F1 2026 : les premières surprises et déceptions de la saison
La plupart des équipes et des pilotes de Formule 1 abordaient la nouvelle ère de la discipline avec de grandes attentes. Mais entre ceux qui ont confirmé et ceux qui ont déçu, qui tire réellement son épingle du jeu ?
Photo de: Peter Fox
De nombreuses équipes abordaient la saison 2026 de Formule 1 avec beaucoup d'attentes, d'autant plus qu'elles avaient elles-mêmes affiché publiquement leur ambition de marquer fortement cette nouvelle ère du championnat.
Celles qui avaient déjà connu le succès cherchaient à le prolonger, tandis que celles en manque de résultats espéraient tirer parti de ce nouveau cycle réglementaire pour repartir de l'avant.
Il n'était pas totalement surprenant de voir Mercedes s'imposer d'emblée aux avant-postes : les discussions en amont de 2026 laissaient déjà entendre que l'écurie de Brackley était en bonne voie pour retrouver les sommets, comme c'était le cas avant 2022.
De la même manière, la présence de Cadillac en fond de grille ne constituait pas une surprise majeure : la marque américaine a bâti son projet entièrement de zéro, ce qui rend déjà remarquable le fait de ne pas être trop distancée par les équipes établies.
D'autres, en revanche, affichent un net changement de dynamique par rapport à la saison précédente. À travers le prisme des essais hivernaux, ces exemples ne relèvent pas forcément de la surprise totale, mais la comparaison avec 2025 permet de mieux mesurer leurs progrès - ou, au contraire, leurs difficultés - jusqu'ici.
Les surprises
- Kimi Antonelli
Après un super début de saison 2026, Kimi Antonelli est devenu le plus jeune leader du championnat de l'Histoire de la F1.
Photo de: Alex Bierens de Haan / Getty Images
Certains estiment que les rookies devraient être capables de s'adapter immédiatement à la Formule 1 et de performer de manière constante dès leurs débuts. En réalité, un pilote a besoin d'au moins une saison pour surmonter ses erreurs et prendre pleinement ses marques. C'est surtout la deuxième année qui compte, celle où l'on attend une nette progression et une capacité à courir sans le choc d'une découverte permanente des circuits.
Kimi Antonelli illustre parfaitement l'importance de la patience. Si l'Italien s'était déjà distingué lors de ses premiers Grands Prix l'an dernier, des erreurs de jeunesse et un certain manque de réussite ont marqué sa saison, notamment durant la phase européenne du championnat.
Après l'introduction d'une pièce sur la Mercedes en milieu de saison qui lui avait fait perdre ses repères, Antonelli a retrouvé un terrain plus familier et signé plusieurs prestations solides en fin d'année, dont une remarquable troisième place à Las Vegas.
Fort d'un mélange désormais plus complet d'expérience et de confiance, Antonelli a entamé la saison 2026 de manière très convaincante. On peut certes estimer qu'une partie de ses résultats s'explique aussi par les contretemps rencontrés par son coéquipier George Russell, mais le Kimi Antonelli du début 2025 n'aurait probablement pas su saisir ces opportunités.
De manière générale, la génération de rookies 2025 affiche une nette progression en ce début de nouvelle saison. Oliver Bearman a été impressionnant lors des deux premières manches et occupe la septième place du championnat, Isack Hadjar a même dominé son équipier Max Verstappen en qualifications, tandis que Gabriel Bortoleto a signé plusieurs performances encourageantes, malgré des perte de positions récurrentes liées aux difficultés d'Audi en début de course.
- Alpine et Haas
Alpine et Haas sont les équipes du milieu de grille qui sortent du lot en ce début de saison.
Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
Après trois courses, Haas et Alpine occupent respectivement les quatrième et cinquième places du championnat constructeurs. Pour Alpine, il s'agit d'un véritable renversement de situation : après avoir longtemps fermé la marche du classement la saison dernière, l'écurie franco-anglaise a choisi de réduire très tôt ses efforts sur 2025 pour concentrer ses ressources sur le projet 2026.
Un choix qui, jusqu'ici, s'avère payant. La nouvelle A526 s'est montrée compétitive lors des essais hivernaux avec son nouveau moteur Mercedes, même si un week-end difficile à Melbourne n'avait pas encore confirmé les progrès attendus en performance pure.
Depuis, l'équipe s'est installée dans le cœur du peloton grâce notamment à Pierre Gasly, toujours aussi performant. Le Français s'est qualifié septième lors des deux dernières courses et a déjà inscrit les deux tiers de son total de points de la saison précédente.
Franco Colapinto a également ouvert son compteur, même s'il lui a fallu un peu plus de temps pour s'adapter à sa nouvelle monoplace. Le train avant de l'Alpine de cette année constitue en effet un point plus délicat, et ne correspond pas encore totalement aux préférences de l'Argentin.
De son côté, Haas affiche également une forme remarquable, d'autant plus notable que l'équipe a terminé le développement de sa monoplace tardivement en 2025. La direction d'Ayao Komatsu continue de porter ses fruits, permettant à l'écurie d'optimiser au mieux ses ressources limitées face à des structures autrement mieux dotées.
Comme évoqué, Oliver Bearman avait parfaitement lancé sa saison, même si le week-end de Suzuka a été plus compliqué pour le Britannique. Esteban Ocon a toutefois pris le relais en marquant de précieux points, permettant à Haas de conserver sa place dans le top 4 du championnat.
- Le moteur Red Bull-Ford
Arvid Lindblad a courageusement défendu sa position face à Max Verstappen au GP du Japon.
Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images
Les rumeurs indiquent que la première version du moteur Red Bull Powertrains serait si performante qu'elle ne serait pas autorisée à recevoir de mises à jour lors de la première phase de développement du système ADUO.
