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La disqualification de Russell causée par des pneus trop usés ?

La première piste pour expliquer l'exclusion de George Russell au GP de Belgique vient des pneus, dont l'usure après un relais très long a pu le faire passer sous le poids minimum.

George Russell, Mercedes F1 W15, durant un arrêt

L'unique arrêt de George Russell l'a fait gagner... et a peut-être causé sa perte

Photo de : Steven Tee / Motorsport Images

Mercedes a pris un coup sur la tête en apprenant que la monoplace de George Russell était sous le poids règlementaire après la course à Spa. Une fois le carburant retiré, les différentes mesures de la FIA ont révélé que la voiture du pilote qui avait franchi la ligne d'arrivée en tête affichait 796,5 kg sur la balance, soit 1,5 kg de moins que le minimum requis.

Russell a naturellement été exclu et dans la décision, la FIA a précisé que Mercedes avait reconnu ne pas avoir de "circonstances atténuantes" pouvant expliquer l'infraction, comme une pièce manquante sur la monoplace. L'équipe a annoncé devoir enquêter pour comprendre la situation mais une première ébauche d'explication apparaît, mettant en cause la stratégie de Russell.

L'Anglais a fait partie des cinq pilotes – avec Fernando Alonso, Lance StrollKevin Magnussen et Yuki Tsunoda – à n'avoir fait qu'un seul passage par la voie des stands, et c'est justement ce pari qui l'a propulsé en tête et lui a permis de devancer Lewis Hamilton à l'arrivée. Mais alors que les trois autres ont effectué leur changement de pneus entre le 13e et le 17e tour, Russell a fait le sien dès la dixième boucle.

Russell a ainsi dû faire un relais de 34 tours, au cours duquel les pneus se sont dégradés, et chaque morceau de gomme perdue réduisait de quelques grammes le poids total de la monoplace. Suffisant pour qu'il manque 1,5 kg à l'arrivée ? C'est en tout cas la première piste de Mercedes.

"Nous pensons que la perte de gomme en n'ayant fait qu'un arrêt est un élément qui a contribué [à la perte de poids de la voiture], et nous allons travailler pour comprendre ce qu'il s'est passé", a précisé Andrew Shovlin, responsable de l'ingénierie de Mercedes, dimanche soir. "Nous n'allons pas chercher d'excuses cependant. Ce n'est clairement pas suffisant et nous devons nous assurer que cela ne se reproduira pas."

Perdre 1,5 kg de pneus peut paraître beaucoup, mais il ne s'agit que de 375 g pour chaque exemplaire, sachant qu'un pneu avant pèse 18 kg et un pneu arrière 21 kg. Pour Pirelli, cette théorie est donc crédible. "On en parlait il y a quelques jours, [la perte] devrait d'être d'environ 1 kg habituellement", a expliqué Mario Isola, responsable de la compétition du manufacturier italien.

George Russell, Mercedes F1 W15, vainqueur, et Sir Lewis Hamilton, Mercedes F1 W15, deuxième, dans le Parc Fermé

George Russell et Lewis Hamilton

Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images

Les équipes prennent en compte tous les éléments pour s'assurer d'avoir une monoplace au poids règlementaire à l'arrivée mais la particularité dans la situation de Russell est que Mercedes n'avait pas prévu de faire un seul arrêt. Il était donc difficile d'anticiper les calculs, d'autant plus que les outils ne permettent pas de prédire clairement dans quelle mesure un pneu va s'alléger.

"Chaque piste est différente, chaque situation est différente, et l'usure n'est pas linéaire", a expliqué Isola. "Cela dépend du degré d'attaque, et si l'équilibre est parfait, parce que cela userait les quatre pneus. L'usure volumétrique n'était pas énorme cependant ici [à Spa], parce que parfois on use juste le pneu sur la zone de l'épaule interne."

Parmi les éléments qui ont aggravé la situation, on peut citer l'absence de tour d'honneur à Spa. Les pilotes rentrent immédiatement dans la voie des stands, à contresens, et n'ont donc pas droit à l'habituelle phase de "pick up", en roulant sur les marbles, les morceaux de gomme hors trajectoire présents sur la piste, pour volontairement alourdir les pneus, même si Mercedes connaissait cette situation et l'avait probablement anticipée. Isola estime en tout cas que ce seul élément a pu faire la différence.

"Considérant qu'il est 1,5 kg sous le poids, si on ne parle que de pick up, il est possible de [gagner] 1,5 kg sur quatre pneus uniquement avec du pick up. Si on a beaucoup de pick up, pour [atteindre] 1,5 kg, il faudrait moins de 400 grammes sur chaque pneu. C'est un nombre qui est possible."

Mario Isola, directeur de la compétition, Pirelli Motorsport

Mario Isola

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

Un dernier élément qui a pu jouer est la décision prise vendredi soir d'abandonner un nouveau plancher, ce qui a pu causer des variations de poids. Mercedes a peut-être abordé la course en manquant de données sur ces changements puisque samedi, les pilotes n'ont pas roulé avec les pneus slicks en raison de l'arrivée de la pluie.

Une monoplace modifiée, une stratégie qui n'avait pas été anticipée, un relais très long, la nécessité de rouler à un rythme soutenu en fin d'épreuve pour conserver la première place, un degré d'usure difficile à anticiper, l'absence de tour d'honneur... Ce cocktail a pu jouer contre George Russell en course.

Dimanche soir, Toto Wolff en tout cas assuré que l'équipe n'avait "aucune excuse" et a assumé une "erreur", le patron de l'équipe préférant attendre les conclusions des analyses pour se prononcer plus clairement sur les causes de l'exclusion de Russell.

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