xavier Feuillée.

Notre reporter Oleg Karpov teste la nouvelle méthode d'entraînement développée par Xavier Feuillée.

Photo de: Malcolm Griffiths

Après avoir travaillé dans les Pyrénées jusqu'à il y a deux ans, Feuillée s'est installé dans cette petite ville française proche de la frontière suisse et a ouvert une nouvelle base dans un château du XIVe siècle, à une heure de route de là où habite Ocon. De la mi-décembre jusqu'aux essais de pré-saison – avec une petite interruption pour un Noël en famille en Normandie – c'est effectivement le lieu de travail du pilote Alpine, et l'une des raisons pour lesquelles il passe l'hiver en Europe plutôt qu'aux Maldives ou à Dubaï. Il vient également ici quasiment après chaque Grand Prix pour des tests et des procédures de récupération.

"Oui, je pourrais aussi aller à Dubaï ou aux Maldives", acquiesce-t-il lorsqu'on lui fait remarquer que ce n'est pas du tout l'image stéréotypée de l'intersaison d'un pilote de F1. "On peut trouver une salle de sport un peu partout, mais je ne suis pas du genre à partir pour de longues vacances dans un endroit éloigné. Et il n'y a pas d'outils spécifiques comme ceux-là ailleurs."

Un environnement connu

Les voyages ne manquent pas dans la vie d'Esteban, et ce depuis le karting. Tout le monde connaît l'histoire, mais elle n'en est pas moins étonnante. Avec ses parents, son chien et tout le matériel nécessaire à l'entretien d'un kart, Esteban Ocon a traversé l'Europe au début de son adolescence, parcourant 95 000 km en trois ans.

J'appelais [Toto Wolff] presque tous les jours pour lui dire : 'Si tu ne me prends pas maintenant, c'est fini'. Et je serais allé travailler avec mon père dans le garage.

Sa famille a vendu sa maison pour financer la carrière d'Esteban et a littéralement vécu sur la route, voyageant sur les circuits dans une camionnette avec une remorque. Il est donc logique qu'il ne soit pas très enthousiaste à l'idée de quitter la maison quand il n'y est pas obligé.

"On a changé deux boîtes de vitesses pendant cette période", sourit-il en se remémorant ces années "folles". Et il ne parle pas des boîtes de vitesses de karting. "Je pense que l'on a changé trois trains de pneus sur la caravane, parce que l'on transportait tout le matériel de karting avec nous, l'usure était tellement importante...".

"Une anecdote amusante : la police nous a arrêtés une fois et a pesé la caravane et la camionnette. Il nous ont dit : 'Il y a un problème. Vous pesez deux tonnes et demie de trop'. Ils voulaient nous mettre une amende énorme, alors on a essayé d'expliquer que c'était notre vie, que c'était ce qu'on essayait de faire. Ils ont compris et nous ont laissés partir. C'était, oui... un peu à l'extrême. Mais mon père était tellement sûr que j'avais quelque chose qu'il n'y avait pas moyen que ça passe inaperçu."

Esteban Ocon se rend régulièrement au centre 321 Perform, à Annecy, où GP Racing l'a rencontré.

Esteban Ocon se rend régulièrement au centre 321 Perform, à Annecy, où GP Racing l'a rencontré.

Photo de: Malcolm Griffiths

Cette histoire de famille - Esteban pilote, son père est son mécanicien, sa mère s'occupe de presque tout le reste - aurait pu mal se terminer. Bien qu'il ait été recruté en karting à 18 ans par Gravity Management, dirigé par Éric Boullier, alors futur patron d'écurie, et Gwen Lagrue, aujourd'hui responsable du programme junior de Mercedes F1, sa carrière a failli être interrompue lorsque cette société a connu des difficultés financières.

Fait remarquable, cela s'est produit immédiatement après la saison de F3 Europe, au cours de laquelle Max Verstappen figurait parmi les rivaux d'Esteban. Alors que Max s'est directement préparé pour ses débuts en F1 avec Toro Rosso après avoir terminé troisième au championnat, Ocon, qui a décroché le titre, s'apprêtait à aider son père dans son travail de mécanicien automobile à Évreux. Mais en parallèle, il harcelait Toto Wolff au téléphone, essayant de convaincre le patron de Mercedes Motorsport de sauver sa carrière de pilote. Et il y est finalement parvenu.

