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Márquez certain que Gresini est la bonne équipe pour relancer la carrière de Mir

L'avenir dira si Joan Mir parviendra à s'inscrire dans la lignée de la réussite des frères Márquez chez Gresini. Mais, en attendant, Marc Márquez pressent que son compatriote va évoluer dans un environnement qui lui sera bénéfique.

Joan Mir, Honda HRC, Marc Marquez, Ducati Team

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Joan Mir suivra les traces de Marc Márquez la saison prochaine, en passant de l'équipe d'usine Honda au team Gresini qui lui fournira une Ducati. Une équipe satellite, dotée d'une moto recevant le soutien direct de l'usine : c'est même une organisation qui, sur le papier, apparaît plus favorable que celle dont a bénéficié le nonuple champion du monde lorsqu'il a couru pour l'équipe de Nadia Padovani.

Les parallèles opérés entre ces deux transferts ne sont pertinents que jusqu'à un certain point, en grande partie car les deux pilotes ne se trouvent pas dans la même situation et que les circonstances du championnat sont différentes elles aussi. Mir est cependant le premier à admettre qu'il a fait ce choix après avoir vu Márquez se relancer.

Il voit dans le parcours du Catalan un exemple pour lui, et a aussi observé l'épanouissement évident d'Álex Márquez et de Fabio Di Giannantonio. Tous ont trouvé dans cette équipe un environnement bénéfique, en plus de piloter une moto qui ne laisse aucun compétiteur indifférent. Cela a donc pesé dans son choix.

"J'ai regardé les résultats qu'ils ont fait là-bas", admet Joan Mir. "Tous les pilotes qui y sont passés ont eu du succès. Il est vrai qu'il va y avoir beaucoup de changements l'année prochaine  la moto, tout cela  mais je pense aussi qu'il y a une certaine garantie de performance."

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Après quatre ans sur la Honda, le pilote majorquin donne l'impression d'en avoir fait le tour, sans jamais être parvenu à retrouver les sommets. Bien conscient que le MotoGP oublie vite les succès du passé, il est poussé par son désir de se relancer sans plus attendre.

"Je pense que ce transfert se fait au bon moment. Je pense qu'au vu de la situation dans laquelle je me trouve actuellement, le team Gresini est la meilleure option que je pouvais avoir, alors je suis très content", se réjouit-il.

Bien que les détails de l'accord ne soient pas connus, il est probable que Joan Mir ait dû accepter une forte baisse de revenus. Malgré tout, ce choix l'enthousiasme, car il le voit comme sa meilleure option d'un point de vue sportif. "Quand on intègre une équipe satellite, on renonce à beaucoup de choses, comme vous pouvez l'imaginer. Mais c'est aussi un changement que je voulais faire", explique-t-il.

"Il est risqué, parce que quand on a un package compétitif, on s'expose, mais c'est un risque que je veux prendre. Je ne sais pas combien d'années il me reste en MotoGP, mais la réalité c'est que je vais avoir 29 ans et j'ai maintenant signé pour deux ans, alors je pense qu'il est temps que je redevienne compétitif. C'est le moment de le faire. Nos carrières ne sont pas très longues. Je suis très content. D'un point de vue sportif, c'est la meilleure opportunité que j'aurais pu avoir."

Je ne sais pas combien d'années il me reste en MotoGP, mais je vais avoir 29 ans, alors il est temps que je redevienne compétitif.

S'éloigner de la pression pour débloquer son talent

Pour Marc Márquez, ce choix du champion du monde 2020 est pertinent, et ce même s'il n'a connu que des équipes d'usine jusqu'à présent depuis qu'il a rejoint la catégorie reine. "Il est évident que Joan Mir est champion du monde, alors il peut faire ce qu'il veut, d'autant qu'il est super talentueux. Je me suis entraîné avec lui en motocross, en flat-track, avec la CBR, et il a beaucoup de talent", rappelle le pilote Ducati.

Le cauchemar dans lequel était plongé le pilote au numéro 93 quand il a emprunté cette voie avait débuté avec sa grave blessure au bras en 2020 et s'était amplifié avec la baisse notable des performances de la Honda. Celui d'Álex Márquez était également lié à la RC213V, qui l'avait presque dégoûté des Grands Prix courant 2022 alors qu'il courait sous les couleurs de LCR.

