Chez Haas non plus, le moteur Ferrari n'a pas fait de miracle
Alors que Ferrari a introduit sa deuxième évolution moteur de la saison à Monza, Oliver Bearman estime que le gain de performance de Haas est avant tout à mettre au crédit du nouveau package aérodynamique de l'écurie américaine, plutôt qu'aux changements sur le bloc italien.
Oliver Bearman estime que la deuxième évolution moteur de Ferrari n'a pas été à l'origine des progrès de Haas à Monza, ceux-ci étant davantage liés aux évolutions aérodynamiques apportées par l'équipe américaine.
Le week-end dernier, Ferrari a introduit sa deuxième et dernière évolution moteur de la saison 2026 dans le cadre du système d'opportunités supplémentaires de développement et d'évolution (ADUO). L'une de ces unités de puissance a été fournie à Haas pour le Grand Prix d'Italie et installée sur la monoplace d'Oliver Bearman.
L'équipe américaine, en difficulté depuis plusieurs courses, a enregistré un léger mieux le week-end dernier puisque le Britannique s'est qualifié en 12e position, son meilleur résultat depuis le Grand Prix de Chine en mars. Haas a toutefois connu une septième course consécutive sans inscrire le moindre point à Monza, égalant ainsi sa plus longue série de résultats vierges depuis sa saison 2021, particulièrement compliquée.
Bearman a brièvement occupé la huitième place dans les premiers tours de course, avant de reculer dans la hiérarchie, incapable de suivre le rythme des Alpine et des Racing Bulls. N'ayant pas profité de la voiture de sécurité virtuelle pour s'arrêter, il a finalement franchi le drapeau à damier en 15e position.
Des progrès liés à l'aérodynamique, pas au moteur
Oliver Bearman (Haas F1 Team)
Photo de: Alex Bierens de Haan / LAT Images via Getty Images
Le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur, avait clairement indiqué que l'évolution ADUO 2 du bloc italien ne bouleverserait pas la donne, un constat finalement confirmé par Oliver Bearman après le Grand Prix d'Italie.
"C'est un pas en avant bien plus modeste que celui apporté par l'évolution [aérodynamique], disons", a expliqué le pilote de 21 ans. "Bien sûr, il y a un peu plus à gagner sur ce circuit. [Mais] cela n'aurait pas suffi à nous sortir de la Q1 si nous avions installé ce moteur à Zandvoort. Pour être honnête, je ne pense pas que cela ait bouleversé la donne."
"Bien sûr, avoir plus de puissance est toujours appréciable, mais vous avez lu les informations sur le gain qu'il représente. C'est clairement bénéfique, mais le plus gros progrès est venu de l'évolution [aérodynamique], qui nous a apporté plus de deux ou trois fois le gain en puissance fourni par le moteur. C'est le témoignage du travail acharné de l'équipe, et je suis vraiment, vraiment fier d'eux pour cela."
L'évolution apportée par Haas à Monza comprenait notamment un nouveau fond plat ainsi que des modifications de la carrosserie au niveau des pontons et du capot moteur. Bien qu'il n'ait pas bénéficié du nouveau moteur, Esteban Ocon a pu profiter de ces évolutions aérodynamiques, mais s'est tout de même retrouvé sept dixièmes plus lent que son équipier en Q2.
Cela ne signifie toutefois pas que le nouveau moteur Ferrari représente un gain de sept dixièmes, puisque le Français a souffert du manque de régularité aérodynamique de sa monoplace.
Esteban Ocon (Haas F1 Team)
Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
Si les évolutions ont permis de gagner en performance, elles n'ont en effet pas corrigé l'inconstance de la VF-26, dont a de nouveau souffert Esteban Ocon à Monza. Un problème qui, selon lui, l'a handicapé lors de dix des 13 Grands Prix disputés cette saison.
Interrogé après les qualifications pour savoir si l'inconstance de la monoplace s'était améliorée par rapport aux essais, Ocon a répondu : "Non, malheureusement. Nous avons essayé tout ce que nous pouvions, en prenant toutes les pièces disponibles dans le garage pour les installer sur la voiture. Nous avons tout tenté, mais nous n'avons pas réussi à comprendre l'origine du problème."
"Malheureusement, nous perdons encore beaucoup d'appui par rapport à Ollie, notamment à l'arrière de la voiture. Ce n'est clairement pas idéal, mais les gars ont fait un travail incroyable en essayant tout cela."
"Et j'étais satisfait de mon tour. Au bout du compte, j'ai le sentiment d'avoir réalisé un bon tour et j'en étais content. Mais le déficit d'appui, auquel s'ajoutent les pertes liées au moteur, représente beaucoup ici. C'est donc le maximum que nous pouvions faire."
L'inconstance, la raison de tous les maux de Haas
Ayao Komatsu, directeur de Haas, a notamment reconnu que cette inconstance restait le principal problème de l'équipe à l'heure actuelle. S'il se réjouit d'avoir pu se rapprocher des Audi à Monza et de constater que les évolutions fonctionnent, il reste conscient de l'ampleur du travail à accomplir pour exploiter pleinement le potentiel de la monoplace.
"C'est évidemment un dimanche très décevant après un vendredi et un samedi positifs", déclarait le patron japonais après le Grand Prix. "Notre problème principal était une dégradation des pneus bien plus importante sur les deux voitures que chez nos concurrents, et le mécanisme de dégradation est très, très différent."
"Nous avons été assez transparents concernant nos problèmes d'inconstance des pièces ce week-end. Oui, l'évolution fonctionne sur les deux voitures, c'est vraiment bien meilleur, mais si l'on considère la voiture dans son ensemble, nous avons encore des problèmes d'inconstance. C'est quelque chose que nous devons absolument comprendre. Je pense que c'est ce qui entraîne ce mécanisme de dégradation différent."
"Nous devons nous concentrer là-dessus, mais au moins, les bases de la voiture sont bonnes. Donc, si nous comprenons ces problèmes, nous pourrons régler correctement la voiture pour la course et nous battre pour les points. Jusqu'à la dernière course, nous étions très loin de pouvoir nous battre avec Audi, donc c'est un point positif à retenir d'aujourd'hui."
Propos recueillis par Stuart Codling
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