Andreas Seidl : "Je suis convaincu qu'Audi sera prêt en 2026"

Interrogé sur le site officiel de la Formule 1, Andreas Seidl, PDG d'Audi F1 Team, s'est exprimé sur la vision et les changements prévus pour l'arrivée de l'écurie allemande à la place de Stake/Sauber d'ici 2026, abordant notamment la profonde restructuration ou encore le recrutement de l'équipe.

Andreas Seidl, PDG Stake F1 Team

Photo de: Andy Hone / Motorsport Images

En ce mois de mai 2024, nous approchons à grands pas de la mi-saison de cette 75e campagne du Championnat du monde de Formule 1. Cela veut également dire qu'il reste moins de deux ans avant qu'une page de la discipline se tourne et qu'un nouveau chapitre commence.

Ce chapitre semble très attendu par les fans comme par les écuries, en vue des nouvelles réglementations technique et moteur qui entreront en vigueur en 2026, et qui promettent un chamboulement sur tous les plans. En plus de ces changements, la grande famille de la Formule 1 accueillera un nouveau membre : Audi.

Arrivant en tant qu'équipe, mais aussi en tant que motoriste, l'écurie allemande a du pain sur la planche pour dire les choses simplement. Andreas Seidl, PDG de Sauber et donc d'Audi F1 Team, s'est exprimé sur le site officiel de la Formule 1 au sujet des préparatifs colossaux qui suivent une arrivée sur la grille de F1.

L'ingénieur allemand se dit "confiant", déclarant qu'Audi se trouve "sur la bonne voie" que ce soit au niveau du développement de son unité de puissance à Neubourg ou au sujet des projets réservés à l'équipe Stake F1. Avec l'annonce du rachat total de Sauber il y a de cela quelques mois, Audi est passé à la vitesse supérieure en accélérant les transformations internes pour coller à son plan de développement en vue de 2026.

"Je suis convaincu qu'Audi sera prêt en 2026", déclare Andreas Seidl. "Les premiers changements ont déjà été effectués. Jusqu'en 2026, notre mission sera de mettre en place le plus rapidement possible le plan que nous avons élaboré et de créer une dynamique, avec l'objectif clair d'être aussi compétitif que possible à partir de 2026. Pour atteindre la même force de frappe que les grandes équipes [actuelles de la grille], nous profiterons de cette occasion pour apporter de nouvelles capacités qui nous aideront à combler l'écart qui nous sépare de celles-ci."

La marque aux anneaux a effectivement enclenché la seconde, voire la troisième, au niveau de ces changements, quasi prématurés. En ayant déjà recruté James Key, ancien directeur technique de McLaren, qui a repris ces mêmes fonctions chez Alfa Romeo l'année dernière, devenue Stake F1 en 2024 ; l'écurie suisse a également remplacé l'ingénieur de course de Valtteri Bottas à Miami, déclarant qu'il s'agissait de "décisions anticipées" pour doucement mettre en place la structure finale voulue.

Lire aussi :

"La transformation nécessitera également un nombre important de changements au sein de l'équipe", continue Seidl. "Des changements au niveau de nos méthodes de travail, de notre organisation, de notre culture. Un changement qui ne sera pas toujours confortable et qui sera également douloureux pour certaines étapes que nous devons franchir en tant qu'équipe."

Cette transformation passera également par un agrandissement des infrastructures de l'usine de l'équipe à Hinwil, notamment en vue de leur souhait d'accueillir un personnel plus nombreux.

"Nous devons mettre à jour toute notre infrastructure technique, ce qui signifie investir beaucoup dans nos capacités de Recherche & Développement ici à Hinwil, mais aussi mettre à jour nos installations de production", ajoute le PDG. "Nous voulons augmenter considérablement nos capacités de production internes afin d'accroître la vitesse de livraison des pièces et des améliorations sur la piste, tout en étant aussi efficaces que possible dans le cadre du plafonnement des coûts. Nous ne sous-estimons certainement pas la tâche qui nous attend en tant qu'équipe et nous savons qu'il s'agira d'une course contre-la-montre pour être aussi prêts que possible en 2026."

Audi arrivera officiellement en 2026.

Audi arrivera officiellement en 2026.

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

La bonne volonté et l'espoir semblent être les maîtres-mots du développement du projet de la marque ; et de la ténacité, Audi devrait en avoir besoin au vu de l'état actuel de l'écurie qui lui servira de fondation. En effet, Stake F1 fait partie des deux seules équipes de la grille n'ayant pas inscrit le moindre point depuis le début de la saison. De gros soucis techniques, notamment au niveau des équipements défectueux, ont ruiné plus d'un arrêt au stand et plus d'une course pour Zhou Guanyu et Valtteri Bottas.

