Pourquoi Leclerc pourrait offrir une aspiration à Hamilton à Monza
Alors que le phénomène d'aspiration est très important sur le tracé de Monza, Charles Leclerc a révélé qu'il pourrait en offrir une à son coéquipier Lewis Hamilton lors des qualifications du Grand Prix d'Italie.
Photo de : Michael Potts / LAT Images via Getty Images
Les qualifications du Grand Prix d'Italie devraient être particulièrement intéressantes à suivre. Sur le très rapide tracé de Monza, surnommé le "Temple de la vitesse", le phénomène d'aspiration a toujours joué un rôle important.
L'aspiration se produit lorsque deux F1 roulent l'une derrière l'autre : la voiture de devant écarte l'air, donc la voiture qui suit a donc moins de résistance aérodynamique à affronter et peut aller plus vite à puissance égale. Elle peut ainsi gagner plusieurs km/h dans une ligne droite, ce qui peut faciliter un dépassement ou lui faire gagner quelques dixièmes lors d'un tour de qualifications.
Il s'agit donc d'une arme redoutable le samedi, et elle le sera tout particulièrement ce week-end. Les pilotes pourraient ainsi chercher des aspirations à tout-va derrière leurs concurrents. Dans ce cas-là, la position en piste et le moment où les voitures sortent des stands ont une importance particulière. Le pilote qui se retrouve derrière une autre voiture peut grandement en bénéficier, surtout si la devancière décide de jouer le jeu.
Pour garantir une certaine équité entre leurs deux pilotes, les équipes instaurent parfois des règles afin que chacun puisse, à tour de rôle, bénéficier de la meilleure position en piste en qualifications. Chez Ferrari, qui évoluera devant son public, ce sera Lewis Hamilton qui aura l'avantage ce week-end.
"Pour l'aspiration, je pense que nous avons toujours eu la même philosophie au fil des années : une fois, c'est Lewis qui a la priorité pour choisir où il veut se placer pour commencer le tour, et le week-end suivant, c'est moi", expliquait Charles Leclerc, ce jeudi, devant les médias. "Ce week-end, Lewis aura la priorité, donc j'imagine qu'il choisira l'aspiration."
Charles Leclerc (Ferrari)
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Toutefois, alors que Kimi Antonelli avait évoqué la possibilité de jouer les "wingman" pour son équipier George Russell, puisqu'il n'a rien à gagner en qualifications, à l'image d'Isack Hadjar à Spa avec Max Verstappen, Charles Leclerc a assuré que, même si Hamilton a la priorité pour choisir sa position en piste, il ne sacrifiera pas entièrement sa qualification pour favoriser son équipier.
"En revanche, je ne pense pas que nous allons sacrifier une qualification pour favoriser l'autre. Cela n'arrivera probablement pas", a déclaré Leclerc. "Mais bien sûr, si nous pouvons nous aider mutuellement, en essayant de commencer le tour à la distance optimale l'un de l'autre, nous le ferons. De mon côté, j'essaierai de trouver l'aspiration d'une autre voiture, en espérant me placer dans la meilleure situation possible."
Les équipiers devront-ils s'entraider pour contrer l'effet yo-yo ?
Cette année, avec les nouvelles unités de puissance, l'aspiration pourrait également jouer un rôle encore plus important en course à Monza. Les longues lignes droites et les possibilités limitées de recharger la batterie vont mettre à rude épreuve la gestion de l'énergie. Profiter de l'aspiration permettra ainsi de compenser en partie le manque de puissance disponible.
Avec cette gestion de l'énergie particulièrement délicate à Monza, le risque de voir une "course en yo-yo" est également élevé. L'effet "yo-yo", c'est lorsque les écarts de vitesse entre les voitures évoluent fortement au fil des tours en fonction de la quantité d'énergie disponible.
L'effet "yo-yo" est l'une des conséquences du nouveau règlement qui agace les pilotes et les fans.
Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images
Par exemple, un pilote peut dépenser beaucoup d'énergie pour dépasser une ou plusieurs voitures. Il gagne alors une ou plusieurs positions, mais se retrouve ensuite avec une batterie moins chargée et devient beaucoup plus lent pendant les tours suivants car il doit la recharger. Les voitures qu'il vient de dépasser peuvent alors revenir et le dépasser à leur tour. L'effet ressemble donc à un yo-yo : on gagne du terrain, puis on en reperd, avant de recommencer.
Pour contrer ce phénomène particulièrement attendu ce week-end, les équipiers pourraient être amenés à s'entraider. Un point que Ferrari a étudié dans sa préparation du Grand Prix et qu'elle pourrait être amenée à mettre en pratique.
"Pour la course, c'est un point très pertinent", a déclaré Charles Leclerc. "Nous avons commencé à nous pencher dessus depuis plusieurs jours et à essayer de comprendre le phénomène."
"C'est aussi très difficile à prévoir, parce qu'une fois dans la voiture, tout paraît toujours assez simple vu de l'extérieur. Mais la différence peut parfois être aussi importante que cela, et il devient alors très difficile de réagir à la voiture qui vous précède."
"Ce n'est donc pas comme si l'on pouvait éviter la course en yo-yo dans une situation comme celle-ci. Nous allons simplement essayer de faire du mieux possible et de progresser."
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