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Interview

Avenir de Verstappen : le patron de la F1 évoque des échanges "constructifs"

Stefano Domenicali espère que Max Verstappen restera en Formule 1 après ce qu'il a qualifié de discussions "constructives". Le président de la F1 souligne qu'une approche conflictuelle ne profite à personne, rappelant que la discipline dépasse, au final, les individualités.

Max Verstappen, Red Bull Racing

Photo de: Marcel van Dorst / EYE4images / NurPhoto via Getty Images

L'introduction du tout nouveau règlement technique met en lumière un équilibre délicat entre l'expansion mondiale de la Formule 1 et les attentes des fans les plus puristes.

Si la F1 met en avant des indicateurs globalement positifs - qu'il s'agisse de l'affluence sur les circuits ou des audiences télévisées - les passionnés historiques, tout comme plusieurs pilotes, se montrent plus critiques, notamment concernant le recours au lift-and-coast et au super clipping.

Parmi les pilotes, Max Verstappen s'est montré le plus virulent. Le pilote Red Bull avait déjà mis en garde contre cette orientation lors du Grand Prix d'Autriche 2023, juste après son premier passage au simulateur avec les nouvelles monoplaces, et ses critiques ne se sont pas atténuées depuis.

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L'an dernier, le Néerlandais a même indiqué en interne à son équipe qu'il ne souhaitait pas travailler sur la voiture de 2026 au simulateur pendant plusieurs semaines. Lorsque ces nouvelles voitures ont pris la piste à Bahreïn, Verstappen les a d'ailleurs qualifiées de "Formule E sous stéroïdes".

Depuis, le quadruple champion du monde a été invité, de manière plus ou moins explicite, à exprimer ses réserves dans un cadre plus approprié. Une approche qu'il semble avoir adoptée, du moins en partie, lors du week-end du Grand Prix du Japon.

Ne pas perdre de vue le "point de départ"

Dans ces discussions en coulisses, Stefano Domenicali, patron de la F1, assure que, malgré son franc-parler, Max Verstappen adopte une approche constructive, réfléchissant à des améliorations possibles à court comme à long terme.

"Vous me connaissez, j'ai beaucoup de respect pour Max. Nous échangeons souvent et, bien sûr, il a des opinions très tranchées sur ces sujets", a déclaré l'Italien lors d'un entretien exclusif avec Motorsport.com.

VIDÉO - Entretien exclusif avec Stefano Domenicali, patron de la F1

Dans ces échanges avec les pilotes comme dans le débat public, le dirigeant italien insiste sur la nécessité de garder en tête le contexte dans lequel ces règlements ont été élaborés - ce qu'il appelle le "point de départ".

"Il faut se rappeler pourquoi nous en sommes arrivés à ce règlement. Sinon, on oublie le point de départ - et si vous commencez au milieu de la course, vous manquez le départ. C'est aussi simple que ça. Certains points sont valables, et c'est justement pour cela que nous sommes là : pour les améliorer ensemble."

Ce "point de départ" renvoie à la réalité politique et industrielle au moment de la définition de ces règles. À cette période, l'industrie automobile s'orientait massivement vers l'électrification, poussant la Formule 1 à suivre cette direction, notamment pour rester pertinente auprès de constructeurs comme Audi ou Honda.

Depuis, le contexte a évolué. Stefano Domenicali s'attend ainsi à ce que le prochain cycle réglementaire adopte une approche différente, avec un rôle accru des carburants durables et du moteur thermique.

"À titre personnel - même si c'est bien sûr à la FIA de faire des propositions - je vois clairement un avenir où les carburants durables occupent une place centrale, avec un équilibre différent entre électrification et moteur thermique puissant."

Max Verstappen (Red Bull)

Max Verstappen (Red Bull)

Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images

Pour l'heure, la situation reste inchangée, et ce contexte a également été partagé avec Verstappen : "Je pense qu'il comprend qu'il y a une vision d'ensemble. On peut aimer certaines choses plus que d'autres, mais il faut garder à l'esprit qu'il existe des raisons à ces choix."

"La F1 est plus grande que chacun d'entre nous"

Cette déclaration soulève deux questions : d'abord, ce qui peut encore être ajusté dans le cadre du règlement actuel - au-delà d'éventuelles modifications de la gestion de l'énergie avant le Grand Prix de Miami -, puis la manière dont un pilote comme Max Verstappen peut contribuer en coulisses.