Néanmoins, Andreas Seidl est certain de pouvoir remettre Sauber sur les rails et d'en faire une équipe du top 5 dès 2026 malgré les performances actuelles de Stake. Une confiance qui peut prendre son origine dans la situation similaire dans laquelle il se trouvait chez McLaren, avant de prendre la tête de l'écurie suisse. Une raison de plus qui nourrit la détermination de Seidl, sachant également que le projet d'Audi est total, ce qui permet à l'équipe de tout édifier de A à Z et d'y ajouter un moteur construit en adéquation avec l'ensemble du projet, là où McLaren, par exemple, est propulsée par un moteur Mercedes.

"Notre campagne de recrutement n'est pas axée sur les grands noms"

Avec l'annonce du départ d'Adrian Newey de Red Bull et du flou concernant son avenir, il serait naturel d'imaginer l'importance d'un tel recrutement pour un projet comme celui d'Audi. Cependant, Seidl a expliqué que l'équipe allemande souhaitait "créer une écurie forte avec une éthique et un esprit d'équipe forts" basée sur une volonté de "relever les défis ensemble". Ainsi, pour le chef du projet, le recrutement d'Audi ne se concentrera pas sur l'arrivée de grands noms de la Formule 1, mais sur "les bonnes personnes", insistant également sur son souhait de diversifier les horizons du personnel recruté.

"Il est certain que toutes les équipes du paddock doivent être intéressées par l'arrivée d'une icône comme Adrian Newey, compte tenu de tout ce qu'il a accompli dans le passé", explique l'ingénieur allemand. "Audi va entrer en F1, cela n'arrivera qu'une fois. Les gens peuvent aider à façonner ce projet, en sachant qu'Audi se lancera à fond, en sachant que tout ce qui est nécessaire pour se battre aux avant-postes de la F1 sera disponible. Cette approche nous aide à rallier des gens, non seulement de la F1, mais aussi d'autres catégories de sport automobile, car il est important de ne pas se concentrer uniquement sur le personnel de la F1."

"Notre campagne de recrutement n'est pas axée sur les grands noms, il s'agit de trouver les bonnes personnes pour les bons postes, qui nous aideront à accroître notre compétitivité et à aller de l'avant."

Nico Hulkenberg, Haas F1 Team

Nico Hulkenberg, Haas F1 Team

Photo de: Erik Junius

Néanmoins, même si le recrutement du staff d'Audi est d'une importance capitale, la question de ceux qui la représenteront sur la piste est tout aussi intéressante. Ayant déjà trouvé son premier représentant en la personne de Nico Hülkenberg, le pilote allemand semblait être une personne de premier choix pour Andreas Seidl de par sa longue carrière et son talent.

"Il est certain que Nico, avec toute son expérience et sa personnalité, nous apportera beaucoup en tant que future équipe d'usine Audi, sur la piste et en dehors de la piste", déclare-t-il. "Il sera un élément très important dans la transformation de notre équipe, mais finalement ce qui compte, c'est sa vitesse. C'est tout simplement impressionnant de voir à quel point il réussit à s'imposer lors des qualifications et des courses à chaque week-end de compétition. C'est pourquoi nous voulions l'engager et nous n'avions aucune raison d'attendre plus longtemps. Nico était lui aussi très enthousiaste à l'idée de rejoindre notre projet passionnant et de faire partie de l'aventure d'Audi vers la F1."

Mais la question du deuxième baquet perdure : qui sera aux côtés de Hülkenberg l'année prochaine ? "Nous discutons avec Valtteri et Zhou et nous continuons à suivre leurs performances", explique Seidl. "Nous sommes reconnaissants de ce qu'ils ont fait et continuent de faire pour Stake F1. En même temps, nous sommes sur le marché, afin d'avoir toutes les options prêtes lorsque nous voudrons prendre une décision plus tard dans l'année".

"Le marché des pilotes est difficile à prévoir en ce moment. Nico étant fixé, il n'y a pas d'urgence particulière à régler la question du deuxième baquet. Nous préférons suivre les performances de nos pilotes et des autres que nous recherchons et prendre ensuite la meilleure décision."

Lire aussi :

Rejoignez la communauté Motorsport

Commentez cet article
Article précédent Alpine sans évolution significative à Imola et Monaco
Article suivant Tsunoda a franchi un pas "énorme" cette année, selon Mekies

Meilleurs commentaires

Il n'y a pas de commentaire pour le moment. Souhaitez-vous en écrire un ?

Abonnez-vous gratuitement

  • Accédez rapidement à vos articles favoris

  • Gérez les alertes sur les infos de dernière minute et vos pilotes préférés

  • Donnez votre avis en commentant l'article

Motorsport Prime

Découvrez du contenu premium
S'abonner

Édition

France