Ce qu'il faut attendre (ou pas) des grosses évolutions Red Bull en Autriche
Au GP d'Autriche, ce sera au tour de Red Bull de présenter un package majeur d'évolutions dans la course au développement 2026 de la F1. Mais cela permettra-t-il à l'écurie de se rapprocher de Mercedes et Ferrari ?
Photo de : Erik Junius
Avec la nouvelle réglementation technique 2026, la bataille du développement entre les écuries joue un rôle majeur dans la définition de la hiérarchie, les équipes semblant réaliser des gains plus importants qu'auparavant lorsqu'elles introduisent de nouveaux packages.
La mise à jour de Ferrari lui a permis de faire un pas en avant à Barcelone - et Lewis Hamilton a su transformer cela en victoire. En Autriche, on sait que Red Bull s'apprête à dévoiler de nouvelles pièces. Mais cela permettra-t-il à l'équipe de franchir le cap qu'elle espère ?
"Le caractéristique de cette saison, ce sont ces variations de performances qui dépendent de qui introduit ses mises à jour", a déclaré le directeur de l'écurie, Laurent Mekies. "Ferrari a fait de gros progrès. Évidemment, notre prochaine grosse mise à jour est prévue en Autriche. Mais, vous savez, sa valeur ne se mesurera qu'aux temps au tour réels qu'elle permettra d'enregistrer en piste. Tout le monde à Milton Keynes a travaillé très dur pour ce package."
Il s'agira de la deuxième évolution majeure de Red Bull cette année. Le package présenté à Miami comprenait une refonte complète des pontons de la RB22 ainsi que sa propre version d'un aileron arrière "rotatif", un concept similaire à celui de Ferrari, que le directeur de la Scuderia, Frédéric Vasseur, a surnommé "Macarena".
On ignore quelles pièces feront l'objet de modifications cette fois-ci, mais Mekies ne pense pas que ce changement suffise à permettre à Red Bull de se positionner véritablement comme un concurrent capable de remporter des victoires face à Mercedes et Ferrari.
Max Verstappen et Laurent Mekies
Photo de: Mark Thompson / Getty Images
"Il ne fait aucun doute que le package autrichien ne suffira pas à lui seul", a-t-il déclaré. "Nous savons que d'autres étapes seront nécessaires. Mais ce qui importe, c'est que, dans cette trajectoire de réduction continue de l'écart que nous suivons depuis l'après-Japon, nous continuions à nous rapprocher, afin de ne plus parler de quatre dixièmes, mais, espérons-le, d'un écart moindre."
Ces quatre dixièmes par tour, c'est ce que Mekies estime que Red Bull doit encore gagner par rapport à ses rivaux. Après la course de Miami, le Français avait déclaré que son équipe avait réduit de moitié l'écart avec les leaders grâce à son premier pack de mises à jour.
L'un des gains potentiels que le package autrichien peut apporter serait une réduction supplémentaire du poids, car Red Bull semble toujours être au-dessus du poids minimum autorisé par le règlement. Le package de Miami comprenait également des mesures d'allègement, et en mai dernier, le directeur technique de l'écurie, Pierre Waché, avait déclaré auprès de Motorsport.com que l'objectif était d'atteindre le poids minimum autorisé par le règlement - 768 kg cette année - grâce au package autrichien.
Mais lorsqu'il lui a été demandé de s'exprimer sur la question du poids après la course de Barcelone, Mekies a éludé la question en plaisantant.
"Moins manger", a-t-il répondu lorsqu'on lui a demandé si le plan de l'équipe était toujours d'actualité. "C'est mon plan. C'est mon plan pour l'Autriche ! Et j'espère que nous serons plus légers là-bas. La cuisine autrichienne est bonne, je le sais. Mais le but est de faire en sorte que la voiture 'mange' un peu moins là-bas et qu'elle suive un petit régime."
Le bon pas en avant de Ferrari
Mekies a été impressionné par le pack de mises à jour apporté par Ferrari à Barcelone et a estimé que l'avantage dont bénéficiait Mercedes lors des premières courses s'estompait progressivement.
Red Bull n'a pas été aussi compétitive à Barcelone que sur d'autres circuits, ce tracé ayant mis en évidence certaines faiblesses de la RB22. Max Verstappen a disputé une course solitaire en Espagne, terminant quatrième à près de 20 secondes derrière Lando Norris.
Isack Hadjar a perdu des places au départ, mais a tout de même réussi à remonter à la sixième position dans une course où Red Bull a clairement manqué de rythme par rapport à Mercedes, Ferrari et McLaren, tout en conservant une confortable avance sur le reste du peloton.
Des ingénieurs Ferrari observent la Red Bull RB22.
Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images
"Félicitations à eux, tout d'abord, pour cette première victoire avec Lewis", a-t-il déclaré. "L'écart se réduisait peu à peu, je pense, entre Mercedes et les écuries qui la poursuivaient lors des dernières courses. Ferrari a fait un très grand pas en avant avec son package. Et, vous savez, le fait qu'ils aient remporté une course sur un circuit comme Barcelone en dit long sur la qualité du châssis et de l'unité de puissance."
"Vous savez, nous sommes dans le top 4 et nous nous battons. Nous ne pouvons pas lutter pour le podium sur tous les tracés. Nous pouvions évidemment nous battre pour le podium au Canada et à Monaco, mais nous n'avons pas pu le faire ici [à Barcelone]. C'est normal."
"Néanmoins, je pense qu'avant les évènements des derniers tours [les abandons de Kimi Antonelli et Charles Leclerc], nous étions en mesure de battre [à la régulière] une Ferrari et une McLaren aujourd'hui. C'est le mieux que nous puissions faire."
"Je pense que nous nous attendions à ce retour à la réalité à Barcelone. C'est un circuit avec une longue ligne droite, des virages à vitesse moyenne et rapides. C'est probablement la première fois depuis la Chine et le Japon que nous revenons sur ce type de circuit. Nous nous attendions donc assurément à des performances différentes par rapport à Monaco, où nous avions soudainement pu nous battre pour la pole."
"Je pense donc que ce week-end est le fruit de progrès, car nous parlons ici d'un écart de trois ou quatre dixièmes par rapport à la pole position, ou de trois ou quatre dixièmes [par tour] par rapport à ce qu'il faut pour se battre pour la victoire. Et la situation était assurément très différente en début d'année sur ce type de circuits."
"Il y a encore un écart, sans aucun doute, tant au niveau du moteur que du châssis. Et, vous savez, c'est ce sur quoi nous devons nous concentrer pour la suite. Désormais, ce n'est plus une question de détail isolé. Il s'agit de gagner un peu de performance dans les virages à vitesse moyenne, dans les virages rapides, en ligne droite, etc."
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