"Je ne sais plus pendant combien de temps exactement je l'ai appelé et lui ai envoyé des messages", s'amuse Esteban. "Même si c'étaient deux semaines, j'ai eu l'impression que c'était plutôt un mois, parce que je n'avais pas d'autres options. Je l'appelais presque tous les jours pour lui dire : 'Si tu ne me prends pas maintenant, c'est fini'. Et je serais allé travailler avec mon père dans le garage. Il a fini par trouver une solution, avec Fred Vasseur, pour que je puisse courir avec ART en GP3. Mais il s'en est fallu de peu."

Si jamais il y a une pénurie de mécaniciens automobiles dignes de ce nom à Évreux aujourd'hui, c'est donc la faute de Toto et de Fred.

"Je ne serais pas perdu", déclare Esteban. "J'avais l'habitude de travailler avec mon père sur les voitures, et on le fait encore aujourd'hui. Bien sûr, je préfère piloter les voitures plutôt que d'y mettre les mains. Mais oui, j'ai de bonnes connaissances. Mon père est probablement le meilleur mécanicien que je connaisse. Et je ne dis pas ça parce que je suis partial, c'est la vérité. Je suis loin d'être aussi bon, mais je ne suis pas trop mauvais non plus."

Esteban Ocon a battu Max Verstappen lors de la saison 2014 de F3 Europe.

Esteban Ocon a battu Max Verstappen lors de la saison 2014 de F3 Europe.

Photo de: XPB/Motorsport Images

Le Ocon que vous ne voyez pas

Esteban Ocon est d'une espèce rare. Les fils de mécaniciens automobiles n'atteignent pas souvent la F4 et la F3, et encore moins la F1. C'est sans doute pour cela qu'il est l'un des plus humbles de la grille aujourd'hui. Il a toujours le sourire d'un enfant de 12 ans, il est cordial et poli, surtout avec les médias. Regardez ses interviews télévisées : il essaie de trouver quelque chose de positif à dire, même après une course difficile.

Mais demandez à ses coéquipiers et ils vous diront qu'en coulisses, il y a un Esteban très différent, franc et direct lorsqu'il veut faire passer son message. Les directeurs sportifs des équipes rivales, lorsqu'ils sont convoqués par les commissaires pour un incident impliquant Ocon, savent qu'il ne fera aucune concession, n'acceptera aucun compromis s'il pense être dans son bon droit. Ceux qui ont eu affaire à lui dans de telles situations peuvent en témoigner.

Face à ce point de vue, alors que l'on passe d'une machine d'entraînement à l'autre, Ocon prend quelques secondes pour réfléchir, mais il est d'accord : "Oui, je pense que c'est un jugement juste. Et c'est pourquoi je ne plairai peut-être pas à tout le monde au début".

 J'ai dû être dur quand c'était important et j'ai dû être entendu quand les gens n'écoutaient pas nécessairement ou n'étaient pas convaincus.

"Mais quand il y a quelque chose qui doit être dit, surtout en Formule 1, il faut le dire. On n'a pas de temps à perdre. Il est donc important d'être direct. Je suis peut-être trop direct parfois, mais bon... Je ne vais pas laisser passer n'importe quoi après avoir travaillé si dur pour arriver là où je suis. Vous voyez combien d'heures je passe chaque jour ici, et je ne veux pas me faire manger tout cru par qui que ce soit, qu'il s'agisse d'un manager d'équipe, d'un directeur d'équipe ou d'un Champion du monde".

Il s'agit probablement d'une habitude qui remonte aux années où Esteban, alors adolescent, a dû faire face non pas à n'importe quel adulte, mais à ceux qui tenaient sa carrière entre leurs mains.

"J'ai eu le poids de ma famille sur les épaules dès mon plus jeune âge", poursuit-il. "Et je ne dis pas ça pour inspirer la pitié : ça valait la peine d'essayer et nous avons réussi à nous retrouver là où nous voulions être, et aujourd'hui tout va bien. Mais il est clair que j'ai dû faire face à ce genre de pression, que j'ai dû être dur quand c'était important et que j'ai dû être entendu quand les gens n'écoutaient pas nécessairement ou n'étaient pas convaincus. Et vous savez, faire en sorte que ces hommes d'affaires, ces investisseurs vous écoutent, quand vous avez 13 ou 14 ans, et prêtent vraiment attention à vous, ce n'est pas facile."