Joan Mir, Honda HRC

Joan Mir continue à beaucoup tomber avec la Honda.

Photo de : Pierre-Philippe Marcou / AFP via Getty Images

Joan Mir, lui, a un temps envisagé de tout arrêter à force de se heurter au caractère rétif de la Honda, moto qu'il a enfourchée par défaut lorsque Suzuki a soudain mis fin à son engagement dans le championnat. Mais après les progrès accomplis depuis la saison dernière, l'Espagnol a laissé entendre qu'il aurait souhaité rester en poste et que s'il s'est finalement avec Gresini, c'était par manque de considération de la part du constructeur.

Il n'en demeure pas moins qu'il n'a pas réussi à stabiliser sa courbe de résultats avec la moto japonaise et continue à beaucoup tomber en course - pas plus tard que dimanche dernier, en Allemagne. À en croire Márquez, il devrait donc bénéficier bientôt d'un environnement plus apaisé, avec moins de pression, et avoir alors les cartes en main pour relancer une dynamique positive.

"Parfois, ça dépend des personnalités et de plein de choses. J'ai le sentiment que Joan Mir va faire de très bonnes choses parce que courir, ça ne veut pas seulement dire piloter une moto. Courir, c'est aussi contrôler les moments, la pression, et dans une équipe satellite on a beaucoup moins d'argent mais aussi beaucoup moins de pression, et c'est parfois de ça qu'on a besoin à un moment donné dans sa carrière."

"Ça dépend. Parfois, on a besoin d'aller dans une équipe d'usine parce qu'on est prêt à le faire. Mais dans une équipe satellite, et en particulier dans l'équipe Gresini, que je connais très bien, il va trouver la bonne atmosphère pour simplement piloter et prendre du plaisir, qui est ce qu'il veut faire."

L'environnement nécessaire pour se relancer

Le team Gresini a accueilli coup sur coup Álex Márquez, de 2023 à aujourd'hui, et Marc Márquez en 2024. Lorsqu'il est demandé à ce dernier si l'équipe italienne aura été la plus importante pour sa famille, il refuse de tirer une conclusion aussi radicale. En revanche, il admet qu'elle a trouvé une place centrale dans son parcours et celui de son frère.

"Ça a évidemment été une équipe très, très importante. Dans ma carrière, chaque équipe a été importante. Repsol Honda l'a été, Gresini aussi et Ducati aussi. Par contre, il est vrai que le team Gresini a été beaucoup plus important pour Álex que pour moi, parce qu'il serait sorti du MotoGP", admet l'aîné de la fratrie.

"Il a parié sur Gresini, qui a parié sur lui, il a terminé deuxième du championnat l'année dernière, et l'année prochaine il va courir pour une équipe d'usine. Et le fait qu'Álex y soit a aussi été la raison principale pour laquelle j'ai fini chez Gresini. Donc ça a été beaucoup plus important pour Álex que pour moi, mais en ce qui me concerne, j'ai trouvé l'atmosphère qu'il fallait, avec la moto qu'il fallait  ça, je le savais déjà - pour progresser à nouveau et sortir de ce cauchemar."

Joan Mir, Team Suzuki MotoGP, avec son ingénieur Frankie Carchedi

Joan Mir va retrouver son ancien ingénieur, Frankie Carchedi.

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

C'est en tout cas une équipe dans laquelle Joan Mir va retrouver le chef mécanicien qui l'accompagnait lorsqu'il courait pour Suzuki, Frankie Carchedi. C'est avec lui qu'il a connu la victoire et le titre et il ne cache pas sa hâte à l'idée de retrouver leur osmose.

"Franchement, ça a joué une part importante dans ma décision d'y aller", admet la nouvelle recrue de Gresini. "On a eu beaucoup de succès dans le passé et on se comprend très bien mutuellement. Je pense que vous savez à quel point on se comprend !"

"Or, pour faire ce changement, on ne va pas avoir beaucoup de temps, alors ça fait toujours ça de gagné quand on se comprend bien avec son chef mécanicien. Je comprends Frankie, je sais ce qu'il fait à la perfection et aussi ce qu'il ne fait pas parfaitement  comme moi !  alors ça va être fun. J'ai hâte."

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