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MotoGP GP de Grande-Bretagne

Pol Espargaró a pensé abandonner tellement il était "cuit"

La reprise a été douloureuse pour Pol Espargaró, mais l'Espagnol a passé un cap important en allant au bout du week-end de Silverstone, avec même quelques points à la clé, plus de quatre mois après son grave accident.

Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Abandonner lui a traversé l'esprit, mais Pol Espargaró est allé au bout de l'effort en dépit de la souffrance qu'a été pour lui le Grand Prix de Grande-Bretagne. Pour ce week-end qui marquait son retour et le véritable début de son championnat, le pilote espagnol a réussi à éviter toute chute et il a donc vu l'arrivée de ses premières courses cette saison, le sprint samedi puis la course principale dimanche.

En trois jours, Espargaró a bouclé 83 tours à Silverstone, soit près de 490 km. En course, dimanche, il a réussi à se montrer dans le peloton et à livrer quelques bagarres, mais il lui a fallu pour cela puiser dans ses ressources et l'effet s'en est grandement fait sentir. Il aurait pu abandonner, donc, surtout qu'il se trouvait hors des points jusqu'au 15e tour, mais l'arrivée de la pluie a fini par lui donner le regain de motivation dont il avait besoin.

"Je suis cuit ! Au bout de dix tours, j'étais cuit, alors après j'étais complètement cramé", a-t-il avoué aux journalistes qu'il a rencontrés deux heures après l'arrivée. "Wow, ça a été dur ! Dans les premiers tours, je me suis retrouvé derrière Augusto [Fernández]. J'ai pu le suivre pendant les deux ou trois premiers tours, et je pense que ça a été un problème : je m'en suis trop demandé. Tout mon corps m'a ensuite dit 'Eh, oh, ça suffit, mec, tu en as assez fait !'. Mon cou en particulier est complètement bloqué."

"J'ai pensé abandonner, mais avant toute chose je voulais terminer, et puis j'ai vu aussi des gars rentrer au stand quand il s'est mis à pleuvoir dans le secteur 4. C'est une pression qu'ils m'ont mise, 'allez, continue !', alors j'ai marqué des points."

"Je suis loin, très loin de là où je voudrais être", a admis Pol Espargaró, qui a soigné pendant quatre mois plusieurs blessures, dont des fractures vertébrales. "Ne même pas pouvoir suivre un rythme lent, c'est vraiment mauvais. Mais j'ai déjà été dans cette situation : normalement, l'hiver on passe deux mois sans piloter et ensuite on va en Malaisie et le deuxième jour on est mort, sans même être blessé ! Là, j'ai passé quatre mois [sans rouler] avec une blessure énorme, alors c'est normal. Mais c'est un mauvais moment que je dois passer. La prochaine fois, en Autriche, ça ira un peu mieux et à partir de là, je pense que ça ira."

"Les muscles ont juste besoin de se réhabituer. Même si on travaille à la salle, ça n'est pas la même chose. Quand on pilote, on génère de la force dans des muscles qu'on ne peut pas entraîner à la salle. Et puis, la tension avec laquelle je pilote, parce que je ne veux pas tomber, ça me fatigue énormément."

Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Pol Espargaró a souffert, mais il est allé au bout des deux courses.

Mentalement, le pilote Tech3 avait pourtant besoin d'aller au bout de ce week-end, non seulement pour dépasser sa peur de tomber, dont il témoignait vendredi, mais aussi pour commencer à rattraper son retard sur ses adversaires, qui eux sont désormais bien dans le rythme.

"C'est dur, surtout que tout est nouveau", souligne Pol Espargaró, qui découvre tout juste le format sprint et la manière dont il impacte le week-end. "On a beaucoup moins de temps pour se reposer et pour travailler avec le team. Il faut que je m'habitue à ça aussi et le faire en étant dans cette condition, c'est stressant. Mais comme je l'ai dit, c'est un mauvais moment que je dois passer."

"Le fait de partir de si loin sur la grille rend les choses encore plus difficiles", a ajouté Pol Espargaró, qui s'était qualifié 15e. "Je voyais des ailerons voler devant moi, des gens tirer tout droit ! Je ne me souvenais pas que c'était si dur. Quand on part de si loin, on ressent beaucoup plus le danger que quand on est devant, alors il faut s'y habituer. Ça ira mieux en Autriche."

Les chutes à l'avant puis les quatre pilotes passés par les stands pour changer de moto lui ont finalement permis de faire son entrée dans la zone des points. Puis l'incident de Fabio Quartararo avec Luca Marini lui a fait gagner une place de plus à deux tours de l'arrivée et l'Espagnol a donc marqué ses quatre premiers points de la saison grâce à la 12e place, mais il avait plus d'une minute de retard sur son frère, vainqueur.

"En théorie, je devrais être très content d'avoir fini la course, d'être ici, mais on est des êtres humains et on en veut toujours plus, plus, plus… Alors je termine la course et je demande combien de secondes j'ai pris. Ça, ça n'est pas bien. Mais ça va, revenir dans cet environnement, courir, être avec l'équipe et la famille GasGas, c'est génial. Alors c'est sûr, je suis super content d'être ici et d'être fatigué parce que je viens de finir une course, et non parce que je me remets d'une blessure."

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