Pourquoi Ferrari reste confiant pour la suite de sa saison
La mauvaise direction empruntée par Ferrari a eu de grosses conséquences sur les dernières courses de l'équipe. Néanmoins, ce détour en termes de développement n'effraie pas la Scuderia, qui garde confiance pour le reste de la saison.
La guerre de développement fait rage cette saison. Entre Mercedes et McLaren qui se disputent le titre d'écurie qui a fait le meilleur comeback, et Haas qui a fait mouche avec ses dernières évolutions, certaines équipes ont définitivement choisi les bonnes directions à emprunter avec leur monoplace.
Toutefois, ce n'est pas le cas de toute la grille. Pour d'autres, comme Aston Martin, VCARB et Ferrari, les packages d'évolutions n'ont pas eu les résultats escomptés et ont même forcé certaines écuries à revenir à des configurations de début de saison.
Dans le cas de Ferrari, le problème semble tourner autour du nouveau plancher apporté dans le package du Grand Prix d'Espagne. Alors que les nouvelles pièces offraient plus d'appui aérodynamique, en particulier dans les virages à faible vitesse, elles ont eu pour conséquence de provoquer le retour des rebonds dans les virages rapides, une vraie gêne pour les pilotes lors des dernières courses.
Pendant le Grand Prix de Grande-Bretagne le week-end dernier, la Scuderia a procédé à une comparaison entre le nouveau plancher et celui utilisé en début de saison, et a finalement décidé de revenir à la configuration que la voiture arborait lors de la course à Imola.
Si cette décision s'est révélée être la meilleure à court terme en donnant à Carlos Sainz et Charles Leclerc une chance de performer à Silverstone, l'équipe a clairement besoin de trouver une solution plus permanente rapidement, afin de rattraper le retard accumulé sur ses rivaux ces dernières semaines.
Carlos Sainz à Silverstone.
Photo de: Erik Junius
Néanmoins, le plus important à l'heure actuelle est de comprendre pourquoi les résultats des évolutions ne corrèlent pas avec ce qui était attendu. Comme le directeur technique de Mercedes, James Allison, l'a expliqué plus tôt dans l'année, si une "amélioration" s'avère être une "régression", les conséquences peuvent être énormes. "Cela rend la vie difficile parce que dès que vous cessez de faire confiance à vos outils, vous devez revenir en arrière et vous perdez beaucoup de temps", a déclaré Allison. "Le temps est votre plus grand ami, le perdre en fait votre pire ennemi."
Cette situation n'échappe pas à Frédéric Vasseur, le directeur de Ferrari. Cependant, le Français garde confiance dans la capacité de son équipe à renverser la tendance pour revenir dans la lutte avec Mercedes, McLaren et Red Bull. Cette confiance est basée sur le fait qu'il y a 12 mois, Ferrari semblait vivre exactement le même scénario, où ses évolutions ne se comportaient pas comme prévu et avaient plongé l'équipe dans le flou.
C'est pendant le Grand Prix des Pays-Bas l'année dernière que Ferrari a pu sortir la tête de l'eau, après avoir sacrifié ses préparatifs du week-end pour se focaliser entièrement sur le test de la voiture. C'est pourquoi Vasseur est convaincu que la décision de comparer les deux planchers à Silverstone, même si cela signifiait sacrifier une partie du week-end et donc compromettre un peu la course, était la bonne chose à faire.
"Je pense que nous avons connu exactement la même situation l'année dernière, presque au même stade de la saison à Silverstone, Budapest et Spa", a-t-il déclaré. "Nous en sommes sortis à Zandvoort, nous avons bien analysé notre position et nous avons bien récupéré parce que les semaines suivantes, nous étions [à nouveau compétitifs]."
"Ce qui est difficile dans cette situation, c'est que vous n'avez pas de tests appropriés pour résoudre le problème ou au moins pour le comprendre. Il est très difficile, en tant qu'équipe, de faire des compromis ou de sacrifier les séances du vendredi quand vous savez que vous perdez du temps pendant le week-end, et de dire 'OK, oublions les EL1 et EL2 et concentrons-nous sur le moyen terme'."
"Croyez-moi, cette décision est difficile à prendre en tant qu'équipe parce que vous commencez le week-end, et c'était encore pire à Silverstone avec la météo, en vous mettant dans une situation difficile. Nous le savions déjà, mais le fait que le samedi matin nous ayons dû rouler avec des pneus pluie était encore pire, mais c'est comme ça. Nous avons pris la décision avant le week-end, et je pense que c'était la bonne à prendre."
Charles Leclerc devant Carlos Sainz.
Photo de: Erik Junius
Alors que les données des essais de Silverstone indiquaient que le nouveau plancher ne pouvait pas être utilisé pour le reste du week-end, Vasseur a déclaré qu'une décision serait prise dans les prochains jours au sujet de la course en Hongrie. L'objectif reste avant tout de comprendre l'origine du problème. Vasseur a indiqué ne pas en connaître la cause pour le moment.
"La corrélation est bonne, la corrélation sur l'appui aérodynamique est bonne. C'est encore un point d'interrogation pour tout le monde et parfois les rebonds apparaissent comme ça. Il est assez difficile d'établir un lien parce qu'il n'y a pas de rebond dans la soufflerie. Nous avons des mesures et nous ne pouvons pas prévoir que telle pièce provoquera plus de rebond qu'une autre. Mais savoir si cela aura un impact négatif sur les performances, c'est une autre histoire."
Ce n'est pas parce que nous avons un problème que c'est la fin du monde.
En ce qui concerne le reste de la saison, le directeur français ne pense pas que Ferrari subira les conséquences de ses mauvais choix très longtemps. Et bien que l'équipe ait encore besoin d'un week-end pour faire complètement le tour du problème, Vasseur estime que la solution réside surtout dans l'apport de nouvelles évolutions.
Interrogé sur le fait de savoir si les problèmes venaient de la base de la SF-24 ou s'ils étaient simplement liés aux évolutions, Vasseur a déclaré : "Nous avons changé toutes les pièces aérodynamiques et le rebond est apparu en Espagne. Pour y remédier, il y a des tonnes de solutions."
"Vous avez des solutions avec un compromis sur la performance ou des solutions sans compromis sur la performance, qui consistent à développer un nouveau package. Je pense que nous y sommes maintenant. Nous devrons disputer la prochaine course avec la voiture actuelle, mais le plus tôt sera le mieux, nous apporterons des évolutions qui réduiront les rebonds."
Vasseur préfère se montrer rassurant au vu des derniers résultats de l'équipe, en déclarant que ce n'est "pas la fin du monde". Selon lui, Ferrari a toujours été capable d'améliorer ses monoplaces, il n'y a donc pas lieu de paniquer face à cet obstacle passager.
"Je ne peux pas parler de 2021, ni de 2020, mais au cours des 16 derniers mois, toutes les évolutions que nous avons apportées ont eu une très bonne corrélation avec la soufflerie", a-t-il expliqué. "Cela a été l'un des atouts de l'équipe l'année dernière, d'apporter de petites évolutions qui se sont à chaque fois révélées payantes. Cette fois-ci, nous avons eu un problème, mais ce n'est pas parce que nous avons un problème que c'est la fin du monde."
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