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Espargaró fait le lien entre sa série de chutes et sa longue absence

Tombé à de nombreuses reprises à Misano, Pol Espargaró explique avoir cherché à attaquer plus fort, mais sans être encore suffisamment en confiance pour cela. Sa longue convalescence lui donne l'impression d'avoir sauté une classe et de manquer d'une expérience essentielle.

Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Pol Espargaró a connu une série de chutes à Misano, six en quatre jours, qu'il a expliquée par la convalescence lui ayant fait manquer la première partie du championnat. Revenu à la compétition début août, il a peu à peu repris ses automatismes, avant de connaître un coup d'arrêt durant ce week-end italien, marqué par une accumulation d'accidents.

Il est d'abord tombé à la fin des essais pré-qualificatifs de vendredi, puis deux fois à dix minutes d'intervalle pendant la Q1, avant une nouvelle chute dimanche matin au warm-up. Quelques heures plus tard, son Grand Prix s'est terminé dans les graviers. Et ça n'était pas fini : lundi matin, lors du test, il a été accidenté une sixième fois, jusqu'à stopper là sa journée.

Cette accumulation de chutes, il l'explique très simplement. "Je le vois comme une faiblesse de tours et d'attaque", a-t-il décrit, faisant référence à ce qui lui manque d'expérience sur cette saison. "Quand je me lance dans un time attack avec cette nouvelle moto, je rencontre beaucoup de nouveaux problèmes que j'ai complètement sautés. Ça me rappelle quand j'allais à l'école et que je manquais les cours pendant deux jours parce que je voyageais pour courir : ensuite, je revenais et je ne comprenais rien parce que j'avais manqué une avancée dans cette classe."

"C'est exactement la même chose qui se passe : chaque fois que je veux attaquer, il y a un step que je ne comprends pas, particulièrement pour relâcher les freins, emmener de la vitesse de passage et pousser sur le pneu avant", a poursuivi Pol Espargaró. "C'est une question d'apprentissage. Chaque fois que je tombe en perdant l'avant, j'en apprends un peu plus. Ces six chutes que j'ai eues pendant le week-end, les autres les ont peut-être eues pendant les premières courses, que j'ai manquées. Ça n'est jamais bon de tomber mais pour comprendre des choses, c'est toujours important."

Jamais bon, en effet, car même s'il a heureusement évité toute nouvelle blessure, Espargaró a connu un week-end haché. "Tomber à près de 300 km/h avant une course, ça n'aide pas, c'est clair", expliquait-il au sujet de sa chute au warm-up. Quant à son accident en course, il s'est inscrit selon lui dans la continuité. "Je pense que ces problèmes que j'ai eus pendant le week-end, avec ces chutes, ont fait que je n'ai pas roulé en étant à l'aise et c'est pourquoi je suis tombé."

"Je suis vraiment désolé pour le team, mais j'ai besoin de rattraper de l'expérience en très peu de temps. Ici, c'était la première fois que j'attaquais vraiment, en prenant des risques, et c'est ce qui se passe quand on prend des risques et que les choses ne sont pas sous contrôle."

Chute de Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Six chutes, mais heureusement aucune blessure pour Pol Espargaró à Misano.

Avant les courses, il avait déjà cumulé des erreurs qui lui ont valu de partir en fond de grille, notamment deux chutes en qualifications. "Même si j’avais la vitesse pour aller en Q2, […] je me suis loupé deux fois", admettait-il samedi. "Ça a été ma faute, surtout dans le time attack. J'en ai demandé un peu trop [à la moto] dans le virage 2, et puis j'ai eu du mal tout le week-end dans la portion rapide. En qualifs, j'y suis allé, je suis entré beaucoup plus vite dans le virage 11 et je suis arrivé au 12 avec 10 km/h de plus que ce qu'a fait Brad [Binder], par exemple. J'ai essayé de freiner, j'ai bloqué l'avant deux fois et j'ai tiré tout droit."

La veille, cette spirale négative avait été enclenchée par une première chute à la fin de la deuxième séance, lorsque se jouait l'accession directe à la Q2. Dans cette phase décisive, son manque de confiance continue de peser, comme il l'a expliqué avec beaucoup de franchise : "Cette faiblesse que j'ai en termes de confiance à l'heure actuelle, parce que j'ai été absent tellement longtemps, ça me pousse parfois à prendre des roues quand je pense que je ne le devrais pas." Et c'est à ce moment-là qu'il est tombé.

"Je pense que j'ai été trop lent dans mon tour de sortie et, dans le premier virage à gauche [du tour lancé], je pensais que je n'entrais pas très vite mais c'était assez rapide pour perdre l'avant, car il n'était pas en température", expliquait-il vendredi. "Quand le pneu est un petit peu froid et qu'on perd l'avant, on ne peut pas le rattraper. Mais c'était entièrement ma faute."

"J'ai parfois la vitesse pour y arriver mais, avant, quand j'attaquais j'avais un peu de marge pour éviter une erreur, redresser la moto et toutes ces choses-là, or maintenant je pense que la faiblesse que j'ai dans ma vitesse par rapport au temps où j'ai été absent, c'est que je n'ai pas de marge. Donc dès que je fais une petite faute ou que j'ai un petit blocage, je n'arrive pas à le rattraper."

Toutes ces erreurs aux conséquences lourdes dans son week-end, le pilote Tech3 les met sur le compte d'une confiance qui, il en est sûr, "va venir avec le temps". Gravement blessé fin mars, c'est sa saison tout entière qui aura été impactée bien qu'il ait pu se remettre de ses lésions. "Tout le monde est très rapide", a-t-il rappelé. "Il faut vraiment y aller à fond et chercher le moindre détail. À Barcelone, j'ai manqué la Q2 pour 28 millièmes et [à Misano] pour 24. Ça veut dire que la moindre petite erreur que je peux faire avec mon premier pneu dans le time attack se paye très cher. Tout doit être parfait et pour le moment, pour être honnête, je ne pilote pas en faisant tout à la perfection."

Des problèmes avec les plaquettes de freins

Il jugeait le test de lundi important en ce sens, avide d'engranger de l'expérience avec sa KTM, cependant il est tombé à nouveau. Là, Espargaró a également déploré des problèmes avec ses plaquettes de frein, expliquant qu'une grosse secousse de sa moto les a ouvertes, l'empêchant de freiner : "J'ai freiné quelque chose comme quatre fois, mais rien. J'ai donc dû sauter de la moto parce que j'allais assez vite et je n'avais pas de place pour l'arrêter."

"J'ai eu pas mal de problèmes par le passé et, franchement, ils ont pas mal progressé sur ce point", soulignait-il au sujet de l'amélioration du système de freinage avec les années. "Ils ont travaillé là-dessus et sont revenus avec une évolution qui fonctionne, mais parfois pas suffisamment comme l'a démontré [la chute de lundi]. Je crois qu'avec l'aide des données, il faut qu'ils continuent à travailler parce que c'est un problème qu'on rencontre parfois en ce moment. On est toujours plus rapides et on a toujours plus de technologie sur les motos, donc tout le monde doit élever son niveau."

"Ces choses-là arrivent plus souvent qu'elles le devraient. J'ai un peu eu ça pendant le week-end, mais pas autant [que lundi], où je n'ai plus eu de freins du tout à quatre reprises. J'ai pressé quatre fois le levier et rien n'est venu. On va essayer de travailler aussi de notre côté pour chercher à rendre la moto plus stable pour l'avenir."

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