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Le dilemme de Pérez : se retirer, ou être poussé vers la sortie

De nombreux éléments laissent penser que la carrière de Sergio Pérez en Formule 1 prendra fin dans quelques jours. Retour sur ce que l'on sait de la situation délicate du pilote Red Bull avant le dernier Grand Prix de la saison.

Sergio Perez, Red Bull Racing

Photo de : Red Bull Content Pool

Alors que l'avenir de Sergio Pérez n'a jamais semblé aussi incertain, dimanche soir au Qatar, les patrons de Red Bull Christian Horner et Helmut Marko ont pour la première fois clairement donné l'impression que la décision était prise de leur point de vue.

"Nous nous efforçons de vraiment le soutenir jusqu'au drapeau à damier à Abu Dhabi", a déclaré Christian Horner. "Il est suffisamment mûr et sage pour savoir ce qu'il en est. Nous verrons où nous en serons après Abu Dhabi."

"Je vais laisser Checo tirer ses propres conclusions. Personne ne le force dans un sens ou dans l'autre, mais je vais le laisser... Ce n'est pas une situation agréable pour lui. [...] Il nous reste un Grand Prix cette année, alors nous mettrons tout en œuvre là-bas. J'espère qu'il pourra faire une bonne course pour terminer la saison à Abu Dhabi."

On a l'impression que Horner souhaiterait presque que Pérez se retire de lui-même. Et il est intéressant de noter qu'il parle au passé lorsqu'il dit : "Checo a apporté une contribution énorme à cette équipe en quatre ans : le titre mondial de Max [Verstappen] en 2021, le titre des constructeurs en 2022 et 2023. [...] Tout le monde a beaucoup d'estime et de respect pour Checo, mais il est évident que la situation dans laquelle nous sommes est aussi pénible pour lui que pour l'équipe."

Horner esquive élégamment les questions sur le sujet. Le fait que Pérez soit soudain censé prendre lui-même la décision est nouveau. Et si le pilote mexicain insiste pour honorer son contrat jusqu'en 2025 et veut absolument poursuivre ?

Clap de fin pour Sergio Pérez à Abu Dhabi ?

Clap de fin pour Sergio Pérez à Abu Dhabi ?

Photo de: Red Bull Content Pool

"Allons au bout à Abu Dhabi", commente simplement Horner, "puis nous verrons où nous en sommes." Cela soulève des questions et donne l'impression que Pérez a déjà été conseillé par Red Bull de se retirer de lui-même. Le dimanche avant la course, Horner, Marko et Pérez ont été photographiés lors d'une conversation à trois au cours de laquelle il a peut-être déjà été clairement indiqué que Red Bull ne voulait pas continuer avec lui.

Les questions auxquelles il faut encore répondre sont évidentes : quelle indemnité Pérez souhaiterait-il recevoir pour signer un accord de résiliation et ne pas bénéficier d'un volant en 2025 ? Red Bull préférerait probablement qu'il accepte l'offre financière proposée dans les prochains jours. Il recevrait alors des adieux dignes de ce nom à Abu Dhabi.

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Tout cela n'est que spéculation pour l'instant. Le fait est qu'Helmut Marko ne parle plus de Pérez, mais répond volontiers lorsqu'il s'agit de savoir qui devrait prendre place dans la deuxième Red Bull l'année prochaine. Le nom de Franco Colapinto, dit-il, n'est "pas en haut de la liste". Et lorsqu'on lui demande si Yuki Tsunoda et Liam Lawson sont plus probables, Marko répond : "Je dirais que oui."

"Il y a une réunion lundi après Abu Dhabi et toutes les personnes importantes seront présentes, tous les actionnaires, et une décision sera prise", a expliqué Marko à Viaplay. "Nous avons toujours − ou la plupart du temps − amené nos propres pilotes à travers le programme Red Bull et je pense que c'est une décision philosophique : est-ce que nous devons nous en tenir à cela ?"

Lawson en tête de liste ?

Une déclaration qui ne confirme rien, mais qui suggère la chose suivante : la décision sur le successeur de Pérez sera prise entre Tsunoda et Lawson. Et comme Horner, en particulier, ne serait pas convaincu que Tsunoda est l'homme de la situation pour Red Bull Racing, il semble que Lawson soit le candidat le plus probable en l'état actuel des choses.

