KTM voulait garder Viñales chez Tech3 mais il a refusé : "Il faut le calmer"
Pit Beirer, grand patron de KTM, justifie le recrutement d'Álex Márquez et Fabio Di Giannantonio alors que Maverick Viñales était convalescent. L'Espagnol a refusé de rester chez Tech3 mais Beirer veut mettre fin à l'escalade médiatique... et ne ferme pas la porte pour 2027.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Maverick Viñales a lancé des hostilités médiatiques envers KTM depuis plusieurs semaines, et a remis une pièce dans la machine en arrivant au Sachsenring. Dès Brno, le pilote Tech3 a affirmé qu'une place dans l'équipe sœur, la structure KTM officielle, lui avait été promise, pour qu'il se retrouve finalement sans rien. Jeudi, il a même assuré qu'un contrat lui avait été proposé puis jugé invalide par KTM.
Pit Beirer, grand responsable de la compétition de KTM, a fait le point sur la situation ce vendredi. L'ancien pilote a confirmé avoir eu une volonté de promouvoir Viñales dans l'équipe d'usine, avant de douter en raison de sa très longue convalescence après la blessure de l'Espagnol il y a un an. KTM a alors saisi l'opportunité de recruter Álex Márquez et Fabio Di Giannantonio, ce que Viñales a affirmé avoir appris dans la presse.
Le nouveau duo a été confirmé en début de semaine et KTM a proposé à Viñales de rester chez Tech3... ce qu'il a refusé. "Ce n'est pas un secret que nous espérions qu'il soit l'un de nos pilotes d'usine à l'avenir", a déclaré Beirer au site officiel du MotoGP. "L'été dernier, nous en discutions et la porte était ouverte."
"Il nous a dit de ne pas nous inquiéter pour sa santé, qu'il serait de retour à Spielberg l'an dernier, et c'est là qu'il a fait son premier retour. Depuis, on a attendu, semaine après semaine, qu'il retrouve sa forme, quand nous avons eu la possibilité de recruter Álex et Fabio. À ce moment-là, Maverick était loin de nous montrer qu'il retrouverait sa forme d'antan."
"Nous n'avions pas besoin d'un meilleur pilote que Maverick il y a exactement un an ici [au Sachsenring], où il eu a sa chute idiote sous la pluie, mais après les choses se sont très mal passées. On lui a dit 'Il y aura une place pour toi mais on ne peut pas te dire où ni quoi', et on dirait qu'il a sous-estimé son équipe actuelle, où il était performant l'an dernier. Je ne savais pas que ce n'était pas une option pour lui."
Pit Beirer a expliqué les discussions avec Maverick Viñales depuis un an.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"Il a choisi de dire [non] à notre deuxième équipe, qui n'est pas une équipe B. Nous travaillons pour que les deux équipes soient au plus haut niveau, surtout avec Günther [Steiner, à la tête du consortium qui a racheté Tech3 l'an dernier], il pousse beaucoup pour créer une équipe fantastique avec nous."
Pour Beirer, il n'était pas possible de laisser filer des opportunités de recruter des pilotes en attendant de se faire une idée plus précise de la condition physique de Viñales : "Le marché des pilotes ne s'améliore pas en attendant. On attend quoi ? Ne pas signer un pilote juste pour laisser plus de temps à Maverick pour montrer quelque chose ? J'avais besoin de quelque chose, et je ne pouvais pas prendre un pilote et dire à Günther 'C'est ton pilote'."
"On a décidé ensemble qu'il y aurait un jeune pilote venant du Moto2 et un pilote expérimenté à ses côtés [chez Tech3]. Je suis désolé de la situation parce que nous apprécions vraiment Maverick, c'est quelqu'un de très bien. Je ne sais pas pourquoi il a clairement dit non à une chose, et que de l'autre côté il nous mène la vie dure."
"Ce n'est pas une situation agréable mais ce n'est pas comme si nous lui avions dit de partir. Nous avons entamé une négociation et nous avons encore une place, que l'on peut qualifier de place d'usine parce que nous voyons les deux équipes comme nos quatre places d'usine. Je ne veux donner aucun détail contractuel […] mais ce n'est pas une situation amusante."
Les échanges sont refroidis entre Maverick Viñales et KTM.
Photo de: KTM Images
"Je ne veux pas dire dans le détail ce qu'il a dit et à quel moment, parce que vous allez lui reposer les questions et ça sera un ping pong", a ajouté Beirer. "Mais nous avons entamé une conversation très normale sur le contrat. Nous avions déjà parlé des sommes etc., de l'avenir, mais à un stade les choses ont mal tourné, quand il a découvert que ce n'était pas pour l'équipe d'usine."
"Et comme je l'ai dit, je comprends sa frustration parce que c'était son espérance et qu'il croit en l'usine, il est prêt à se battre pour l'usine, il voulait une place dans cette équipe."
S'il prend cette décision, ça pourrait être la fin de sa carrière.
Pit Beirer souhaite mettre fin aux échanges par médias interposés et espère retrouver une relation apaisée avec Maverick Viñales : "Il faut le calmer, parce qu'il y a encore une longue saison cette année, et nous voulons qu'il retrouve un meilleur état d'esprit, qu'il retrouve sa forme, parce que le MotoGP est très dangereux quand on n'est pas en forme et qu'on hésite tout le temps dans ses réactions sur la moto."
"Nous avons besoin qu'il soit en meilleure forme et je pense que nous pourrons discuter correctement de ce qu'il s'est passé, et de pourquoi il a refusé ce qui est pour moi une bonne place dans ce paddock. Utilisons la pause estivale pour nous calmer, et peut-être repartir."
Au point de redonner une chance à Viñales en 2027 ? Günther Steiner a jugé cette option peu probable après les propos des dernières semaines et on sait que des discussions sont en cours avec Luca Marini, qui pourrait être le pilote expérimenté que Tech3 et KTM recherchent. Mais Pit Beirer ne ferme aucune porte.
"Je dirais que tout reste ouvert ce week-end. C'était notre deadline avec Günther pour vraiment se décider pour la suite. Nous n'avons jamais dit non à Maverick, donc l'objectif ou le timing n'a pas changé en raison d'une discussion sous le coup de l'émotion, parce qu'il ne faut pas vraiment oublier que je veux vraiment protéger ce garçon. S'il prend cette décision, ça pourrait être la fin de sa carrière."
"C'est donc une question très sensible et il ne l'aborde pas toujours calmement, ce que je peux pleinement comprendre. Qu'il ait dit des choses trop fortes à un moment n'est pas un problème pour nous, la place est disponible et le temps joue contre nous."
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