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Martín pense ne pas avoir la "responsabilité" du titre

Jorge Martín a opéré un retour en force au championnat et rêve, bien sûr, de remporter le titre MotoGP. Mais en tant que pilote satellite, il estime ne pas être le premier candidat pour cela.

Jorge Martin, Pramac Racing

À l'heure où le championnat entre dans sa dernière ligne droite − certes, chargée avec huit Grands Prix en deux mois et demi −, Jorge Martín chercher à ne pas se laisser atteindre par la pression. Aussi, malgré le retour en force qu'il a opéré au classement général, entre autres grâce à son carton plein de Misano, il a quitté l'Italie en affirmant ne pas sentir de responsabilité par rapport au titre vers lequel, comme les autres, il court.

Après avoir remporté la course sprint du Mans, le pilote espagnol a réalisé le doublé en Allemagne, prouesse qu'il a rééditée à Misano, cette fois en décrochant également la pole position et en bouclant l'intégralité des tours de course en tête. Sur les terres de Pecco Bagnaia, il a fait passer l'écart entre eux de 50 à 36 points et s'est affirmé un peu plus encore comme un sérieux candidat.

"Je pense qu'il n’est pas de ma responsabilité de remporter le championnat pour Ducati", a cependant prévenu le pilote Pramac Racing, interrogé sur ses chances par le site officiel du MotoGP. "C'est sûr que si j'en ai la possibilité, je la saisirai mais je suis un pilote satellite, pas un pilote d'usine. Mon jour viendra, quand j'aurai cette place, mais je n'y suis pas encore. Je pense que la clé est de profiter de ce moment quand on gagne et je vais le faire. Mon moment pour remporter des championnats, quand je serai pilote d'usine, viendra vite."

"Ça dépend de moi de remporter le championnat, et c'est aussi mon rêve", a-t-il repris ensuite. "Je dis juste que je n'ai pas la responsabilité de le faire en n'étant pas pilote d'usine. Mais si je peux le faire, je le ferai ! En ce moment, je ne suis pas obsédé par ça. Je sens que mon jour viendra et j'espère que je serai vite pilote d'usine, c'est tout."

La position du pilote espagnol a suscité les réactions amusées de ses opposants, le week-end dernier. "S'il pense ça, il peut me laisser m'échapper !" a notamment fait remarquer Bagnaia, qui ne serait pas contre une concurrence moins pressante. Mais le champion en titre sait que Martín n'est pas près de s'incliner : "Sa mentalité est de gagner. Il a démontré des choses incroyables ce week-end, que seuls quelques pilotes peuvent faire. Seuls des pilotes qui veulent remporter le championnat peuvent faire ça."

Et reprenant l'ironie : "Il a de la pression, beaucoup, beaucoup ! Comme on dit en Italie, on va lui couper les robinets ! Si on voit qu'il est trop proche, on lui fermera un peu les gaz !" Et Marco Bezzecchi de se mêler à l'échange, goguenard : "C'est moi qui n'ai vraiment pas de pression !"

Cette bonne ambiance dans le clan Ducati, c'est précisément ce que Gigi Dall'Igna saluait cette semaine dans une interview pour la Gazzetta dello Sport. "Il faut être suffisamment intelligent pour distinguer ce qui se passe en piste de ce qui se passe dans le monde réel", soulignait le patron de Ducati Corse. "Le risque que quelque chose puisse être gâché existe toujours, mais j'espère que ça n'arrivera pas. Actuellement, c'est vraiment agréable de travailler avec eux. Le fait précisément qu'aucun d'eux ne soit l'ennemi de l'autre, cela donne de la sérénité."

Et d'observer : "Martin semble ne rien prendre au sérieux. Pecco est l'exact opposé : pour lui, tout est important et doit être bien défini. De Bezzecchi, j'apprécie sa sympathie envers le monde."

Jorge Martin, Pramac Racing

Pecco Bagnaia garde un œil sur Jorge Martín, revenu à 36 points au championnat.

"Je pense que tout le monde peut le gagner. Ça dépend de toi, tu dois attaquer, travailler dur", a ajouté Bagnaia, évoquant les chances des uns et des autres au championnat. "Je pense que Jorge n'a pas à subir la pression, il doit être détendu, comme il le fait", a-t-il poursuivi, soulagé d'avoir limité sa perte après son accident terrifiant à Barcelone une semaine plus tôt. "C'est sûr que ce sera une belle bagarre. Oui, on a perdu des points mais on a perdu 14 points et pas 37. C'est la chose dont je suis le plus fier parce qu'il aurait été plus facile de baisser un peu les bras et de se contenter de rallier l'arrivée, mais on a réussi à faire une belle course et je suis content."

Objectif qualifications pour gonfler ses chances

Pour rester sur cette pente ascendante, Martín a en tout cas l'intention de confirmer les progrès qui ont été les siens en qualifications, rendez-vous plus que jamais essentiel dans le week-end. Alors qu'il maîtrise bien l'exercice, ayant décroché cinq pole positions la saison dernière, il lui a fallu attendre ce rendez-vous de Misano pour se positionner à nouveau à l'avant de la grille de départ.

"Toute la saison, quand j'ai été devant en qualifications, je me suis battu pour des podiums ou la victoire. C'est dommage qu'à Assen, à Silverstone et en Autriche, je sois parti derrière parce que je pense que j'aurais pu me battre pour la victoire puisque mon rythme était aussi bon que ceux de Marco ou Pecco. Peut-être que ça m'a fait perdre des points et de bonnes postions."

"Je sens que j'ai été rapide dans toutes les courses et que je pourrai me battre pour la première ligne jusqu'à la fin de la saison", a-t-il ajouté, confiant pour les semaines à venir alors qu'il n'a jusqu'à présent obtenu que trois départs de la première ligne cette saison, dont cette première pole à Misano.

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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