Vous reconnaîtrez peut-être le côté intransigeant d'Esteban dans ses batailles en piste. Souvenez-vous de ce message de Fernando Alonso après leur bataille au premier tour en Hongrie en 2022 :  "Jamais de ma vie je n'ai vu une défense comme celle d'Esteban aujourd'hui. Jamais". De temps en temps, vous entendrez d'autres pilotes déplorer son style défensif.

Esteban Ocon s'est construit la réputation d'un pilote sans compromis.

Esteban Ocon s'est construit la réputation d'un pilote sans compromis.

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

L'ancien patron d'Ocon, Otmar Szafnauer, a proposé à la presse de qualifier Esteban de "ministre de la Défense", citant la manière dont Ocon a tenu tête à Lewis Hamilton pour la quatrième place à Suzuka en 2022. "Eh bien, je comprends. Certains aiment ma façon de piloter, d'autres non. Mais si je peux défendre pendant de nombreux tours, surtout s'il y a une voiture plus rapide derrière, j'en suis très heureux."

"C'est quelque chose que j'ai toujours aimé. Une bonne bataille roue contre roue, une bagarre acharnée... Pas être côte à côte avec la moitié de la largeur de la piste entre les deux – pour moi, ce n'est pas de la course –mais vraiment roue contre roue, un peu de contact. Et oui, si certaines personnes sont ennuyées parce qu'il est difficile de me dépasser, je pense que ça ne me dérange pas."

Changement de dynamique

Il a parcouru un long chemin. Certainement beaucoup plus que ce que l'on aurait pu penser si l'on s'était contenté de regarder d'où il venait. Pourtant, il est également indéniable que la carrière d'Esteban s'est quelque peu essoufflée. Ocon n'est plus tout jeune et le monde de la F1 s'intéresse à d'autres talents, qu'il s'agisse d'Oscar Piastri ou d'Andrea Kimi Antonelli, le protégé de Mercedes qui fait l'objet de toutes les attentions.

Mais il y a aussi de quoi être fier. Des performances remarquables lors de son passage chez Force India, puis un retour en F1 après une année d'absence, après avoir perdu son baquet pour des raisons politiques et non de performance. Il a surmonté une année difficile face à Daniel Ricciardo chez Renault pour obtenir une prolongation de trois ans avec une équipe d'usine, puis il a devancé Fernando Alonso au cours de leurs deux années de collaboration – même si, comme Alonso aimait à le souligner, la voiture numéro 14 a subi la majorité des pannes mécaniques. En définitive, c'est plutôt positif qu'un double Champion du monde doive se justifier d'être derrière vous dans une lutte entre coéquipiers.

Il y a aussi le fait qu'Ocon vit dans une belle région du monde, qu'il s'entraîne dans un endroit avec des paysages de carte postale et qu'il n'a pas à se soucier de son compte en banque. Néanmoins, les petits nouveaux en F1 font l'objet d'un engouement beaucoup plus important.

"C'est fou comme le temps passe vite", dit-il alors que nous montons dans l'Alpine A110S d'Esteban sur le chemin du retour. "Mais oui, je ne suis plus tout jeune. Il est évident que j'aimerais passer à l'étape suivante. J'ai couru en milieu de peloton pendant tout ce temps, me battant pour les points. Mais je veux me battre pour les podiums, pour les victoires. Et pour l'instant, nous ne sommes pas en mesure de le faire, c'est donc difficile à avaler."

Esteban Ocon sait que sa carrière a besoin d'un nouvel élan.

Esteban Ocon sait que sa carrière a besoin d'un nouvel élan.

Photo de: Malcolm Griffiths

Il semble qu'une nouvelle année difficile l'attende. L'équipe, qui se restructure une fois de plus, ne semble guère en mesure de lui fournir une monoplace capable de remporter des victoires dans un avenir proche.

"J'ai eu exactement la même conversation avec Antoine Dupont, le joueur de rugby, l'autre jour", raconte Esteban. "Il m'a dit : 'C'est tellement difficile à accepter que ça ne dépende pas que de toi'. Et c'est vrai pour tous les sports d'équipe. Mais la Formule 1 est probablement le seul sport au monde où, même si tu es le meilleur, si tu n'as pas le bon outil tu ne peux tout simplement pas faire mieux."

"Mais j'ai toujours pensé que si on commence à penser à la F1 de cette manière, on n'avancera pas. Tu vas juste être constamment déprimé. Il n'y a que 20 pilotes en F1 et j'apprécie chaque tour que je fais. Et je continue à croire que si je continue à travailler comme je le fais maintenant, de bonnes choses se produiront. Sinon, ce n'est pas la peine de continuer."

