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Ocon : La rigidité est un problème, pas seulement le marsouinage

Selon Esteban Ocon, la rigidité accrue des nouvelles monoplaces de Formule 1 est l'un des facteurs clés de la mauvaise tenue de route faisant souffrir les pilotes cette saison.

Esteban Ocon, Alpine A522

Il a été facile de comprendre à quel point le Grand Prix d'Azerbaïdjan a laissé des traces sur les pilotes. La plupart se sont extirpés difficilement de leur voiture et ont eu toutes les peines du monde à enchaîner les pas en raison des secousses subies pendant la course, d'une durée d'une heure et demie.

Lewis Hamilton s'est fait le plus entendre à ce sujet, le pilote Mercedes ayant régulièrement indiqué à son stand pendant la course que son dos souffrait énormément des bosses du circuit de Bakou, si bien qu'un message passé en fin de course ("le siège est devenu froid") a fait craindre le pire.

Classé dixième de l'épreuve, Esteban Ocon a lui aussi souffert, bien que le pilote Alpine ait assuré que ses douleurs n'étaient pas aussi fortes que celles de ses adversaires. "Ce n'était vraiment pas bon, surtout à la fin avec peu de carburant, ce qui m'a surpris. En gros, c'était plus brutal", a-t-il expliqué. "J'ai vu des pilotes dans un état pire que le mien à la fin de la course, on s'en tire probablement bien. Mais clairement, ce n'était pas agréable sur la fin."

Depuis cette année, les Formule 1 respectent un nouveau Règlement Technique, qui fait la part belle à l'effet de sol. Pour maximiser l'appui aérodynamique généré et obtenir de meilleures performances, les équipes adoptent des réglages extrêmes, en durcissant les suspension et en abaissant la hauteur de caisse au maximum, ce qui a pour effet de dégrader la tenue de route.

Le marsouinage, un phénomène déjà apparu dans les années 1970 avec les premières F1 à effet de sol, a fait son grand retour. En conséquence, la tête des pilotes bouge, énormément. Carlos Sainz et George Russell ont exhorté la FIA à agir pour atténuer les rebonds, néanmoins Ocon a estimé qu'ils étaient surtout dus aux réglages agressifs, qui facilitent le raclement du plancher contre le sol et ses imperfections.

"Je pense qu'aucun d'entre nous ne veut passer pour une diva ou se plaindre que les voitures sont trop dures à piloter mais nous devons nous rendre compte que ce n'est pas sain pour l'avenir", a-t-il ajouté au micro de Motorsport.com. "Pas le marsouinage nécessairement, je pense que c'est dû à la rigidité des voitures en général. Ce sont des gros coups dans la longue ligne droite et on ne peut pas préparer son corps pour ça. Il va y avoir des parties du corps douloureuses [lundi]."

Mais puisque le marsouinage touche les équipes de différentes manières (certaines étant même épargnées), le lobbying a d'ores et déjà commencé : Christian Horner, directeur de Red Bull, a affirmé que les pilotes recevaient des consignes de la part de leurs équipes pour exagérer le problème du marsouinage afin de faire plier plus facilement la FIA et obtenir un changement de règles en pleine saison.

"C'est toujours le cas bien sûr et si l'on peut en bénéficier et orienter les règles en faveur de l'équipe, alors on le fera", a commenté Ocon à ce sujet. "C'est comme ça que ça marche en F1 depuis des années. Mais c'est à la FIA et aux 'policiers' de dire ce que l'on peut ou ne peut pas faire pour le futur."

Propos recueillis par Adam Cooper

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