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Exclusif - Notre interview de Charles Leclerc avant le GP d'Italie

Dans une interview exclusive, Charles Leclerc s'est confié à Motorsport.com sur le lien particulier qui l'unit à Monza, de sa victoire en 2019 à la passion qui entoure Ferrari chaque année. Mais il s'est également penché sur le présent de la Scuderia et sa confiance dans le projet de Frédéric Vasseur.

Charles Leclerc, Ferrari avec Roberto Chinchero, journaliste Motorsport.com

Photo de : Alessio Morgese

Motorsport.com a rencontré Charles Leclerc à la veille des premiers tours de roue du Grand Prix d'Italie 2026 de F1, pour un entretien exclusif. Le voici en intégralité.

Si vous fermez les yeux et que vous repensez à Monza 2019, quelle est la première chose qui vous vient à l'esprit ?

La première chose, ce sont les supporters qui se lèvent lors des derniers tours. D'habitude, je ne me laisse jamais distraire par ce qui se passe dans les tribunes. Je reste toujours concentré sur la piste, car vous savez à quel point il est important de ne pas perdre sa concentration. Mais ce jour-là, je me souviens qu'il y avait une telle effervescence dans les tribunes que, pendant les trois ou quatre derniers tours, j'ai commencé à regarder autour de moi et j'ai pu voir la foule.

Puis j'ai des images de la bataille avec Lewis [Hamilton], et je me souviens que nous étions à la limite à plusieurs reprises. Et puis, il y a les souvenirs qui sont peut-être moins surprenants : la sortie de la voiture et le podium.

Lorsque vous vous préparez à venir à Monza, l'ambiance d'avant-course vous semble-t-elle un peu différente de celle des autres courses ?

Je pense que, inconsciemment, il y a quelque chose de différent. C'est une semaine tellement unique et exigeante, surtout d'un point de vue humain. Il n'y a pas de préparation différente, car nous nous préparons toujours du mieux possible, que ce soit pour Bakou, Singapour ou n'importe quel autre circuit. La préparation est toujours la même.

Mais certains signes montrent que Monza, c'est différent. Lorsque la semaine de Monza commence, j'essaie de déconnecter dès que je le peux. Même si je n'ai que dix minutes, je m'isole et j'essaie de récupérer un peu. C'est important, car c'est une semaine au cours de laquelle nous avons vraiment énormément de choses à faire.

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L'expérience aide, mais comment s'est passé votre premier Grand Prix de Monza en rouge, en 2019 ?

La semaine a été éprouvante, avant cette incroyable victoire. Je n'ai donc pas beaucoup dormi le dimanche soir et, dès le lundi, j'étais complètement épuisé. Je me souviens que lors de la course suivante, je ressentais encore les effets de l'intensité de Monza. Je n'avais pas encore complètement récupéré !

Quand on pense à la durée des saisons aujourd'hui, il est extrêmement important de ne pas accumuler de fatigue supplémentaire. Pendant la semaine de Monza, on ne ressent pas trop la fatigue car il y a tellement d'énergie positive autour de soi. Elle est tellement motivante que, sur le moment, on ne ressent pas vraiment la fatigue.

Seriez-vous prêt à être un peu fatigué lundi ?

À 100%. Même très, très fatigué. Il est vrai que le week-end suivant, nous avons Madrid, qui sera, je pense, un vrai défi, mais je suis prêt à prendre ce risque si cela signifie gagner à Monza.

"Ferrari est unique parce qu'elle dépasse la logique"

Charles Leclerc, Ferrari avec Roberto Chinchero, journaliste pour Motorsport.com.

Charles Leclerc, Ferrari avec Roberto Chinchero, journaliste pour Motorsport.com.

Photo de: Alessio Morgese

Mercredi, la Piazza Duomo de Milan a accueilli une foule immense. Les années passent et de nouvelles générations prennent la relève, mais l'image qui ressort toujours, c'est cette immense marée rouge.

C'est ce qui rend Ferrari unique : la marque transcende les générations. S'il y avait une explication, quelqu'un aurait déjà tenté de reproduire le phénomène auquel nous assistons tous, mais Ferrari est unique parce qu'elle dépasse la logique. Et c'est précisément ce qui fait sa beauté, ce qui rend Ferrari si spéciale.

Lorsque nous nous rendons sur la Piazza Duomo, comme nous le faisons chaque année, que les choses aillent mal ou bien, il y a toujours une immense marée rouge qui nous attend.

À force, s'y habitue-t-on ? Ça vous surprend-il encore ?

On ne s'y habitue pas du tout. La vie que nous menons tout au long de l'année n'est pas vraiment une vie normale, mais avec le temps, on s'habitue à bien des aspects de celle-ci. Nous savons que nous pouvons compter sur un soutien immense partout où nous allons dans le monde, et rien que ça, c'est quelque chose dont seule Ferrari peut se prévaloir.

Mais quand on arrive à Monza, eh bien, tout passe à la vitesse supérieure. C'est toujours un choc, surtout parce que Milan est une très grande ville, et quand arrive la semaine du Grand Prix, on a l'impression qu'elle s'arrête pour célébrer Ferrari avant tout. Et cela rend ce moment très spécial.

Cette année, la voiture sera beaucoup plus proche de celle que nous utilisons sur tous les autres circuits, ce qui rendra Monza un peu étrange, car le circuit perdra une partie de ce qui le rendait si particulier.

Monza avec la voiture de 2026, en quoi est-ce différent de ce à quoi vous étiez habitué ici ?

