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Villeneuve : "Williams n'est plus une équipe de course"

S'exprimant sur la situation sportive et financière de l'écurie Williams, Jacques Villeneuve s'est montré sévère dans son jugement, estimant que la structure se complaisait dans un contexte où, malgré ses résultats, les profits sont au rendez-vous.

Une Williams FW42 est poussée dans la voie des stands

Après plusieurs années difficiles sur le plan des résultats, Williams a connu une embellie au moment du passage de la Formule 1 à la technologie V6 turbo hybride. L'écurie a principalement réussi à surfer sur le fait qu'elle possédait, avec le moteur Mercedes, le meilleur bloc propulseur du plateau, ce qui lui a notamment permis de terminer au troisième rang des constructeurs en 2014 et 2015 puis de se maintenir dans le top 5 plus ou moins facilement en 2016 et 2017.

Mais en 2018, l'embellie a pris fin. L'arrivée de Paddy Lowe début 2017, en provenance de Mercedes, semblait annoncer un renforcement de la structure managériale et technique de l'écurie, mais la première monoplace sur laquelle il aura eu une réelle influence, la FW41, s'est avérée extrêmement décevante aux mains d'un duo de pilotes peu expérimentés qui n'ont jamais semblé à l'aise en dépit de quelques points inscrits ça et là. La dernière place au classement constructeurs, ainsi que la fin de la collaboration avec Martini (sponsor titre depuis 2014) et le départ de la famille Stroll ont également été des coups durs sur le plan financier.

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Et alors que tout le monde s'attendait à un rebond en 2019, la FW42 n'était pas prête à temps au moment des essais hivernaux, en plus d'être une monoplace ratée et rétive. Lowe a d'ores et déjà fait les frais, avant même le premier Grand Prix de la saison, de ce qui est considéré comme un échec majeur et qui devrait assurer à l'écurie une nouvelle dixième place au classement par équipes.

Toutefois, tout n'est pas noir. Le bilan financier pour 2018 publié il y a quelques semaines fait en effet état d'une situation saine puisque les revenus liés à la F1 ont augmenté légèrement et le bénéfice est, lui, resté stable par rapport à 2017. Même si d'aucuns s'attendent à ce que le bilan 2019 soit moins positif, en raison des différentes pertes de revenus évoquées plus haut, cette nouvelle est forcément une éclaircie dans un ciel bien sombre.

Comme toujours, Jacques Villeneuve, Champion du monde 1997 avec l'équipe de Grove, livre un point de vue sévère vis-à-vis de la gestion de l'écurie qui lui a permis d'accéder à la discipline reine. "Ses dirigeants paient pour les mauvaises décisions prises au cours des récentes années", a-t-il ainsi déclaré au Journal de Montréal.

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"Williams n’est plus une équipe de course. C’est une entité publique qui doit rendre des comptes en fin d’année. Tout ce qu’on fait, c’est de satisfaire son président et directeur général. Or, la compagnie a fait 16 millions [de livres, soit 18,6 millions d'euros] de profit en 2018. Donc elle va bien."

Selon lui, les indicateurs économiques dans le vert sont justement le signe que tout n'est pas fait pour rechercher la performance : "Si l’entreprise a fait autant d’argent, c’est qu’elle n’en pas suffisamment consacré dans son équipe de course. Le président ne veut pas gagner en F1, il veut juste s’assurer de faire le plus de gains possible pour les investisseurs. C’est tout ce qui importe..."

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