"C'est une bonne chose qu'il pousse pour faire évoluer les choses", a poursuivi Stefano Domenicali. "Mais nous avons aussi dit que, s'il y a des demandes, elles doivent être exprimées de la bonne manière, dans le bon cadre, car c'est la nature de notre sport. Je ne serai jamais dans la confrontation. Ce n'est pas mon style et, au final, cela n'apporte de valeur à personne."

Selon l'Italien, cette position s'explique aussi par le fait que la discipline dépasse les individualités. Un message qui ne s'adresse pas uniquement à Verstappen, mais à l'ensemble des acteurs de la Formule 1.

"La discipline est plus grande que chacun d'entre nous, sans exception. C'est quelque chose que tout le monde doit garder en tête. Cela vaut pour tout le monde. La Formule 1 en est à sa 76e année. J'ai vu des dirigeants, des pilotes, des ingénieurs extraordinaires, des personnalités fortes… mais la F1 reste solide et tourné vers l'avenir."

Domenicali reconnaît que les réactions - notamment aux Pays-Bas - peuvent être vives, mais rappelle que la F1 doit avant tout considérer sa dimension mondiale "Il est normal que, dans un pays où 99% des fans soutiennent Max, les réactions soient plus marquées, et c'est parfaitement compréhensible. Mais nous sommes un sport mondial, avec 900 millions de fans. Il faut donc garder à l'esprit l'ampleur de notre audience."

Stefano Domenicali dans le paddock du GP d'Azerbaïdjan 2025.

Stefano Domenicali dans le paddock du GP d'Azerbaïdjan 2025.

Photo de: Kym Illman / Getty Images

Enfin, au-delà de cette vision globale, il souligne un autre élément essentiel dans les discussions autour des règlements : la gouvernance et les procédures nécessaires pour faire évoluer les règles.

"La gouvernance de la Formule 1 n'est pas l'affaire d'une seule personne. Ce n'est ni un homme ni une femme qui décide seul. C'est un système dans lequel les décisions doivent être discutées et votées collectivement. Et c'est exactement là où nous en sommes aujourd'hui."

Pourquoi une approche "négative et conflictuelle" n'aide pas

Selon Stefano Domenicali, la situation actuelle ne constitue pas un point final, mais s'inscrit dans un dialogue continu. Une nouvelle étape doit intervenir le 20 avril prochain, lorsque les directeurs d'équipe échangeront sur d'éventuels ajustements en vue du Grand Prix de Miami.

Les discussions se poursuivront ensuite, notamment autour d'un sujet régulièrement évoqué par Max Verstappen ces dernières semaines : la possibilité de changements plus profonds à l'horizon 2027. Pour le PDG de la Formule 1, l'essentiel est que ces échanges restent constructifs.

"C'est pourquoi je tiens à le dire clairement : il ne faut pas adopter une approche négative et conflictuelle, car cela n'aide pas le sport. Cela n'apporte aucune valeur. Si certains aiment ce type de polémiques, ce n'est pas ce dont nous avons besoin. Ce n'est pas bon pour la discipline."

Max est quadruple champion du monde. C'est un pilote exceptionnel, l'un des meilleurs, peut-être le meilleur. J'espère sincèrement qu'il restera.

Max Verstappen et Stefano Domenicali lors du GP de Chine 2026.

Max Verstappen et Stefano Domenicali lors du GP de Chine 2026.

Photo de: Marcel van Dorst / EYE4images / NurPhoto via Getty Images

"Je ne fais jamais rien qui puisse nuire au sport, car je pense qu'avec mon expérience, je sais éviter certains pièges - qui peuvent offrir de la visibilité, mais qui ne servent pas les objectifs à moyen et long terme."

Dans cette perspective, Stefano Domenicali espère convaincre Max Verstappen de rester en Formule 1, une confiance qu'il avait déjà affichée à Bahreïn. "Et je ne change pas d'avis", a-t-il souri lorsqu'il a de nouveau été interrogé à Londres.

"Max est quadruple champion du monde. C'est un pilote exceptionnel, l'un des meilleurs, peut-être le meilleur. J'espère sincèrement qu'il restera. L'adrénaline que l'on trouve en Formule 1 est unique, et c'est pour cela que j'espère vraiment qu'il continuera."

"Mais je ne peux pas en dire davantage. Comme je l'ai dit, il faut rester constructif, même si, dans certaines situations, certains peuvent se laisser emporter par l'émotion - ce dont notre sport n'a pas besoin."

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