En relation avec les rumeurs concernant Pérez, Marko fait également référence au championnat des constructeurs, qui a finalement été perdu au Qatar et dont la victoire a été synonyme de primes considérables pour les employés au cours des dernières années. "Il est bien sûr difficile de ne pas avoir le soutien ou la confiance des gens qui travaillent pour vous", a déclaré Marko.

Horner a également reconnu que les mécaniciens n'étaient pas satisfaits d'avoir été une équipe ayant quasiment fonctionné avec une seule voiture en 2024 : "Nous avons gagné neuf Grands Prix cette année, contre cinq pour les autres équipes [McLaren et Ferrari]. Ces neuf victoires ont été remportées par Max, alors que toutes les autres équipes se sont partagé les succès entre deux pilotes."

"Et je pense que si nous sommes troisièmes − nous avons encore une demi-chance d'être deuxièmes, mais c'est très loin d'être gagné −, ce sera très frustrant parce que c'est évidemment de là que viennent les revenus financiers."

Sergio Pérez a connu une saison 2024 plus que compliquée avec Red Bull.

Sergio Pérez a connu une saison 2024 plus que compliquée avec Red Bull.

Photo de: Red Bull Content Pool

Red Bull préférerait probablement travailler avec Pérez, car rompre son contrat prématurément pourrait coûter cher. Horner ne serait pas très satisfait de Tsunoda, et Lawson n'a que dix Grands Prix à son actif. Une année supplémentaire de Pérez avec Red Bull aurait en fait été l'option la plus logique.

Mais avec une balance de 152 points contre 429 pour Verstappen, Pérez est effectivement difficile à conserver, objectivement. Et le Qatar n'a rien fait pour dissiper les doutes sur ses performances. Tout a commencé avec le sprint samedi, où il a même été dépassé par Franco Colapinto au départ de la voie des stands, une scène qui lui a valu beaucoup de railleries sur les réseaux sociaux.

Samedi soir, Pérez a expliqué que partir en dernier était intentionnel afin de tester les réglages pour la course dans un "air propre". Une explication confirmée par les images de bord, où l'on peut voir comment Pérez reste apparemment délibérément en retrait et zigzague même, comme s'il se préparait à une séance d'essai.

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Dans ce contexte, le silence des dirigeants de l'équipe sur le fait que le départ lent de son pilote était planifié sème la confusion. Horner, interrogé explicitement par les journalistes sur les déclarations de Pérez, dit même tout le contraire : "Nous l'avons envoyé en bout de pitlane sept minutes avant Colapinto, et il y avait une raison à ça."

Et puis il y a eu l'incident malheureux de la course elle-même, lorsque Pérez a tout simplement fait un tête-à-queue pendant une intervention de la voiture de sécurité et a ensuite perdu l'embrayage en essayant de remettre la voiture sur la piste. Horner n'a fait qu'un commentaire à ce sujet : "Il est évident que la situation dans laquelle nous sommes est aussi pénible pour lui que pour l'équipe."

Adieux en héros, ou départ par la petite porte

Après le tête-à-queue, Pérez a annoncé par radio qu'il avait "perdu de la motricité", ce que l'équipe n'arrivait toujours pas à comprendre dimanche soir : "Nous sommes en train d'enquêter sur la défaillance exacte, mais il semble que, manifestement, il est parti en tête-à-queue puis, en lâchant l'embrayage, celui-ci a pris trop de température."

Pour Pérez, 2024 a été "une année difficile". Lui-même semble faire le point sur sa situation. "Les choses ne s'arrangent pas. Je pense que nous avons beaucoup appris de cette épreuve sprint, qui était formidable, formidable à voir. Et je pense qu'à partir de là, il y a beaucoup de choses que nous allons analyser et comprendre dans notre voiture."

Ce que Pérez possède toujours, et c'est une chose que Red Bull lui reconnaît, c'est la capacité de se mettre au service de l'équipe. Comme il l'a fait lors du sprint, lorsqu'il s'est porté volontaire pour servir de cobaye afin de tester les réglages, un élément important dans la victoire de Verstappen dimanche. Peut-être son dernier grand acte avant les adieux ?

Une chose est sûre : si Pérez décide de se retirer cette semaine de sa propre initiative, Red Bull l'enverra à la retraite à Abu Dhabi en grand héros, en lui offrant une grande fête d'adieu devant des millions de téléspectateurs. Mais s'il s'en remet à la décision des actionnaires lundi, il s'agira probablement d'un adieu discret, et ingrat, à la Formule 1.

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