Défi édulcoré ou exercice "intéressant" ? Les pilotes évoquent Spa version 2026
L'actuel champion du monde de F1, Lando Norris, s'attend à un défi moins relevé au Grand Prix de Belgique, tandis que Lewis Hamilton cherche plutôt les points positifs.
La nouvelle génération de Formule 1, où les batteries jouent un plus grand rôle, a bouleversé cette année le profil d'un certain nombre de circuits et de virages emblématiques, mais c'est à Spa-Francorchamps, l'un des circuits préférés des pilotes, que la différence devrait être la plus frappante.
Malgré diverses mesures d'atténuation, notamment la réduction des limites de déploiement d'énergie et la création de zones d'activation supplémentaires de l'aérodynamique active (cinq au total sur cette piste), le temps relativement limité consacré au freinage sur ce circuit de 7 km implique que l'énergie nécessaire pour réaliser le meilleur temps au tour doit venir d'ailleurs ; les voitures manqueront donc cruellement d'énergie dans de nombreux virages autrefois redoutables.
Le champion du monde en titre, Lando Norris, s'est montré pessimiste quant à ce que donnerait le pilotage sur ce qui est l'un de ses circuits préférés avec la génération actuelle de monoplaces. "Ce ne sera certainement pas le même Spa", a déclaré le pilote McLaren. "Nous verrons comment ça se passe à Pouhon et dans quelques autres virages, mais ce ne sera sans doute pas tout à fait le même défi que celui que ce tracé a toujours représenté."
Moins de course en yo-yo après Silverstone ?
La course à Spa pourrait toutefois s'avérer plus simple qu'à Silverstone, où les nombreuses pleines charges favorisaient le phénomène de yo-yo et ont donné lieu à des premiers tours mouvementés, en particulier lors du sprint, les pilotes se dépassant et se redépassant sans cesse, avant que la situation ne se stabilise.
"À Silverstone, c'était vraiment aléatoire", a déclaré Oscar Piastri. "Le niveau de concentration requis lors des deux premiers tours, ne serait-ce que pour éviter d'entrer en collision avec les autres pilotes, était vraiment extrême."
"C'est très difficile, car il faut essayer d'utiliser le bouton de boost tout en jugeant s'il vaut mieux utiliser la batterie tout de suite ou plus tard, sur des circuits comme Silverstone où il y a quatre ou cinq lignes droites différentes au cours du tour où l'on peut l'utiliser."
L'utilisation différente de l'énergie a entraîné beaucoup de luttes en piste à Silverstone.
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Spa s'annonce moins complexe, ne serait-ce que parce qu'il existe une stratégie assez évidente pour négocier la longue pleine charge qui va de La Source (virage 1) jusqu'aux Combes (virage 5). Après avoir récupéré de l'énergie au freinage, les pilotes devront vider leur batterie dans la ligne droite de Kemmel, qui débute après le Raidillon, pour atteindre leur vitesse maximale, avant de recourir au super clipping.
"Ce sera probablement assez simple, en fait, car vous videz de toute façon les réserves d'énergie du premier virage jusqu'à la fin de la ligne droite de Kemmel, à moins que vous ne souhaitiez laisser tout le monde vous dépasser", a ajouté Piastri. "La stratégie est donc assez simple."
Le secteur 3 semble plus complexe, car bien qu'il comporte plusieurs virages, aucun d'entre eux ne nécessite de freinage important. Cela pourrait offrir aux pilotes l'occasion de sacrifier le double gauche de Pouhon, autrefois redouté, sur l'autel de la gestion de l'énergie. Ce n'est guère une perspective séduisante du point de vue du pilotage, mais cela offre des options tactiques pour la longue pleine charge menant à la chicane finale de l'Arrêt de bus.
Si vous m'aviez demandé l'année dernière où je préférerais courir, j'aurais répondu ici. Cette année, je vous dirais probablement en Hongrie et en Autriche, plutôt qu'à Silverstone et à Spa. Ça peut paraître fou, mais c'est ainsi.
Mais tant que les changements apportés à l'équation énergétique pour 2027 n'auront pas eu un impact plus important sur le rétablissement du défi de pilotage en F1, le pilote Haas Oliver Bearman estime que des circuits comme Spa et Silverstone seront temporairement supplantés par le Red Bull Ring ou le Hungaroring, très sinueux, où les voitures pourront rouler à fond grâce aux nombreuses zones de freinage permettant de recharger la batterie.
"Du point de vue du pilote, si vous m'aviez demandé l'année dernière où je préférerais courir, j'aurais répondu ici. Cette année, je vous dirais probablement en Hongrie et en Autriche, plutôt qu'à Silverstone et à Spa. Ça peut paraître fou, mais c'est ainsi", a déclaré Bearman.
Cependant, le jeune Britannique estime également que la F1 2026 fait de lui un "meilleur pilote" ; ainsi, plutôt que de s'apitoyer sur cette situation, il s'efforce de se concentrer sur la recherche d'un avantage en termes de performances en maîtrisant mieux que ses rivaux le règlement actuel.
"La manière dont vous abordez certains virages change, car dans certains d'entre eux, vous disposez de deux fois plus de puissance que dans d'autres", a-t-il expliqué. "Dans certains virages, il faut vraiment se concentrer pour réussir une excellente sortie. Dans d'autres, ça importe moins, car la sortie est très brève et vous ne disposez que de 500 chevaux au lieu de 1000, par exemple."
"C'est donc intéressant et cela nous apprend énormément. Même si nous aimons nous plaindre, cela fait de nous de meilleurs pilotes."
Hamilton préfère de bonnes courses à de bonnes qualifs
Photo by: James Sutton / LAT Images via Getty Images
Hamilton a exprimé un avis différent de celui de Bearman, le septuple champion du monde accordant davantage d'importance à la qualité de la course elle-même qu'au pilotage.
"C'est tout le contraire pour moi", a-t-il déclaré. "Ce sont ces circuits que j'attends avec impatience, même si nous y sommes plus lents. Monaco est un endroit magnifique, un pays magnifique, un circuit incroyable pour un tour de qualifications, quelle que soit la voiture que vous pilotez. Mais c'est la course la moins agréable, car on ne peut pas doubler."
"Pour moi personnellement, ce ne sont pas les qualifications qui m'enthousiasment, mais la course. C'est se battre contre les autres, rouler roue contre roue, essayer de se surpasser et de déjouer les pilotes avec lesquels on court. Mettre la pression, défendre, tout ça. C'est ça, la course, c'est ce que je recherche. Quand on participe à des courses et qu'on ne peut pas faire ça, ce n'est pas très satisfaisant."
Avec les améliorations réglementaires prévues pour 2027, Norris regrette que Spa ne passe à un statut de circuit tournant, n'accueillant le Grand Prix de Belgique qu'une fois tous les deux ans, et qu'il n'y ait donc pas d'épreuve ardennaise prévue en 2028 et 2030.
"Si vous interrogez tous les pilotes, ce circuit figure probablement parmi nos trois ou cinq circuits préférés du calendrier. C'est donc également dommage qu'il ne se déroule plus que tous les deux ans, ou quelle que soit la fréquence retenue", a-t-il ajouté.
"J'adore cet endroit. Je pense que tous les pilotes l'adorent. Mais nous aimons aussi piloter des voitures qui ne dépendent pas uniquement d'une batterie. Nous n'avons pas vraiment notre mot à dire sur ces questions, donc c'est ainsi."
Avec Benjamin Vinel
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