Pourtant, malgré un effectif composé de nombreux ingénieurs expérimentés recrutés chez d'autres motoristes, le programme Red Bull-Ford a d'emblée posé des bases solides, avec des performances de son système électrique particulièrement saluées par plusieurs concurrents.
La délivrance de puissance et les vitesses de pointe se situent dans le haut du peloton, plaçant ce groupe propulseur entre Mercedes et Ferrari en termes de performance pure.
Les Racing Bulls, en particulier, se sont révélées extrêmement difficiles à dépasser pour les autres équipes du milieu de grille, offrant ainsi à Liam Lawson et Arvid Lindblad une plateforme idéale pour démontrer leur valeur en piste. De son côté, Red Bull affiche également une vitesse de pointe très solide depuis le début de la saison.
"Nous avons une bonne unité de puissance. Le moteur est bon", a résumé Isack Hadjar après le Grand Prix du Japon. La suite de son analyse, en revanche, sera développée dans la prochaine section…
Les déceptions
- Red Bull
Max Verstappen n'est que 9e du championnat pilote avec seulement 12 points inscrits.
Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images
Isack Hadjar a donc poursuivi : "Le châssis est catastrophique. On est simplement lents dans les virages, pour une fois." En effet, piloter la RB22 donne l'impression de tenter de maîtriser une machine totalement incontrôlable, au point que Max Verstappen apparaît particulièrement démotivé, la monoplace ayant perdu la netteté de l'avant à laquelle il était habitué.
Comme évoqué, la vitesse de pointe ne constitue pas un problème majeur. En revanche, la RB22 souffre nettement dans les virages et en motricité. Les données GPS montrent qu'en comparaison avec l'Alpine de Pierre Gasly, la Red Bull affiche des vitesses minimales bien plus faibles en courbe et peine à trouver de la traction en sortie de virage.
Lorsque les pilotes utilisent les phases de déploiement, le couple disponible permet toutefois de compenser partiellement ces faiblesses, comme en témoigne la remontée en vitesse de Verstappen à la sortie du virage de Spoon à Suzuka. Mais dans les enchaînements rapides des Esses, où les monoplaces roulent principalement sur le moteur thermique, la Red Bull n'arrive pas à exploiter efficacement sa puissance.
L'équipe traverse par ailleurs une profonde période de transition : plusieurs figures majeures de longue date - Christian Horner, Adrian Newey, Jonathan Wheatley et Helmut Marko - ont quitté l'organigramme, tandis que le départ de Gianpiero Lambiase vers McLaren a été confirmé. Laurent Mekies hérite ainsi d'un chantier colossal s'il veut ramener l'équipe au premier plan.
- Williams
Williams est à la peine en ce début de saison 2026.
Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images
Comme Alpine, Williams a fait le choix de réduire au minimum son développement de la saison 2025 afin de concentrer ses efforts sur 2026. Contrairement à l'équipe franco-beirannique, l'écurie de Grove a toutefois été beaucoup plus transparente sur cette stratégie, ajoutant une pression supplémentaire sur le projet mené par James Vowles, alors que ses réformes internes visent à moderniser une structure autrefois glorieuse.
Pourtant, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous. Malgré un discours volontairement optimiste, tout laisse penser que Williams a initialement tenté d'adopter une approche plus agressive sur le plan du châssis, avant de devoir ajouter du lest dans la cellule de survie afin de passer les crash tests.
Ce surplus de poids a coûté quelques dixièmes en qualifications, mais ce n'est pas le seul problème de la FW48 : la monoplace a tendance à "décoller" dans les virages à faible adhérence et manque également d'un léger appui aérodynamique face à ses rivales du milieu de grille.
L'équipe a donc encore beaucoup de travail pour corriger le tir. Si Vowles a déjà accompli un travail remarquable dans la reconstruction de Williams après des années de sous-performance, naviguer dans cette mer agitée constituera un véritable test de sa capacité à maintenir le cap.
- Aston Martin - Honda
Le début de saison d'Aston Martin est désastreux.
Photo de: James Sutton / Formula 1 / Formula Motorsport Ltd via Getty Images
Rapporté au potentiel de chaque équipe, il s'agit probablement de la plus grande mauvaise surprise de la liste. La longue série de problèmes du package actuel d'Aston Martin a largement été documentée : une monoplace qui vibre comme une brosse à dents électrique, un moteur en manque de puissance, un système ERS peu efficace dans la récupération d'énergie, et un design qui semble prometteur mais qui manque cruellement d'équilibre. Sans parler d'un niveau de performance élevé encore jamais véritablement exploré.
L'arrivée tardive de la première Aston Martin conçue sous l'impulsion d'Adrian Newey lors des essais de Barcelone est rapidement passée au second plan, éclipsée par l'apparente réussite visuelle de l'AMR26. Certains esprits cyniques pourraient toutefois estimer que l'effet Newey a contribué à gonfler les attentes autour du projet. L'équipe aurait pu dévoiler un simple parpaing vert que certains s'enthousiasmeraient déjà de sa seule présence…
En l'état, les Aston Martin peinent même à devancer les Cadillac en qualifications, tant le malaise est profond au sein de l'écurie. Fernando Alonso a offert à l'équipe son premier résultat de la saison en passant la ligne d'arrivée au Japon, mais l'impression générale demeure celle d'un ensemble encore très loin d'être abouti.
Le développement du nouveau groupe propulseur Honda a débuté plus tard que chez les autres motoristes, et la nouvelle monoplace accuse au moins trois mois de retard sur ses concurrentes. La pause en cours tombe donc à point nommé pour permettre à l'équipe de se recentrer, plutôt que de subir une nouvelle déconvenue à Bahreïn et en Arabie saoudite.
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