Comment McLaren a géré les consignes en course sprint au Brésil
Andrea Stella, le patron de McLaren, reconnaît la difficulté d'opter pour des consignes entre Lando Norris et Oscar Piastri en course sprint au GP de São Paulo, mais aussi de les mettre en œuvre.
Photo de: Steven Tee / Motorsport Images
Dès vendredi, après avoir assuré sa première place sur la grille de départ de la course sprint, Oscar Piastri se disait prêt à jouer le jeu de Lando Norris et à s'effacer pour l'aider à prendre plus de points dans sa lutte avec Max Verstappen pour le championnat du monde.
La question des consignes d'équipe faisait débat dès le GP de Hongrie, où Piastri a finalement pu décrocher son premier succès en F1, alors que Norris avait pris l'avantage à la faveur d'une stratégie décalée. À une époque où Norris accusait un retard plus important qu'aujourd'hui, McLaren jugeait qu'il était "trop tôt" pour désigner un leader.
Piastri n'est pas mathématiquement exclu de la lutte pour la couronne mondiale mais la donne a changé, notamment après un GP d'Italie où l'absence de travail d'équipe a peut-être coûté la victoire au clan britannique. Depuis, McLaren assumait de donner la priorité à Norris mais les occasions de voir Piastri l'aider directement étaient restées rares, entre un GP d'Azerbaïdjan qui avait vu Norris éliminé en Q1, et deux courses difficiles pour son coéquipier à Austin puis à Mexico.
Ce samedi, avec les deux monoplaces en première ligne, la question a naturellement été évoquée avant le sprint. Andrea Stella assume de devoir gérer la délicate question des consignes et préfère même s'en féliciter, être confronté à un tel dilemme étant finalement un luxe.
"C'est naturel de se compliquer la vie, parce que quand on a deux pilotes qui peuvent gagner des courses et une voiture qui peut gagner des courses, la première chose que l'on doit accepter est qu'il n'y a pas de solution facile", a expliqué le patron de l'équipe McLaren à Motorsport.com. "Cela met déjà dans un bon état d'esprit pour gérer les difficultés potentielles. Mais comme je l'ai déjà dit par le passé, nous travaillons dur pour nous placer dans cette situation difficile. Il faut mettre en place les éléments pour ça et nous sommes tous sur la même ligne : l'équipe, les pilotes."
Oscar Piastri et Lando Norris
Photo de: Lubomir Asenov / Motorsport Images
"Je dis toujours aux pilotes que c'est la chose la plus difficile à laquelle nous sommes confrontés dans notre carrière. C'est la seule chose que nous ne pouvons pas affronter avec des objectifs convergents. Cela étant dit, nous avons toujours de bonnes conversations, basées sur nos principes, qui sont de prendre le plus de points pour le championnat en étant aussi justes que possible avec les deux pilotes."
Une consigne qui a tardé à se mettre en œuvre
McLaren a cependant donné l'impression de prendre des risques pendant une grande partie du sprint. Piastri a conservé l'avantage devant Norris en début d'épreuve et les deux hommes semblaient plus performants que Charles Leclerc, alors troisième. McLaren a cependant estimé qu'échanger les positions si tôt pouvait compliquer la course de Piastri et a préféré attendre.
L'Australien n'a ainsi laissé la tête à son coéquipier que juste avant une Virtual Safety Car en fin d'épreuve. S'il a dû contenir Verstappen quand la course a été relancée, Stella estime qu'il était difficile de donner la tête à Norris plus tôt.
"Nous savions que nous voulions échanger les positions, mais nous attendions d'avoir le bon écart derrière Lando, parce que si on fait l'échange et que l'autre voiture est menacée par le DRS, on pourrait compromettre l'un de [nos] principes, à savoir le résultat maximum pour l'équipe. Donc nous avons observé, dans l'idéal nous attendions d'avoir quelques secondes [d'avance], pendant quelques tours."
VIDÉO - Oscar Piastri s'efface devant Lando Norris
"Finalement, quand il y a eu deux secondes, au tour suivant c'était 1"2, donc nous attendions la bonne opportunité. Nous ne voulons pas le faire et générer une situation qui ne maximisait pas le résultat pour l'équipe. Nous savions que nous avions le temps, sauf avec le risque de voiture de sécurité. Dès que nous avons vu le risque de voiture de sécurité vers la fin de la course, nous devions accélérer le processus."
Stella a reconnu qu'il y avait "peut-être" une opportunité de faire l'échange de positions plus tôt, mais que ses pilotes n'avaient pas l'avance suffisante : "Comme je l'ai dit, les écarts bougeaient un peu dans les secteurs et je n'étais pas totalement à l'aise avec l'idée d'exposer Oscar à [la menace de] Leclerc, vu qu'à un moment Leclerc n'était pas lent du tout, au début. On peut voir un écart de deux secondes mais il y a aussi un enchaînement des événements."
Propos recueillis par Jonathan Noble
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