Je n'ai aucun regret. Je dois m'assurer d'être au top de ma forme pour le jour où j'aurai la voiture dont j'ai besoin.

Il est à un stade de sa carrière où il a probablement besoin d'un peu de chance pour que les choses se passent vraiment bien. Pour qu'Esteban ait une voiture capable de jouer le titre entre les mains, il faudrait qu'il se passe quelque chose comme ce qui est arrivé à Jenson Button en 2009.

En fait, on pourrait dire qu'Ocon est un peu comme Button en 2008, avec un peu plus d'une centaine de départs en F1, une poignée de podiums, une seule victoire en Hongrie. Si Honda n'avait pas vendu à Ross Brawn son écurie de F1 lors de cette fameuse transaction pour un euro symbolique, on serait probablement en train de parler de Jenson comme d'un "bon pilote", mais pas d'un "champion en puissance". Mais ce n'est pas le cas. Toutefois, si de telles histoires se produisaient si souvent, Keanu Reeves n'en ferait pas des documentaires.

Un conte, deux rêves

Malgré son association avec Mercedes, Ocon ne s'est pas vu offrir un baquet dans l'écurie d'usine – du moins pas encore. A-t-il le sentiment que le bon moment n'est jamais venu ? Était-il tout simplement trop jeune lorsque Nico Rosberg a laissé sa place ? Et Valtteri Bottas avait-il un trop bon esprit d'équipe ?

"Je ne peux pas refaire le passé", dit Esteban. "Je venais de faire une demi-saison avec Manor quand Nico est parti... C'est difficile à dire. À d'autres moments, j'ai eu l'opportunité de prendre un chemin différent, mais les choses ne se sont pas passées ainsi. Je n'ai aucun regret. Je dois m'assurer d'être au top de ma forme pour le jour où j'aurai la voiture dont j'ai besoin."

Esteban Ocon n'exprime aucun regret quant à sa carrière en F1.

Esteban Ocon n'exprime aucun regret quant à sa carrière en F1.

Photo de: Malcolm Griffiths

Tout pilote de F1, quel que soit son âge, son palmarès et sa réputation, insistera sur le fait que son rêve est de devenir Champion du monde. Ocon n'est pas différent. Mais il a toujours dit qu'il avait deux rêves. Celui du titre, oui, mais aussi celui de faire en sorte que ses parents ne manquent jamais de rien.

"Ils ont donné tout ce qu'ils avaient – leur énergie, leur maison – et plus encore pour m'aider, et ont complètement sacrifié leur vie pour rendre la mienne meilleure", explique-t-il. "Je suis très fier et très heureux de pouvoir leur rendre la pareille, de les aider à avoir une vie plus facile et de leur faire vivre des choses qu'ils n'ont jamais pu vivre. C'est un sentiment formidable."

Ce deuxième rêve est aujourd'hui réalisé. Il y a 18 mois, Esteban a finalement convaincu son père de fermer les portes de son garage aux clients. Aujourd'hui, les seules voitures qu'il entretient sont celles d'Esteban. Mais le premier rêve reste le plus important pour la famille.

"Mon père dit toujours qu'il est heureux, mais qu'il veut que je gagne", sourit Esteban. "C'est l'esprit de compétition qu'ils ont gravé en moi. Tant que nous n'y serons pas, nous ne serons pas complètement heureux. Et c'est génial, parce que personne ne pensait que nous allions arriver aussi loin. Et pourtant, nous avons réussi."

"C'était un aventure folle. Et j'y pense beaucoup plus aujourd'hui que lors de mon premier passage en F1, où j'étais tellement concentré sur ce que j'avais à faire que j'en oubliais un peu tout ça, la chance que nous avons d'être dans cette situation. C'est quelque chose que cette année passée sur la touche m'a permis de réaliser pleinement. Mais, comme je l'ai dit, nous sommes des êtres humains et nous en voudrons toujours plus. Mon père dit : quand tu commences quelque chose, tu dois le finir. C'est ainsi que j'ai été élevé."

Et c'est probablement une autre raison pour laquelle, après presque chaque course, il revient toujours vers son allié Xavier, le poussant à s'améliorer dans tous les domaines. Y compris la capacité de pulvériser des vaisseaux spatiaux avec ses yeux !

Esteban Ocon travaille dur pour se préparer loin des circuits.

Esteban Ocon travaille dur pour se préparer loin des circuits.

Photo de: Malcolm Griffiths

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