C'est différent, indéniablement, surtout sur un point. Monza a toujours été un circuit très difficile, en partie parce que, pour ce week-end, les voitures perdaient autant d'appui aérodynamique que possible, parfois même plus de 100 points d'appui. Les écuries retiraient toutes les ailettes possibles.

Cette année, cependant, la voiture sera beaucoup plus proche de celle que nous utilisons sur tous les autres circuits, ce qui rendra Monza un peu étrange, car le circuit perdra une partie de ce qui le rendait si particulier.

Avez-vous vu le trophée ?

Eh bien, j'adore l'Italie. J'adore vraiment l'Italie. Mais si je dois parler du trophée en lui-même, je ne peux pas dire qu'il m'ait particulièrement emballé. Mais…

Mais si on vous le remet dimanche…

Ça, aucun problème ! Mais au-delà du trophée, la véritable récompense pour celui qui s'impose à Monza, c'est de monter sur ce podium. C'est le plus beau moment de l'année. Donc, quel que soit le trophée qu'on me remette, je serai l'homme le plus heureux du monde.

Charles Leclerc après sa victoire à Monza en 2019.

Charles Leclerc après sa victoire à Monza en 2019.

Photo de: Alessio Morgese / Luca Rossini

Cette année, les pilotes ont beaucoup discuté de la nécessité de s'adapter à un type de voiture totalement nouveau. Même un champion peut-il être influencé par le type de voiture qu'il doit piloter ?

Un bon pilote, le meilleur pilote, doit s'adapter à n'importe quelle situation. Quels que soient la voiture, le moteur ou ses caractéristiques, il doit se démarquer. Si demain nous courions dans une autre catégorie, le meilleur pilote s'imposerait quand même, car il saurait s'adapter à ce dont il dispose.

Il est vrai que cette saison a apporté l'un des plus grands changements dans la carrière de chaque pilote. Je dis ça parce qu'il y a toujours eu certains concepts fondamentaux que nous avons appris enfants en karting et que nous avons gardés en tête pendant des années, et certains d'entre eux ne sont plus nécessairement valables aujourd'hui.

À la sortie d'un virage, on essaie toujours d'accélérer le plus tôt possible, mais cette année, on se rend compte que ce qu'on gagne à la sortie de virage, on le perd ensuite à la fin de la ligne droite. Au moins au début, c'était assez étrange.

Cela dit, je pense qu'il faut s'adapter, et c'est ce que j'ai fait au cours de trois week-ends de course où j'ai eu un peu de mal.

Leclerc croit "à 200%" dans le projet de Vasseur

Frédéric Vasseur derrière ses deux pilotes.

Frédéric Vasseur derrière ses deux pilotes.

Photo de: CHANDAN KHANNA / AFP via Getty Images

Comment évaluez-vous vos chances ce week-end ? Nous savons qu'une des Mercedes partira en fond de grille.

Tout est possible. Il y a tellement de scénarios envisageables, surtout dans une saison comme celle-ci. Nous l'avons vu à Silverstone, où nous nous attendions à être très loin derrière et où nous avons finalement réussi à gagner. À Spa, nous nous attendions à un week-end difficile et nous avons été très performants. En revanche, à Monaco et à Budapest, nous nous attendions à être performants et nous ne l'avons pas été.

Je pense qu'il est assez clair que cette année, si vous n'optimisez pas absolument tout, vous payez un prix plus élevé que lors des saisons précédentes.

Pour en revenir à Monza, Mercedes est sans aucun doute favorite et restera performante même avec la pénalité, mais je peux vous dire que nous avons travaillé très dur et que la voiture intègre quelques nouveautés qui, je l'espère, nous aideront à faire la différence.

En termes d'innovation et de nouvelles pièces que nous avons introduites, je pense que nous avons fait un énorme bond en avant.

Par rapport à la Ferrari de l'année dernière, y a-t-il un aspect de la voiture de cette année qui vous a surpris ? Une agréable surprise, peut-être ?

Plus qu'une caractéristique spécifique, c'est l'approche qui m'a surpris. En termes d'innovation et de nouvelles pièces que nous avons introduites, je pense que nous avons fait un énorme bond en avant. Et ce n'est pas le fruit du hasard. Cela vient du fait que tout le monde s'est efforcé d'optimiser absolument tout.

Nous avons également eu l'occasion d'adopter un point de vue légèrement différent dans l'interprétation du nouveau règlement, comme avec l'aileron Macarena ou la solution FTM. Ces innovations m'ont fait plaisir car, pour moi, c'est l'approche qui prime avant tout.

Lando Norris a prolongé son contrat jusqu'en 2030, tout comme Max Verstappen. Il semble que les pilotes ne souhaitent plus changer d'écurie. Y a-t-il une certaine peur du changement ?

Je ne peux pas me prononcer sur les choix des autres. Je ne connais pas les raisons qui les ont poussés à prendre ces décisions. En ce qui me concerne, non, ce n'est pas une peur du changement.

Comme je l'ai toujours dit, j'adore cette écurie, mais la décision de prolonger mon contrat va au-delà de cela. On ne peut pas choisir de rester dans une écurie si l'on ne croit pas au projet, et j'y crois vraiment.

Je suis ici depuis de nombreuses années maintenant et je travaille avec Fred [Vasseur] depuis quelques saisons. Il m'a expliqué sa vision et je le soutiens à 200%. Je suis convaincu que le travail que nous accomplissons portera ses fruits, et c'est pourquoi je suis toujours ici.

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