Albon a aidé Sainz à surmonter son opération à Melbourne
Vainqueur à Melbourne deux semaines seulement après une opération de l'appendicite, Carlos Sainz avait mis toutes les chances de son côté pour reprendre le volant à temps. Il a même reçu les conseils avisés d'Alexander Albon.
Vainqueur du Grand Prix d'Australie, Carlos Sainz a réalisé un réel tour de force. Deux semaines auparavant, le pilote espagnol était forfait à Djeddah et opéré en urgence d'une appendicite. Après un repos complet et sans avoir fait le moindre passage par le simulateur, il s'est envolé pour Melbourne, où il n'avait aucune certitude de parvenir à tenir le coup physiquement.
"Quand j'étais sur le point de prendre l'avion pour l'Australie, j'étais encore alité", a révélé celui qui a, pour la deuxième fois en quelques mois, mis fin à une série victorieuse de Max Verstappen et Red Bull. "Je pouvais à peine utiliser mes abdominaux pour bouger et je me disais que ça n'allait pas le faire. Mais j'ai pris l'avion et, lorsque j'ai atterri en Australie, je me sentais beaucoup mieux."
"J'ai discuté avec d'autres sportifs professionnels, avec d'autres médecins en Espagne et à l'étranger. Puis j'ai élaboré un plan avec mon équipe. La raison pour laquelle un sportif récupère plus vite, c'est qu'il peut consacrer 7 jours sur 7 et 24h sur 24 à sa récupération. Et c'est exactement ce que j'ai fait. Je suis allé dans un caisson hyperbare deux fois par jour pendant une heure, j'ai utilisé une machine Indiba, qui est un appareil électromagnétique pour les plaies. J'ai programmé mon temps passé au lit, mon temps de marche, mon temps de repas, le type d'aliments à consommer pour se rétablir. Tout était axé sur cette convalescence afin d'être prêt pour l'Australie."
Dès les premiers essais libres, Carlos Sainz a pu confirmer de bonnes sensations qui l'ont poussé à ne pas renoncer, scénario qu'il n'avait pas exclu le jeudi à la veille du premier roulage. Compte tenu des efforts musculaires mais également des forces exercées à haute vitesse dans le cockpit, il a également travaillé sur sa position de conduite. Et il a reçu l'aide bienvenue d'Alexander Albon.
L'adrénaline est quelque chose de merveilleux, elle masque beaucoup de choses.
Carlos Sainz a décroché sa troisième victoire en F1.
Photo de: Ferrari
Le pilote Williams a connu un épisode similaire fin 2022, qui l'avait privé du Grand Prix d'Italie. À ceci près que l'opération avait été suivie de complications, puis qu'il avait disposé d'une semaine supplémentaire pour se préparer à reprendre le volant.
"Nous avons beaucoup échangé ces deux dernières semaines", a-t-il révélé en évoquant l'exploit "très impressionnant" de Carlos Sainz à Melbourne. "J'étais dans son garage le jeudi, j'essayais de lui donner quelques conseils pour rendre le baquet un peu plus confortable. C'est un effort incroyable. Je pense que les gens oublient qu'il n'y a pas seulement une opération, il y a aussi deux bonnes semaines sans entraînement."
"J'avais eu un problème, qui n'était pas tant l'appendicite, et j'avais eu une semaine de plus que Carlos, ce qui fait que les circonstances étaient légèrement différentes", se souvient le Thaïlandais. "L'adrénaline est quelque chose de merveilleux, elle masque beaucoup de choses. Je peux vous dire qu'il n'était pas à l'aise dans la voiture, c'est certain. Pour moi, les premiers tours, quand j'y repense, c'était étrange. Il y a cette inertie dans l'estomac, c'est très bizarre. On sent que tout bouge à l'intérieur et ce n'est pas très agréable."
Carlos Sainz, lui, a passé la quasi-totalité du Grand Prix d'Australie en tête et, une fois débarrassé de Max Verstappen en raison de l'abandon de ce dernier, le scénario lui a été favorable. La fin de course a été pénible mais "facilitée" par sa position en tête et l'avance dont il disposait.
"Il est évident que passer sept jours au lit n'est pas très sain pour la condition physique et les muscles d'un athlète", souligne le pilote Ferrari. "C'était un peu l'inconnue pour la deuxième partie de la course, mais une fois que j'ai pris de l'avance et qu'il y avait de l'écart, je pouvais gérer. Ça permet de choisir les endroits où l'on veut attaquer ou non, et tout devient plus facile. Je ne vais pas mentir, les cinq ou dix derniers tours, j'étais un peu fatigué."
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