Zarco "accepte" son long-lap après un sprint mouvementé
Johann Zarco reconnaît sa responsabilité dans le contact avec Takaaki Nakagami qui lui a valu une pénalité lors du sprint au GP du Japon. Le Français a vécu une journée très animée, de sa chute en EL2 à un autre incident avec Joan Mir.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Johann Zarco n'a pas vécu un samedi facile à Motegi. Loin de pouvoir se battre pour les points pendant le sprint, le Français a d'abord perdu du temps en suivant Joan Mir hors piste, au moment où ce dernier tombait. Peu après, il a été impliqué dans un incident avec son coéquipier chez LCR, Takaaki Nakagami, que Zarco a envoyé à terre en essayant de le doubler. Très vite, les commissaires de course lui ont infligé un long-lap.
"Après l'erreur [avec Mir], j'ai essayé de revenir aussi vite que possible mais ce n'était pas possible de doubler au freinage, parce que je n'arrive pas à bien ralentir la moto", a expliqué Zarco sur Canal+. "J'ai une bonne vitesse en courbe et dans ce tour, Taka est sorti un peu large. J'ai essayé de le doubler parce que c'était le seul endroit où je pouvais le faire."
"Je m'attendais à ce qu'il puisse me voir un peu plus tôt et relève la moto mais on a eu un contact et je ne voulais pas qu'il tombe. C'est un coéquipier donc ce n'est pas cool mais c'était l'endroit où je pouvais aller à l'intérieur et j'ai fait la manœuvre."
VIDÉO - Le résumé de la course sprint du GP du Japon
Par la suite, Zarco a été interrogé sur sa sanction par les journalistes, et notamment sur son long-lap : "J'accepte la pénalité parce que selon le règlement, c'est assez normal. On a eu un contact, il est tombé, donc j'ai fait le long-lap."
Nakagami a de son côté évoqué une manœuvre "risquée" qu'il n'a pas appréciée, tout en précisant que Zarco était venu lui présenter ses excuses dans le garage LCR. "Je suis déçu de la manière dont j'ai fini le sprint, dans les graviers", a déclaré le Japonais. "Je suis aussi déçu de mon coéquipier, évidemment. Ce n'était pas une manœuvre nécessaire. On ne se battait pas pour des points, et c'était le début de course. Et ce n'est pas recommandé de dépasser dans ce virage, entre le 1 et le 2. Mais hormis la course, heureusement je vais bien."
Zarco a reconnu que l'incident a "un petit peu" refroidi l'ambiance chez LCR. "On va à la fan zone séparés maintenant !", a-t-il ironisé, précisant que provoquer la chute de Nakagami n'était "pas [son] but" mais qu'il se devait d'attaquer pour essayer de gagner des places : "Déjà, l'erreur du premier tour, tu tentes de remonter... À un moment, il faut doubler quoi."
Takaaki Nakagami et Johann Zarco
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Si Zarco se montre si agressif sur sa Honda, c'est en partie parce que cette dernière est particulièrement distancée ce week-end. "On n'est pas bien sur la moto : trop de perte à l'accélération, je n'arrive pas à pouvoir me placer où je veux sur les entrées de virage, du coup je galère un peu", a-t-il reconnu, ce qui provoque un certain agacement : "Ce fait de ne pas pouvoir diriger la moto comme je l'aimerais, et de ne pas réussir à trouver les réglages plus rapidement, ça me fait montrer les crocs."
Il ne faut pas chercher à viser trop haut, il faut viser moyen.
Zarco et LCR ont déjà "bien fait le tour" des changements possibles sur leur moto et des progrès ont été faits, mais il sait qu'il sera difficile de continuer à en faire : "On a passé un bon cap entre hier et aujourd'hui, parce qu'hier on avait énormément de vibrations. Ça a déjà fait du bien dans le pilotage."
"J'ai trouvé intéressant le fait qu'on ait quand même pu jouer sur des réglages de moto", a-t-il ajouté. "C'est rare que ça fonctionne autant, donc c'est déjà une bonne chose. On va rester sur ce qu'on a, parce qu'il ne faut pas chercher à viser trop haut, il faut viser moyen. C'est dommage mais il y a vraiment des points possibles."
"Étonnamment, il y avait le groupe de devant qui a un peu galéré avec ce pneu soft, ils ont perdu beaucoup en rythme. Est-ce qu'avec le pneu médium demain, ils vont être en difficulté ? Et qui sait, peut-être, qui va tenter un pneu soft demain sur la longue course ? Du coup, ce groupe où il y avait Fabio [Quartararo], ça peut être un groupe à avoir sur la durée de la course."
Une journée animée
L'incident avec Nakagami n'a pas été le seul moment marquant de la journée de Zarco, qui avait lui-même connu une chute assez lourde en EL2 dans la matinée : "Ce virage 6... Les conditions n'étaient peut-être pas au top et j'ai tenté de passer un peu plus vite, avec un peu plus de gaz. La moto a décroché à l'avant."
Zarco n'a pas pu faire mieux que le 16e temps dans la foulée, en qualifications. Pendant le sprint, il a perdu des places dans le premier tour, avant même l'incident avec Mir : "On a progressé au départ, on a encore changé un truc sur l'embrayage, ce qui permet de faire des départs plus constants, meilleurs, mais sur la deuxième partie, de 100 à 200, je ne fais que cabrer et je perds trop de temps."
Zarco a jugé "dommage" que sa course ait été marquée par plusieurs erreurs : "Surtout la première, au premier tour, avec Mir qui est allé tout droit. J'ai été un peu pris dans cette aspiration au freinage du [virage] 11, ça m'a fait perdre énormément de places. Du coup, ça ne m'a pas permis de lutter à la fin avec ce groupe qui était autour de la dixième place, parce qu'on galérait un peu avec le pneu qui a perdu en performance."
"Moi, sur cette fin de course, j'étais plutôt bien par rapport à eux. Ce déficit à l'accélération et sur la fin des entrées de virage, qui ne me permet pas de diriger la moto comme j'aimerais, ça limite trop pour les dépassements. C'est pour ça que ça a été difficile."
Entre les chutes devant lui et plusieurs dépassements, Zarco a néanmoins pu accrocher la 14e place : "C'est pas mal. Je me suis battu pour dire 'Allez, je tente de rattraper Marini' mais à coup de dixièmes, ce n'était pas assez et je termine juste derrière lui. Ça donne un peu des rêves pour demain, sur la longue course. Je ne sais pas qui va mettre du medium, qui va mettre du soft. Je ne sais pas non plus ce que nous, on va faire. S'il y a une majorité de soft, je pense que je peux même avoir un avantage. Si c'est medium, je ne sais pas encore."
Avec Luca Bartolomeo
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